Questions d’élections

Billet de blog
le 20 Mai 2020
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Préambule:

Qu’est-ce que ce texte?
Une réflexion (purement marseillaise? je ne sais pas)
Un modeste moyen de me faire connaître (je sais, ça ne se dit pas), de faire connaître et d’assumer ma pensée, de mettre en mémoire publiquement pour après.

Ce qu’il n’est pas?
Une proposition
Une quelconque volonté de m’inscrire dans une démarche électorale ou même électoraliste. (Mon trip public à moi, les mots et la vie de la cité)

Mon intention?
Réfléchir aux conditions pour gagner des élections, locales, régionales, nationales ET pouvoir mettre en place des instituions politiques à la hauteur des enjeux socio, environnementaux et démocratiques que nous rencontrons.

Ce dont j’ai pris conscience?
J’inverse le postulat de base des personnes formées en « éducation populaire. »
Dans ce que je développe, on ne cherche pas à « faire collectif autour d’un projet ».
On cherche à réunir, sur un territoire donné, un corpus de personnes établi sur des critères précis. L’élaboration d’un programme viendrait après, une fois les critères définis, les personnes correspondants aux critères recherchées sur le territoire et réunies dans un corpus prêt à travailler avec des personnes très différentes d’elles-mêmes (ce qui n’empêche pas d’avancer sur une/des proposition.s de programme).

Constituer un corpus de personnes en accord avec ces 3 grandes lignes à la base du programme à établir :

  • davantage de participation des citoyens aux décisions collectives et politiques, donc davantage de répartition du pouvoir, diminution des fonctionnements représentatifs, rôle et place des citoyens à repenser, rôle et place des élus?, rôle et place du numérique?
  • vers l’éradication de la pauvreté, mettre fin aux logiques qui conduisent à ce qu’une minorité d’ultra riches puissent posséder davantage que le reste de l’humanité. L’argent et le commerce sont nos amis. Des services publics à la hauteur sont indispensables.
  • fonctionnement soutenable pour l’environnement.

Pour arriver au pouvoir ET avoir le pouvoir de mettre en place des institutions politiques capables de relever les défis pré-cités, est-ce qu’un élu peut être n’importe qui?
J’avance que non.
Est-ce normal qu’il faille décider d’avoir une carrière politique pour espérer faire évoluer le fonctionnement des institutions?
En soi, je pense que non. Je pense même que c’est contreproductif.

Pour moi, on a besoin de réunir un maximum de personnes capables d’incarner le changement qu’elles veulent voir advenir. Ce qui est déjà vraiment difficile en soi sans compter les oppositions de fond entre personnes ayant pourtant les mêmes aspirations.

A°) Définir des critères de base?

1°) Conditions pour être potentiel.le candidat.e:

Le plus possible:

Au niveau individuel:

> Potentiel.le candidat.e inspirant la confiance :

  • Personne claire et au clair:, je me connais, j’assume qui je suis, je connais mes atouts, mes faiblesses, je sais les communiquer, je sais communiquer, je sais gérer mes émotions sans que l’expression de celles-ci soit problématique, je sais accepter, refuser, demander. Je sais discuter respectueusement pour mettre à plat mes différends sans tout accepter pour autant. Je recherche la contradiction, la vois comme une opportunité de s’améliorer. Je dépasse régulièrement mes intérêts pour des objectifs supérieurs. J’assume la conflictualité.
  • Personne fiable: je dis ce que je fais, je fais ce que je dis, je m’y tiens, je sais revenir sur une décision si elle n’est plus adaptée, je sais assumer de le dire, je sais reconnaître mes erreurs, je m’excuse le cas échéant.
  • Personne dans le soin à l’Autre et dans le non-jugement: je sais écouter activement, le prendre en considération, accepter et accueillir les émotions d’autrui. J’ai conscience, la plupart du temps, des conséquences de mes actes et mes paroles. Je veille à prendre soin de la personne en sachant me positionner et dénoncer les comportements/paroles nuisant au système. Je sais que chacun fait de son mieux, moi inclus, que le mieux de chacun peut évoluer chaque jour.
  • Personne franche et diplomate: je sais dire ce que je pense, de la bonne manière, aux bonnes personnes et au bon moment.

