Déconfinement : les Bouches-du-Rhône bien équipées pour virer au “vert”

Décryptage
par Julien Vinzent & Violette Artaud
le 29 Avr 2020
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Déconfinement rouge ou vert ? Marsactu esquisse quelques premiers éléments de comparaison pour tenter de comprendre quel degré de liberté nous pourrions retrouver le 11 mai. Ces derniers permettent de dire que notre département tendrait à être dans la catégorie verte, même si la proportion de nouveaux malades dans la population reste à surveiller.

C’était l’un des points de débats nourris sur la stratégie de déconfinement : l’application de mesures différenciées en fonction des territoires. Le Premier ministre a confirmé devant l’Assemblée nationale que celui-ci se fera bien à la carte, distinguant les territoires “verts” où la liberté retrouvée sera plus grande des “rouges” ou le déconfinement sera plus limité.

Lire notre article : “Déconfinement le 11 mai : les perspectives locales”

Quelle couleur prendra notre département ? Même s’il considère que Marseille et les Bouches-du-Rhône “étaient d’ores et déjà « en vert » du fait de leur capacité hospitalière, du taux de population affectée et de leur avance en matière de dépistage”, Jean-Claude Gaudin a demandé des précisions sur ce point, dans un communiqué : “Il est urgent que le gouvernement apporte [aux maires] toutes les précisions qui manquent encore […] notamment pour ce classement en « rouge » ou « vert » qui conditionnera la reprise de nombreuses activités”.

Actualisation le 30 avril à 20 h : Lors de la première présentation de la carte, les Bouches-du-Rhône ont été classées “orange”

L’indicateur sera publié pour la première fois le 30 avril et sera actualisé jusqu’au 7 mai dans la perspective du 11. À écouter le Premier ministre, trois critères seraient susceptibles de faire basculer de “vert” à “rouge” :

“La Direction générale de la santé et Santé publique France ont établi trois ensembles de critères permettant d’identifier les départements où le confinement doit prendre une forme plus stricte.

Soit que le taux de cas dans la population sur une période de sept jours reste élevé, ce qui montrerait que la circulation du virus reste active.

Soit que les capacités hospitalières régionales en réanimation restent tendues.

Soit, c’est le troisième ensemble de critères, que le système local de tests et de détection des chaînes de contamination ne soit pas suffisamment prêt.”

Édouard Philippe à l’Assemblée

S’ils sont encore imprécis et si toutes les données qui les concernent ne sont pas accessibles, Marsactu tente d’esquisser quelques premiers éléments de comparaison. Ces derniers permettent de dire que notre département tendrait à être dans la catégorie verte, même si l’un d’entre eux reste à surveiller.

En ce qui concerne les capacités hospitalières en réanimation, la région bénéficie à ce jour de 980 lits. Le 28 avril, 290 personnes les occupaient, soit un taux d’occupation de 30 %. À titre de comparaison, en Île-de-France, soit l’une des régions les plus touchées par l’épidémie, ce taux s’élève à 73 %. En Aquitaine, région à l’inverse épargnée, il est de 20 %. À noter également que l’Île-de-France a connu il y a quelques semaines un taux avoisinant les 100 % alors que PACA n’a pour le moment jamais dépassé les 45 %.

Du côté du système local de test, qui doit être suffisamment organisé pour suivre l’évolution de l’épidémie, les Bouches-du-Rhône n’ont pas d’inquiétude à avoir. Outre l’AP-HM et la fameuse unité de dépistage de l’IHU du professeur Raoult, qui ont réalisé plus de 100 000 tests en cumulé, les laboratoires de biologie médicale sont déjà bien organisés et les centres temporaires se multiplient. Selon nos calculs, le département arrivait en tête entre les 16 et 22 avril (les dernières données disponibles), avec près de 5 tests pour 1000 habitants, contre une moyenne de 1,2 en France.

Mais justement du fait de ce fort dépistage, les Bouches-du-Rhône sont plus mal classées sur le dernier critère, la proportion de nouveaux cas en 7 jours parmi sa population. Cet indicateur est le plus difficile à objectiver, car les données complètes ne sont pas accessibles pour toutes les régions. En reprenant les seuls tests en laboratoires de ville du 16 au 22 avril, les Bouches-du-Rhône se classent 24e (du pire au meilleur) avec 16 nouveaux cas dépistés pour 100 000 habitants, quand la région parisienne tourne entre 30 et 50. Une tendance qui se retrouve dans l’indicateur plus neutre des nouvelles hospitalisations (8e pire département). Mais l’évolution rapide de l’organisation du dépistage dans le reste de la France pourrait faire apparaître plus de cas et faire bouger les lignes.

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Julien Vinzent_
Journaliste.
Violette Artaud

Commentaires

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  1. barbapapa barbapapa

    attention, il faut relire :
    . les Bouches-du-Rhône se classe 24e
    . la librerté
    . système local de test, qui doit être suffisamment organisés
    . les données complètent ne sont pas accessibles.

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    • Julien Vinzent_ Julien Vinzent_

      Merci pour ces retours et pour votre compréhension. Le bouclage a été tardif.

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  2. Tarama Tarama

    En espérant que l’approche plus fine ne génère pas un trop grand nombre de “gruge” pour échapper aux mesures de confinement ciblées (que ce soit individuellement ou pour les statistiques collectives).

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  3. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    Connaitre la couleur de son département ne doit pas exclure de faire preuve de bon sens et là c’est pas forcément gagné.

