[Comment ça va les voyagistes ?] “On a tout reporté à l’année prochaine”

Interview
le 25 Nov 2020
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Durant le premier confinement, Marsactu avait suivi les "premiers de corvée" qui continuaient à travailler. Pour cette saison 2, nous nous intéressons chaque jour à celles et ceux que la crise économique frappe avant la crise sanitaire. Aujourd'hui, Claudine Anglés est salariée d'une agence de voyage spécialisée, Ailleurs culture, basée dans le 12e arrondissement.

Crédit photo : Chupacabra Viranesque / Creative commons by-nc-nd

Crédit photo : Chupacabra Viranesque / Creative commons by-nc-nd

Difficile de projeter des voyages quand les frontières sont fermées du fait de la pandémie. Le secteur touristique international est fortement impacté, dont des acteurs marseillais. Ailleurs culture est une agence spécialisée dans les voyages d’études pour les professionnels du BTP et dans les voyages culturels pour les adhérents des associations des amis des musées. L’une des salariées, Claudine Anglés, raconte les interrogations du secteur et de son entreprise dans cette époque.

Comment ça va Claudine Anglés ?

Le moral est un peu bas, on dépend de tellement d’acteurs… On est en veille sur tout ce qu’il se passe dans tous les pays. Ce deuxième confinement c’est un coup de grâce. On est à l’arrêt, heureusement qu’il y a le chômage partiel. C’est même tout une chaîne qui est à l’arrêt : autocaristes, guides conférenciers, etc. Au premier confinement on avait déjà tout arrêté. Cet été c’est un peu reparti. Et on a pu quand même faire partir quelques groupes encore en septembre mais notre public est formé de retraités ou des jeunes retraités donc des personnes plutôt à risque, alors ça limite les réservations.

Comment s’adapte votre société ?

On a recentré les activités sur la France dans un premier temps, alors que d’habitude on travaille dans le monde entier. Ce qui est compliqué et un peu déprimant, c’est qu’il faut toujours faire, défaire, refaire… On a reporté des voyages à l’année prochaine. Il faut trouver des moments où les gens sont disponibles pour repartir. Si on a sept à huit personnes qui ne peuvent pas, on est obligé de relancer une offre commerciale. Parce qu’on ne fait pas des grand groupes, on réserve pour 15, 20 personnes maximum.

On est indépendant, on n’est pas une grosse structure, on a la main sur notre trésorerie. La plupart de nos clients sont solidaires et préfèrent reporter qu’être remboursés. Mais pour ceux qui demandent le remboursement, l’argent est déjà parti chez nos prestataires, donc si ceux-ci ne veulent pas nous rembourser ça peut devenir compliqué. On ne sait pas comment les pays vont rouvrir et à quelles conditions. On a pris de nouvelles assurances annulation option Covid, qui peuvent par exemple rembourser le client si le résultat du test qui permet de partir n’est pas arrivé à temps. Sinon les gens ne veulent plus s’inscrire.

Comment voyez vous l’année prochaine ?

Il y a une incertitude de toute façon, quel que soit le secteur. Heureusement on a fait une très bonne année l’année dernière. Il faudrait que l’on puisse retravailler dès le mois de mars. Entre les voyages reportés et les nouveaux projets, si ça se fait, on risque d’avoir une année assez folle.

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