« Vous voulez des morts ? » La concertation publique autour de la Plaine démarre fort

Décryptage
Lisa Castelly
4 mars 2017 36

Vendredi matin, quelques personnes bien informées s'étaient passé le mot pour se retrouver pour la première permanence de la concertation publique autour de la requalification de la Plaine. Si les documents présentés n'apprennent pas grand chose de nouveau, les échanges ont été vifs.

« Vous n’avez vraiment rien à nous dire !? ». Dans la salle principale du centre d’animation du Méridien, la matinée est mouvementée. Depuis 9 heures, au milieu de cinq grands panneaux et de deux ou trois fascicules sur papier glacé, une responsable de programme de la Soleam, la société publique d’aménagement qui pilote les travaux, échange avec une petite vingtaine de personnes venue la questionner. Et c’est donc du projet de rénovation ou « requalification » de la Plaine, que l’on débat ce vendredi matin.

Pendant quatre semaines, dans le cadre de la phase de concertation publique du projet, le même dispositif sera présent dans trois lieux répartis sur les trois secteurs concernés [Lire notre article], avec, une demi-journée par semaine, la présence d’un technicien de la société d’aménagement. « Mon objectif c’est de pouvoir répondre au plus grand nombre, écouter et faire comprendre le projet », explique Maryline Van de Voorde, la responsable de programme à la Soleam.

Face à elle, pour l’ouverture de la concertation, des habitants qui connaissent bien la problématique. Plusieurs sont membres de l’Assemblée de la Plaine, tandis que d’autres représentent Un centre-ville pour tous. « À part nous, il y a zéro public », regrette Patrick Lacoste, qui porte les deux casquettes associatives. Il faut dire que les horaires et lieux ont simplement été glissés dans les pages d’annonces légales des deux quotidiens régionaux il y a une dizaine de jours, pas plus. Pour l’instant, les visuels ne sont pas encore visible en ligne sur le site de la Soleam, mais devrait l’être dans les jours à venir. Alors pour les permanences, les militants se sont passé le mot, mais les autres ?

« C’est vraiment important tout ce que vous voulez changer ! »

De nouveaux kiosques seront disposés le long de la « rambla ».

Pour ceux qui sont venus pour l’ouverture de la concertation, la déception est au rendez-vous. « On s’attendait au moins à une maquette », lâche un membre d’Un centre-ville pour tous. Les visuels sur les panneaux informatifs sont quasiment à l’identique de ceux qui ont circulé dans la presse depuis l’automne, et les fascicules doivent rester sur place. On y découvre quelques détails, comme la forme des kiosques cubiques prévus pour remplacer ceux des snacks et vendeur de coquillages actuels. Ils auront sur leurs côtés des photographies de visages de Marseillais et, disposés en enfilade, ils rythmeront une grande « rambla ». La plus grande nouveauté finalement, c’est que cette fois-ci, il y a quelqu’un de la Soleam pour expliquer… et rendre des comptes.

« On n’est pas là parce qu’on veut s’amuser, prévient un homme d’une trentaine d’années après avoir examiné les images. C’est vraiment important tout ce que vous voulez changer, et vous en verrez les conséquences ! ». « Vous avez pu noter vos impressions sur le cahier ? », lui répond Maryline Van de Voorde, qui ne perd pas son calme. Le registre mis à disposition est lui aussi un fascicule de papier glacé auquel on a ajouté une quinzaine de page libres pour les commentaires. Cinq ou six personnes prendront le temps d’en noircir les pages au cours de la matinée. Autour, les invectives fusent. «  » Typicité méditerranéenne », ça ne veut rien dire ! Vous savez que « typicité » ça n’est pas un vrai mot ? », s’agace une autre, blâmant l’aspect désincarné des documents.

Un plan de circulation qui échaude les esprits

Concernant le projet dans ses détails, la seule planche inédite, particulièrement attendue est le plan de circulation. Les images qui avaient pu être vues jusqu’ici permettaient d’imaginer l’ampleur du changement, mais pas sa nature. Exit le tour de place, une voie principale traversera La Plaine dans le prolongement de la rue Saint-Savournin jusqu’à la rue Saint-Michel. Elle sera double uniquement sur le tronçon bas, afin de permettre aux véhicules venant de la rue Curiol de rejoindre la rue Saint-Pierre. En revanche, il ne sera pas possible de rejoindre la rue Saint-Savournin en venant de la rue Curiol. Toutes les rues qui débouchent ou partent actuellement du tour de place, côté Est (rue de l’Olivier, rue Ferrari, Horace-Bertin…), ne permettront plus d’accéder aux autres côtés de la Plaine.