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  4. Brallaisse Brallaisse

    En ce qui concerne Gaudin , cela fait un bon moment qu’il est au vert à St Zacharie .
    Pour les bucco-rhodaniens il faudra faire attention quand même au degré d’optimisme et comme le souligne TITI du 1-3 , c’est pas gagné

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  5. Latécoère Latécoère

    On voit une fois de plus que les chiffres peuvent être sujet à interprétation. Plutôt que de compter le nombre de positifs pour 100 000 habitants, il serait plus pertinent de compter le nombre de positifs pour 1000 personnes testées. Mais là aussi cela dépendra de la stratégie de test. Si dans des régions (comme c’est le cas à Marseille) on fait beaucoup de tests en testant tout le monde, la proportion de positif sera mathématiquement plus faible qu’ailleurs ou l’on testerait uniquement les personnes symptomatiques.
    Et c’est sans compter les doublons, nous connaissons tous des personnes qui ont été se faire tester plusieurs fois. Les 100 000 tests effectués par l’IHU cela ne fait pas forcément 100 000 personnes testées Il serait d’ailleurs intéressant de connaitre ce nombre.

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  6. MarsKaa MarsKaa

    ces chiffres n’ont aucun sens, en effet, et seront largement pipotables…
    On attend toujours une véritable politique de santé publique, au niveau national et local.

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  7. MarsKaa MarsKaa

    Le pire des scénarios : la cci pousse à la reprise de l’activité économique, nos élus locaux racontent que tout va bien ici, les habitants qui n’en peuvent plus de rester chez eux sortent, se retrouvent entre amis/proches, vont dans divers magasins, vont travailler,
    tout ceux qui ont une voiture la prennent pour tout déplacement, les autres, ceux qui n’ont pas le choix, prennent les transports en commun, certains auront masque, gel, gants et respecteront quand c’est possible les distances, d’autres feront comme ils peuvent, certains ne s’embarrasseront pas de toutes ces contraintes, des patrons pressés ne protégeront pas leurs employés, des insouciants penseront que tout peut recommencer comme avant…
    Le virus a encore de beaux jours devant lui…

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  8. Brallaisse Brallaisse

    Et ce sont les mêmes qui nous disent :”Tu es fada je crains dégun, je vous prends tous ici, un par un!” ( Je dance le Mia/IAM), et qui demain iront pleurer , “Stan Smith aux pieds le regard froid” (Idem) , en maudissant la Terre entière et cherchant des coupables.
    Allez Zou ! :”Fait pousser le Pioneer à fond pour danser le MIA”

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    • LN LN

      C’est tout à fait ca. En face de chez moi, depuis l’annonce du 11 mai, c’est barbecue régulier entre potes, élagage (et brûlage) dans les propriétés… Ils ont déjà les StanSmith, et plein la bouche de iakafokon. Cette populace-là n’a pas l’habitude de fricoter avec le peuple. Nous sommes sur le haut du “jambon”, l’intouchable, celui qui a droit à toutes les dérogations possibles comme celui de s’enfermer dans des quartiers entiers, puisqu’ils sont entre eux. Sauf qu’il y a le virus….

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  9. STEPHANE NATKIN STEPHANE NATKIN

    Si les indicateurs utilisés sont un peu scientifique, ce n’est pas la croissance du nombre de cas détecté qui est significative d’une reprise de l’épidémie puisque, comme vous le faite remarquer, elle dépend à la fois de la croissance des infectes et de celle du nombre de tests. Ce qui doit être mesuré c’est la croissance du taux de cas détecté. Si le taux de détecté la semaine n est d 5% et de 7% en n+1 ce n’est pas bon. A l’inverse si l’on passe à 3% c’est mieux. Pour être tout à fait scientifique il faut tenir compte de la taille de échantillons (nombre de personnes testées) pour établir des intervalles de confiances pour ces taux et savoir si le taux moyen calculé est significatif. Mais tout cela est bien trope compliqué pour figurer dans un discours et même une discussion politique…

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    • Brallaisse Brallaisse

      Pas si compliqué, si bien exposé comme ci dessus.

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  10. julijo julijo

    oui tout ça est bien beau, mais , selon les annonces de philippe :
    – fin du confinement le 11 mai….peut être
    -reprise de l’école le 11 mai….pas si sur, pas partout, pas pour tous les élèves
    -réouverture des commerces le 11 mai….pas forcément tous.
    c’est d’une précision diabolique !!
    En gros c’est chacun pour sa pomme et sa propre organisation, puisque c’est axé sur du “volontariat”…..le coronavirus doit bien se marrer….

    Et je ne comprends pas pourquoi, les “réunions” familiales ou amicales à plus de 10 personnes (ou 15 je ne sais plus) sont interdites ou vivement déconseillées…mais dans les collèges et dans les entreprises on peut mettre plein de gens et d’élèves ensemble…??

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  11. Brallaisse Brallaisse

    La mythologie locale nous fait descendre des Phocéens, mais finalement nous sommes bien des gaulois qui ont peur que le ciel nous tombe sur la tête 🤕

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  12. Latécoère Latécoère

    @Marsactu. Vous avez eu raison d’être prudents dans vos informations. Renaud Muselier déclare ce matin dans La Provence (web) que le cas des Bouches-du-Rhône “est un peu plus compliqué” et que “Le département sera probablement encore en rouge le 11 mai”.

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