Dualism

Idée de sortie
le 11 Oct 2019
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Impossible de passer à côté de Brutalism, le nouvel album de FKclub, dont les lives ne manquent jamais d’euphoriser le public. Dix ans après We Spend All We Have et de (très) nombreux concerts, le duo n’a perdu ni en popularité ni en style, forgé à coups de baguettes magiques tambourinant énergiquement sur une électro lancinante, emportant tout auditeur dans une transe jouissive. Leur passage à la Fiesta constitue une preuve supplémentaire de leur fort succès dans la cité phocéenne, et pour nous l’occasion de faire le point avec eux sur leur projet.

La première fois qu’on a pu entendre FKclub, c’était à l’U.Percut, il y a de ça plusieurs années. La surprise et la découverte étaient alors déjà au rendez-vous. La formule : de la musique électronique « en partage » rendue vivante par la présence sur scène d’une batterie. Ce duo et son énergie folle donnaient une furieuse envie de danser. Depuis, nous avons pu suivre le groupe qui s’est produit dans multiples salles locales, souvent intimistes, recréant ainsi le frisson de la première heure. FKclub fidélise en multipliant des lives aboutis, même si « toujours différents », comme le dit Marc Lapeyre, à la voix, à la machine et à la guitare dans le projet. FKclub, c’est d’abord lui, le « cerveau » du duo, celui qui œuvre dans l’ombre sur ses machines en studio, mixant, créant, mélangeant, bidouillant de l’électro pas conventionnelle et « plutôt crade », comme il aime à le dire.

Musicien de formation, plutôt dans le rock à la base, il a fait partie de divers groupes. La découverte de la musique électronique le propulse dans un nouvel univers, qui deviendra l’architecture de base de sa création musicale. Ce qu’il veut, c’est secouer les gens, les surprendre, et proposer un son nouveau qu’il aime à qualifier de « pas sage ». Originaire des quartiers, il estime faire « de l’électro de banlieue », quand d’autres font du rap. FKclub, c’est également la batterie d’Antoine Germain, qui apparaît totalement habité en concert, et tisse un lien émotionnel avec les sonorités électro, distinguant ainsi la musique du groupe des dj sets classiques, exprimant par ses percussions tout l’esprit rock qui fait le suc et l’essence du duo. Les compositions électroniques, « loin d’être lisses », semblent taillées pour la danse, même si l’album Brutalism (titre clin d’œil au courant architectural) s’écoute volontiers en solo.

Marc travaillant sur un grand nombre d’autres projets, dix ans se sont écoulés depuis l’album We Spend All We Have. Pour autant, le temps ne semble pas avoir entaché la reconnaissance des pairs, de la critique et du public pour le duo, bien au contraire : il semble désormais appartenir au cercle très prisé de la scène électro marseillaise, dans la veine de Nasser ou de French 79. Leur musique s’exporte au-delà de la cité phocéenne, jusqu’à Paris par exemple, où il ont donné un concert au Petit Bain en août dernier. C’est avec plaisir qu’ils retrouveront leur port d’attache lors de l’événement symbolique de la fête et du brassage des publics et des genres. Les Marseillais pourront ainsi (re)découvrir les contours bruts de ce duo bien singulier.

Cécile Mathieu

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