À Aix-en-Provence, la brigade financière enquête sur les marchés d’urbanisme

Info Marsactu
le 20 Fév 2019
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Le parquet d'Aix a ouvert une information judiciaire concernant plusieurs dossiers d'urbanisme de la Ville. Plusieurs perquisitions ont été menées par la brigade financière ces dernières semaines. Des élus s'attendent également à être entendus.

La brigade financière de Marseille est à l’œuvre à Aix. Elle se penche, depuis plusieurs semaines, sur les conditions d’attribution des marchés publics d’urbanisme de la Ville d’Aix-en-Provence. Selon nos informations, une information judiciaire a été ouverte récemment par le parquet d’Aix. Son périmètre exact n’est pas encore connu et le procureur se refuse à tout commentaire.

« La brigade financière est venue à la Semepa [société d’économie mixte d’équipement du pays d’Aix, ndlr] à la fin du mois de décembre 2018″, confirme Alexandre Gallèse, troisième adjoint LR de Maryse Joissains, notamment en charge de la planification urbaine et de l’urbanisme. Une information également confirmée par Jean-Louis Vincent, directeur du groupe Semepa qui réunit la société d’économie mixte et la société publique locale d’aménagement (SPLA) Pays d’Aix territoires. Des documents ont été saisis. « Les policiers ont demandé toutes les attributions [de marchés publics, ndlr] pour les années 2013 et 2014 de la SPLA, en tant qu’attributaire de zones d’aménagement concerté (ZAC) », précise l’adjoint qui siège, comme de nombreux élus, au sein du conseil d’administration de la SPLA, présidée par Gérard Bramoullé. Pour l’heure, la Ville d’Aix ne souhaite pas commenter l’enquête en cours.

Perquisitions chez des promoteurs

Dossiers potentiellement ciblés par l’enquête ?  Ceux de deux grands projets urbains aixois. L’aménagement de La Beauvalle, au sud de la ville, par-delà l’autoroute A8 avec la construction d’immeubles d’habitation, bureaux et centre commercial. Mais aussi, à l’ouest, le développement de la Duranne, quartier géant, construit ex nihilo à partir des années 2000, emblématique des appétits d’extension d’Aix hors de ses murs.

Outre ce « recueil documentaire », plusieurs perquisitions « prévues dans le cadre de l’enquête » ont selon nos informations également eu lieu ces derniers jours chez différents promoteurs qui ont travaillé sur ces zones. Tout laisse penser que les investigations s’orientent vers des atteintes à la probité, à tout le moins de soupçons de favoritisme… « Ce sont surtout les pratiques d’un promoteur qui sont visées », affirme un autre élu aixois.

« Enquête ne veut pas dire culpabilité »

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs récurrentes de gardes à vue secouent la ville. Aucune n’a été ordonnée pour l’heure, réfute une source judiciaire. Mais elles pourraient intervenir sous peu. Alexandre Gallèse, dont le nom revient avec insistance, comme d’autres au sein de l’organigramme de l’urbanisme aixois, s’annonce d’une « sérénité totale ». « Je suis adjoint à l’urbanisme. Ce n’est pas moi qui suis visé, c’est la fonction. Qu’il y ait une enquête ne veut pas dire qu’il y ait des culpabilités », se défend-il.

L’adjoint, que l’on présente régulièrement comme un des dauphins potentiels de Maryse Joissains, s’émeut, en revanche, du calendrier de ces investigations : « Que l’on enquête ne me pose pas de problème, ce qui me dérange, c’est le timing. Cela m’interpelle que tout cela sorte maintenant, en période pré-électorale. » Et quelques semaines avant que ne s’ouvre, à la mi-mars, le procès en appel de Maryse Joissains. En juillet dernier, en première instance, le tribunal correctionnel de Montpellier a infligé à la maire d’Aix un an de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt et détournement de fonds publics.

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Commentaires

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  1. Brallaisse Brallaisse

    Je sens que la thèse du complot politique pointe là aussi le bout de son nez .

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  2. Zumbi Zumbi

    Comme nous sommes toujours entre deux élections, arrêter le fonctionnement de la Justice pendant les « périodes préélectorales » serait très confortable pour les élus indélicats !

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    • PromeneurIndigné PromeneurIndigné

      La CEPEJ a comparé les moyens financiers consacrés par chaque pays à son système judiciaire (les tribunaux, le ministère public et l‘aide juridictionnelle). En France, la moyenne est de 65,9 euros par habitant. C’est beaucoup moins que dans des pays équivalents comme l’Allemagne (121,9 euros) ou la Suisse (215 euros). En France on compte 2,9 procureurs pour 100 000 habitants, alors qu’ils sont 6,7 pour 100 000 habitants en Allemagne. L’efficacité de la justice ne semble pas être une priorité pour nos parlementaires. Il faut noter que la récente loi « réformant » la justice a été votée à l’Assemblée nationale par 31 voix contre 11. On a parfois le sentiment que nos « élites » ne souhaitent pas que la justice dispose de moyens lui permettant d’être efficace et rapide. On observera aussi qu’en Allemagne ou en Suisse les affaires de corruption sont beaucoup plus rares.

      En France BALKANY court toujours

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    • petitvelo petitvelo

      @PromeneurIndigné
      Et que dire de ces lois qui changent tous les deux jours, avec une justice rendue en 3 ans pour le péquin moyen (1ère instance) et en 1 semaine pour le péquin moyen comparu immédiatement ? A quoi servent loi & policiers si la justice ne fonctionne pas mieux ?

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