> Potentiel.le candidat.e ayant des habitudes mentales pour apprendre toute sa vie:

  • des personnes prêtes à sortir de leur zone de confort
  • avec un regard humble sur elles-mêmes, capable de faire une évaluation honnête de ses réussites mais surtout de ses échecs.
  • solliciter/rechercher les opinions, surtout les divergentes, collecter activement les informations et les idées des autres.l
  • proportion à écouter activement les autres et à le prendre en considération.
  • être à l’affut de nouvelles idées, les prendre en considération.
  • assumer de se positionner.

> Potentiel.le candidat.e avec des compétences en coopération, en dynamiques collectives ou conscient de la nécessité absolue d’en acquérir rapidement.

> Potentiel.le candidat.e ayant conscience et connaissance des réalités autres que les siennes en terme de milieu, couleurs de peau, genre, sexe + des mécanismes de domination, déterminés à les prendre en considération et conscient des freins transparents que cela génère dans la compréhension mutuelle.

Au niveau collectif:

> Des listes à profils variés à l’image du territoire concerné: sociologie, représentation des différents CSP, lieu d’habitation, âge, sexe, etc ???

> Suffisamment de candidat.e.s jouissant d’une bonne réputation et ayant fait leur preuves par ailleurs tant de part leur qualité humaine que coopérative.

> Suffisamment de candidats connus et populaires par ailleurs auprès des citoyens du territoire concerné

> Des personnes à même de participer à l’animation de dynamiques collectives

Le contact avec les citoyens doit être régulier, tout au long de l’année, même ceux ne fréquentant pas les institutions, les centres sociaux, les réunions ou des associations du territoire. Comment faire?

Comment fait-on pour que chacun monte en leadership? (// émancipation)

2°) Sélection citoyenne des candidats?

  • Sondages qualitatifs ? (Connaissez vous personnellement x? Avez-vous déjà fait des choses avec x? Loisir? dans le cadre d’une relation marchande? dans le cadre d’une relation bénévole? A titre personnel, sur une échelle de 1 à 5?, de 1 à 10?, avez-vous confiance en x? L’estimez-vous fiable? L’estimez vous dans le soin à l’Autre? plutôt dans le non jugement? Franc.he? Diplomate? Pensez-vous qu’x sait mettre de côté ses intérêts pour un objectif supérieur? L’avez-vous déjà constaté?)
  • Peut-on se désigner ou/et doit-on être désigné?
  • Faut-il être militant d’une cause pour être légitime?
  • Faut-il être visible dans l’espace public du territoire pour être légitime?
  • Faut-il habiter réellement sur le territoire concerné pour être candidat.e?

3°) Fonctionnement de la dynamique citoyenne?

> Questions:
Quel est le rôle et la place des dynamiques collectives dans la dynamique citoyenne?
Quelle est le rôle et la place des experts thématiques dans la dynamique citoyenne?
Quel est le rôle et la place des experts d’usage dans la dynamique citoyenne?
Quel est le rôle d’un élu de demain?
Existe-t-il des sujets hors champs de la décision citoyenne?
Autre??

> Différents rôles:
Locomotive (animer des dynamiques collectives)? Force de proposition? Décideur? Arbitre? Autre?
Comment tranche-t-on et qui tranche devant des décisions urgentes ou difficiles à trancher?
Peut-on dissocier les différents rôles dans la dynamique citoyenne?

> Méthodes de travail coopératives:
Les dynamiques collectives et la dynamique citoyenne dans son ensemble doivent manifester des méthodes de travail coopératives opérationnelles pour assurer leur crédibilité et faciliter la bienveillance entre les individus: on s’emploie à commencer à l’heure, à finir à l’heure, on définit un ordre du jour négociable (ou pas, mais c’est annoncé), on fait la différence entre plusieurs types de rencontres, on choisit une animation la plus adaptée pour permettre l’expression individuelle et l’émulation collective en fonction des objectifs, on sait synthétiser les apports, les formuler en proposition le cas échéant, on sait se répartir les tâches, poser nos propres limites. Le plus possible, on se donne les moyens de produire et diffuser les comptes rendus sur le moment, mise à disposition d’outils numériques d’émulation permettant de travailler et décider à distance, savoir mettre en oeuvre des outils en intelligence et en émulation collective.On sait gérer coopérativement la com.
Institutionnaliser les rendez-vous méta: pour parler du fonctionnement de la dynamique elle-même, pas du fond. Prévoir des outils « méta »
Institutionnaliser les rendez-vous autour de la « gestion de conflits »: pour parler et tenter d’apaiser les inévitables tensions entre individus.
Autre?

>Existerait-il une méthodologie pour favoriser la dynamique citoyenne?