La circulation à l’intérieur de la place va changer complètement.

Un grand chambardement pour le quartier et ses rues adjacentes (voir le schéma ci-dessus) et le sujet principal de mécontentement pour les personnes présentes ce vendredi matin. « Le projet, c’est d’apaiser la place », répète Maryline Van de Voorde. « Mais quand toute la circulation sera bloquée à la rue des trois mages avec les quatre voies qui s’y retrouvent, et qu’en plus le cours Lieutaud sera en travaux, puis réduit, vous pensez que ce sera apaisé ? Et avec les jeux d’enfants juste à côté ? Tout le monde ira aux Terrasses du port et c’est tout ! », rétorque une participante. « Rue Curiol, on peut être sûr que, même si le tourner à droite est interdit, les Marseillais le feront ! », peste un autre. « Vous voulez des morts ? », s’emporte une jeune femme.

Le plan de circulation autour de la place Jean Jaurès. Les points rouges représentent les voies d’accès et de sortie de la place.

« Avec les 32 tonnes qui vont continuer à monter la rue Curiol, ça ne risque pas d’être apaisé, commente de son côté Patrick Lacoste. J’aurais pensé que le plus raisonnable aurait été d’interdire le passage des camions, mais non, rien n’a été pensé à ce sujet ». « Mais bientôt, la L2 règlera tous nos problèmes ! », plaisante son voisin de table. Ils sont plusieurs à s’esclaffer, alors que devant les panneaux, la représentante de la Soleam continue à faire des pieds et des mains pour répondre, expliquer, répliquer, et passe d’un panneau informatif à l’autre.

« Pour faire des surprise party c’est très bien mais alors pour se garer ! »

Corrélée à la question de la circulation, celle du stationnement déchaîne aussi les passions. Sur le projet, il ne reste que 65 places, contre près de 200 actuellement. « Ils ont des voitures, ceux qui ont fait ce projet ? Cet aménagement, pour faire des surprise parties c’est très bien mais alors pour se garer ! », tempête une dame résidant rue de l’Olivier. « Nous étudions toutes les possibilités actuellement, il y a par exemple le parking Gambetta qui est toujours vide… », tente Maryline Van de Voorde. »Gambetta !!? On va pas aller se garer là-bas ! », s’exclame la participante qui annonçait des morts précédemment, devant ces 500 mètres à parcourir pour rejoindre le haut de la Canebière.

Un homme grisonnant, qui se présente comme retraité et partisan des modes doux, confesse de son côté qu’il voit plutôt d’un bon œil cette réduction de la place de la voiture. « On est la ville la plus polluée de France, bien sûr qu’il faut parler de piétonnisation ! À première vue, c’est vrai qu’il y a des soucis dans le projet pour la circulation, mais dans l’absolu, la voiture c’est bientôt fini. C’est l’absence de transports en commun, le gros problème ». « Je viens d’une ville où tous mes amis ont abandonné la voiture, lui répond un membre de l’Assemblée de la Plaine, mais ici, c’est vrai que venir en transports à la Plaine, selon d’où on vient, c’est très long. Aujourd’hui, le parking est certes un parking sauvage, mais il arrange beaucoup de monde ! ».

Faire vivre la concertation quand même

Si le registre se remplit très lentement, les langues se délient et des ponts se créent entre les personnes présentes, qui voudraient faire vivre la concertation eux-mêmes. « Et si on profitait des dimanches de la Canebière pour faire une reproduction des panneaux et les montrer pour que tout le monde les voit ? », suggère une membre d’Un centre-ville pour tous. « Il faut qu’ils fassent avec nous ! Tout ce qui ne se fait pas avec nous se fait contre nous ! », martèle une autre. « Aujourd’hui, le projet est trop simple, tendance, séduisant, il faut une deuxième couche, qui reste à penser avec les habitants, les forains, il y a encore besoin de temps et de diplomatie », analyse Nicolas Mémain, l’« urbaniste sans diplôme » spécialiste des balades urbaines venu lui aussi poser des questions.

Pas sûr que la procédure fixée par la Soleam permette une nouvelle réflexion approfondie. Après le 31 mars, les remarques consignées dans les registres des trois lieux seront analysées, mais en très peu de temps. Gérard Chenoz, président de la société d’aménagement municipale, estime que l’avant-projet sommaire intégrant ces contributions pourraient être prêt avant la fin avril, moins d’un mois après.

« Si on nous demande de faire un tour de place comme avant, ce ne sera pas possible, parce que là, la voie traversante est une idée forte du projet qui a été sélectionné par concours, admet Maryline Van de Voorde, mais il y a plein de choses qu’on peut adapter. Les places de stationnement c’est aussi une idée forte qui sera difficile à remettre en cause, quoique, peut-être si vraiment tout le monde est absolument contre, on ne sait jamais… » Faudra-t-il alors une manif ou de simples remarques de bon sens inscrites sur un registre suffiront-elles à faire évoluer le projet ?

36
commentaires

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  1. Magnaval Magnaval

    En gros, sous la pression de quelques excités se croyant représentatifs, on va renoncer à la réduction de la place de la voiture.
    À quoi bon dépenser de l’argent pour refaire cette place, alors ?
    Désespérant…

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  2. Cehere Cehere

    « Aujourd’hui, le projet est trop simple, tendance, séduisant »…

    Je suis assez circonspect dev

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    • Cehere Cehere

      devant ce genre de commentaire. Ça donne envie de faire les ballades urbaines proposées par ce monsieur. Ferait-il partie des gens qui pensent que la saleté et le bordel ambiant font partie du « charme » de Marseille.

      Le « les marseillais prendront la rue à contre-sens » ne vaut guère mieux.

      On a là des commentaires bien réactionnaires, de personnes qui veulent que rien ne change, en gros pour pouvoir continuer à se garer sur la place.

      Marsactu, est-il intéressant de relever et mettre en avant ce genre de propos ?

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    • VitroPhil VitroPhil

      En effet, une telle demande de complexité repoussante ne semble pas très intéressante. Cependant je pense que cela mériterai un développement de l’intéressé peut être voulait il dire que le projet n’avait qu’un but esthétique sans tenir compte de la vie du quartier… Enfin j’extrapole.

      Sur le fond la particularité de cette grande place ou convergent de longue rues étroites pauvre en croisement la rend tout à fait centrale pour le quartier, tout en étant un peu à la marge du reste de la ville.
      Cela mérite de trouver un équilibre entre embellissements et création d’espace d’une part, fluidité de circulation, échanges sociaux et commerciaux de l’autre.

      Je n’ai pas d’avis sur le projet en lui même mais les avis sont souvent dans un seul sens. En tant qu’usager très occasionnel de la place je la trouve tout à la à la fois peu accueillantes aux piétons, difficile pour les voitures et on ne parle pas des transports collectifs…

      Dans ce contexte l’idée d’une desserte en bus électrique de barbapapa a du sens a conditiond ‘inclure dans son trajet un parking digne de ce nom et une station de métro. Ainsi q’une fréquence décente et et une plage horaire conforme aux besoins des riverains et des activités du lieu.
      Je m’interroge sur le fait de rénover une place par ci une avenue par là sans un schémas directeur pour le centre ville.

      NB : Pour avoir une idée des ballades urbaines proposées par l’auteur de la phrase qui nous fait réagir on peut suivre le lien dans l’article que je redonne ici : https://marsactu.fr/chroniques/balade-dessinee-rue-saint-ferreol-bureau-guides/

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  3. barbapapa barbapapa

    Plutôt que de rââler pour pouvoir poser leurs bagnoles hors d’âge sur l’espace public, au détriment des piétons et des aires de jeu pour enfants, je leur suggère de profiter de l’occasion pour exiger la desserte de la Plaine en voies cyclables et en minibus électriques

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  4. Jules Métayer Jules Métayer

    Quels sont les trois lieux d’exposition de ces panneaux ? je ne trouve l’information nulle part, si quelqu’un pouvait nous informer des lieux et horaires j’en serait reconnaissant.