  • Prendre en considération toutes les personnes concernées,
  • chercher le « tous gagnants » basé sur la justice, l’équité, l’inclusion? le bien commun? l’intérêt général? l’environnement? mais est-ce possible sur tous les sujets?, déterminer les sujets qui s’y prêtent davantage, déterminer les sujets exclus des décisions populaires?
  • S’inspirer d’expériences qui fonctionnent ailleurs, les chercher?
  • Accepter la conflictualité et ses conséquences.

B°) L’intime en question:

La politique c’est de l’intime alors qui suis-je?

Je suis blanche, hétérosexuelle, née dans une famille aux finances suffisantes par la ténacité et la jugeote d’un père autodidacte très certainement avantagé par son privilège blanc.
Née en région parisienne (93), élevée par des parents à l’amour inconditionnel, je descends dans le sud à mes 5 ans en 1982.
Eduquée sans aucune mention familiale à la politique ou à la religion, je suis nommée en 2002 à l’école Freinet les Fabrettes dans les quartiers nord de Marseille. Je découvre en 2003 lors des grèves sur la décentralisation que je suis de gauche (j’ai voté innocemment Balladur à mes 18ans), même plutôt très à gauche. (Cette catégorisation droite/gauche est-elle toujours pertinente aujourd’hui?)
Marseille me terrifiant, je commence par habiter Septèmes. Mon mari et moi achetons un appartement avec jardin à Saint-Antoine à Marseille en 2006. Pour la première fois de ma vie, je me sens chez moi, dans ma ville et dans mon quartier. Ma séparation l’année dernière n’a fait qu’entériner ce choix de rester dans cette ville, dans ce quartier, dans cette maison.

En 2008 à la naissance de mon premier enfant, je découvre qu’il n’y a pas que l’école et la pédagogie Freinet dans la vie.
Je découvre le bonheur pour moi d’être mère, les joies du potager, le far niente, le do it yourself, les vertus du bio et des initiatives engagées du coin.
Je ne veux plus travailler à temps plein de ma vie. Je cherche alors un moyen de travailler à mi-temps tout en continuant de vivre confortablement.
L’argent devient un sujet de conversation ce qui n’avait jamais été le cas auparavant.
Sans prendre garde, après moultes recherches et expérimentations sur mon territoire, j’arrive à la conceptualisation d’un projet de société (Pour que donner, sans attendre de contrepartie, et recevoir, sans se sentir redevable, de tout un chacun, devienne inclus dans le fonctionnement institutionnel de la société, en complément des relations d’échanges dont monétaires) puis à l’élaboration d’un projet professionnel que je suis en train de finaliser.

Comme beaucoup, les effondrements du 5 novembre 2018 à Marseille m’ont profondément marquée.
Il faut vraiment que ça change. Mais comment gagner la gestion de la ville?
Je m’intéresse aux élections municipales marseillaises… bref… passons…
En février dernier je reçois le texte en lien « Représenter les quartiers populaires »:

http://mouvements.info/representer-les-quartiers-populaires/?fbclid=IwAR0yjt1tZw26qGEC64YBYDkxidWi2MsQf6zKyzQI5Dai8n3YmM2hf5nw0pQ

C’est une bonne base de réflexion pour moi et me dis que je le lirai mieux ultérieurement.
Confinée, je décide de m’y mettre.

Tout au long de ma vie, j’ai souvent été malmenée, décriée, rejetée par rapport à mes choix ou expérimentations (sans compter pendant longtemps et encore parfois, une gestion de mes émotions assez fastidieuse et une manière peu diplomate de communiquer. L’histoire de ma vie).

Assumer mes pensées, mes choix, celle que je suis à la face du monde continue d’être un effort pour moi. Je progresse.

Je vous remercie d’accepter ce texte pour ce qu’il est, un entraînement à assumer publiquement des propos possiblement non consensuels et une modeste participation à une réflexion plus large pour co-construire un monde vers davantage d’amour, davantage de justice sociale, d’équilibre environnemental et davantage de citoyenneté.

Géraldine Carlier au 20 mai 2020

Commentaires

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  1. Pek Pek

    Merci pour ce billet qui a le mérite de parler de ce qui fait qu’un candidat à une élection peut être considérer comme fiable.
    Il est urgent de trouver des moyens concrets (de ce genre) pour sortir de la course à l’investiture qui bouffe l’énergie des plus motivés … par le bien commun.

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