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    • Cehere Cehere

      « Pendant quatre semaines, une exposition sera donc installée en trois lieux, situés dans les trois secteurs auxquels la place Jean-Jaurès est attachée : dans la mairie des 1er et 7e arrondissements, dans celle des 6e et 8e arrondissements ainsi que dans le Centre municipale d’animation Méridien, le centre d’animation des 4e et 5e arrondissements. »
      https://marsactu.fr/concertation-publique-discrete-projet-de-plaine/

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  5. LaPlaine _ LaPlaine _

    On notera que l’on retrouve toujours la même poignée (une trentaine) d’individus sectaires qui monopolisent la parole au nom de cette assemblée « autoproclamée » de la Plaine. Tous leurs arguments vont dans le sens d’un quasi statu-quo, permettant une certaine anarchie propice aux feux de joie improvisés, peintures sur mobilier urbain etc. Aucun mot dan leur discours pour les enfants, les personnes âgées, les habitants tout simplement qui aspirent à une place apaisée. Aucun mot sur l’urbanisme et l’architecture de cette place. Il s’agit là en fait d’un groupuscule qui utilise la revendication (plus légitime) des forains pour compenser la faiblesse de sa représentation. Quand vous entendez certains participants/membres déclarer qu’il faut remercier les rats et la saleté qui empêchent les gens de venir de l’extérieur, que doit-on en penser. Je ne suis pas particulièrement défenseur de la Soléam mais sur ce coup-là, dans les grandes lignes, j’espère que ces gens ne seront pas entendus.

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    • Avé Avé

      Oui tout à fait, il ne s’agit pas d’être un « supporter » de la mairie en place, mais le problème de ces concertations (je ne dis pas qu’on ne doit pas écouter les gens, mais un peu de lucidité sur les gens qui s’y rendent souvent…) est qu’elle attire aussi ces gens autoproclamés représentatifs, réminiscence de ce que ce quartier a de déclassé et d’endormi. Personnes tout à fait condescendantes d’ailleurs parce que l’état actuel de la place ferait soi-disant « popu », et tout projet contraire serait une ignoble entreprise de gentrification. Belle image que de penser que les gens, « popu » ou non, souhaitent une place sale aux trottoirs minuscules, goudronnée en son centre et mal éclairée. Pareil pour les commerçants, ne préfèreraient-ils pas faire leur marché dans un espace plus accueillant et moins anarchique ?
      Pour le problème des places de stationnement, est-ce que d’ailleurs le parking La Plaine est rempli ou c’est la même chose que Gambetta ?
      J’ai en tous cas peine à penser que la majorité des habitants sont aussi pessimistes sur la réfection de la place, je ne sais pas si cela vaut la peine que Marsactu donne autant d’audience à ces personnes, ça me semble déséquilibré.

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  6. mathon13127 mathon13127

    Simple question : quid des accès au parking souterrain de La Plaine ? Si on arrive coté Lieutaud ou Place du Mont, on y accédera comment ?

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Bonne question, à mon avis par Chave ou Saint-Savournin mais quel détour…

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Rectification, par Chave uniquement …!

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    • Lisa Castelly Lisa Castelly

      Oui, c’est bien ça !

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    • Avé Avé

      Et ils ne peuvent pas faire un accès à partir de la rue unique pour accéder par Lieutaud via la rue des 3 Mages ? Si on veut réduire le stationnement de surface il faudrait des solutions un minimum pratiques !

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  7. ALAIN B ALAIN B

    Je ne comprends pas que l’on puisse accepter de couper la place en 2 avec cette rue
    A Marseille l’on ne connaît que l’aménagement de circulation pour les voitures alors que la ville est polluée. Chaque année la pollution tue et coûte cher à la sécurité sociale mais cela ne se voit pas
    Les rues piétonnes et les transports en commun ne sont pas dans l’esprit de cette municipalité
    Dans toute les villes on réduit la circulation des voitures ici cela semble réfléchi que pour faciliter donc augmenter le traffic
    Une vrai politique de la ville!!! c’est pour quand

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    • Magnaval Magnaval

      La rue unique remplace les 4 rues autour. C’est une réduction notable de la place de la voiture, tout en maintenant une circulation pratique minimale et en dégageant un vaste espace piéton de chaque côté.

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    • ALAIN B ALAIN B

      Allez dans d’autres villes Montpellier, Lille et vous verrez des rues piétonnes.
      Nous aurions dû avoir comme rues piétonnes: la Canebière, la rue d’Aubagne, et ces rues de la plaine jusqu’à la rue Saint Ferréol
      Mais cela demande une véritable politique de la ville avec priorité aux transports communs, aux vélos (électriques), autopartage sinon nous continuerons à avoir une ville polluée
      Il faut voir à plus long terme ! et pas croitre que nous pourrons continuer à avoir chacun deux voitures

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Le maire de cette ville et président de la métropole fonctionne avec des schémas du siècle passé, ce qui explique les retards pris par ce territoire dans de nombreux domaines et qui font que Marseille n’est pas un ville attractive, le soleil n’étant pas suffisant. Ce projet est déjà une avancée notable dans le contexte ambiant.

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    • Avé Avé

      Franchement je ne pense vraiment pas qu’on puisse comparer Lille et Montpellier à Marseille. Ce sont encore des villes assez petites où l’on peut faire la majeure partie des trajets à pied. A Marseille, pour aller d’un point A à un point B du centre c’est autrement plus long et compliqué, pour moi la ville est plus comparable à Paris ou Lyon en terme d’aménagement…ou Barcelone, Valence, etc., bref c’est une dimension différente que celle des métropoles de province.
      Donc, faire du tout-piéton me semble hasardeux, il faut sans aucun doute piétonniser de larges pans du centre ville mais il y a des transitions routières à conserver. Et pour cela il faut que les transitions, dans le centre, soient bien intégrées à l’environnement, tout comme le stationnement. Ce qui est fou et totalement archaïque dans cette ville, c’est de conserver encore des places de stationnement à cheval sur le trottoir et la chaussée, ça ne devrait plus exister et ça n’existe nulle part ailleurs ! Au niveau de l’intégration de la transition routière dans un environnement piéton je trouve en tous cas que la voie unique telle que proposée remplit bien son rôle.
      Au-delà, l’autre problème de la ville c’est que contrairement aux autres métropoles comparables, le squelette routier est insuffisant et étroit suite aux choix historiques et aux contraintes géographiques, paradoxalement c’est cette ville plus que toute autre qui a besoin de transports en commun lourds et performants, et c’est dans cette ville qu’ils manquent le plus.

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  8. Lagachon Lagachon

    Même le vocabulaire a un côté retro… des surprise party ! J’aurais préféré que la dame dise « des sauteries » mais je pense que je suis destiné à être déçu par les assembleurs de la plaine.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Il y a de grandes chances effectivement.

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    • Eric Besatti Eric Besatti

      La Plaine par son aspect symbolique met en scène les clivages idéologiques. L’aménagement de la place est devenu un terrain d’affrontement. En raison de la méthodologie utilisé par la Soleam qui a voulu faire une consultation par effet de mode… (la première phase avec réunions publiques etc…) sans vraiment vouloir intégrer l’avis des utilisateurs cf Concertation piège à con dans le Ravi http://www.leravi.org/spip.php?article2269.

      Chenoz répondait alors aux interrogations techniques d’Un centre-ville pour tous par un singlant et méprisant : « Nous ne faisons pas la politique que vous souhaitez. En 2020, je vous invite à voter pour vos amis. » Circulez, on fait ce qu’on veut.

      Le même Chenoz qui montrait par des grimasses infantiles son mépris des concertés à ses collègues de table (les élus) lors de l’autre concertation marseillaise, celle du quartier de la gare saint Charles Belle-de-Mai.

      Donc en grossissant les traits, nous assistons à un clivage gauche-droite… Et le mépris de classe transpire partout dans cette affaire. Des deux côtés. Les efforts n’ont été fait ni d’un côté ni de l’autre. Dialogue de sourd, il ne faut pas s’étonner que les remarques soient stériles, les acteurs en sont à se moquer, sachant qu’ils n’ont aucune prise sur les décisions. Ils ne font plus appel à leur raisonnement, mais plus à leur indignation.

      Et monsieur lagachon, oui, ce débat est clivé et clivant. Les assembleurs contre les aménageurs. Vous crachez plus facilement sur les assembleurs que sur les aménageurs… Seriez-vous un tantinet nazi ou pire… Aixois de coeur ?

      Blague à part, cette consultation était un leurre depuis le départ. Faut pas s’étonner que la qualité du débat s’effondre.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      On ne peut pas être d’accord avec ce dernier raisonnement. Les plus à plaindre dans cette histoire ce sont surtout les habitants de la Plaine qui souhaitaient un projet et qui n’ont pas pu s’exprimer correctement lors des réunions publiques, et ceux qui y étaient savent pourquoi. Les gens de l’Assemblée autoproclammée de la Plaine sont assez efficaces pour faire du bruit et des feux de joie sur l’espace public et leurs propositions consistent à demander un terrain de foot pour les ados (le foot se pratique en général sur un terrain approprié, rarement sur un espace public de centre-ville). Tout comme une bonne partie de nos élus cette minorité agissante vit dans une autre époque. Ce sont les mêmes mentalités sur les deux bords du fossé.

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  9. Regard Neutre Regard Neutre

    Le cas de la place de l’Europe, un article capturé sur le site de l’école polytechnique de Lausanne sur la requalification d’une place publique en milieu urbain est évocateur de la réflexion menée par les architectes pour sa conception. Elle date de 2003… Lausannehttps://infoscience.epfl.ch/record/127883

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    • Magnaval Magnaval

      Qui vous dit que l’urbaniste en charge de ce projet ne l’a pas faite, cette réflexion ?

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  10. Laurent MALFETTES Laurent MALFETTES

    Ces commentaires mettent en évidence que cette place mérite un réaménagement et que le pire serait sans doute le statu quo. Favorable ou non à la municipalité actuelle, qui peut raisonnablement lui reprocher de vouloir réduire la place de la voiture ? Non, le vrai reproche qu’on peut lui adresser est de ne pas aller au bout d’une logique, d’une politique d’aménagement que l’on voudrait plus ambitieuse, plus globale, plus « long-termiste ». Mi voiture, mi piéton. Mi chèvre, mi chou. Voilà le crédo ! Ainsi de l’aménagement du vieux port ; ainsi du projet d’aménagement de la place Jean Jaurès ; ainsi du plan de circulation entre la pointe rouge et le parc Pastré, qui fit hurler les riverains avant qu’ils aient mal et qui, au bout du compte, se solde par un léger progrès sans régler pour autant le délicat problème de circulation qui demeure dans cette partie de la ville, en particulier le week-end ; ainsi du stade vélodrome, agrandi à grands frais en 1998 et devenu obsolète en 2012 au point qu’il a fallu le reconstruire et payer deux fois la facture. Tous ces aménagements, qui améliorent ponctuellement la situation et donnent l’illusion d’un dynamisme municipal, ne sont pas conçus pour durer car ils ne correspondent pas, faute de vision de nos élus, aux besoins à long terme de la ville. J’ai eu, il y a quelques années, un patron qui me serinait cette formule faussement contradictoire : « je n’ai pas les moyens de me payer de la mauvaise qualité ». Eh bien ! Marseille n’a pas les moyens de se payer du provisoire.

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  11. Cuit Cuit954 Cuit Cuit954

    Limite de l’exercice de la concertation publique (de la démo directe, de la participation citoyenne…), pour l’avoir un peu vécu de l’autre côté. Ne participent que les opposants, plus ou moins qualifiés pour aborder des sujets qui peuvent être plus techniques qu’il n’y paraît (un schéma de circulation par ex.), argumentant avec des idées reçues, du « bon sens », globalement de l’incompétence (au sens propre, pas péjoratif). Grandes gueules, imprécations, incantations, dérives violentes parfois. La démo directe ne fonctionne aujourd’hui qu’avec des agglomérats de groupuscules militants, nous n’y sommes pas prêts.
    La meilleure démarche consiste à proposer une alternative: un premier projet est présenté à la foule, destructif et/ou coûteux, plus ou moins démesuré, etc.. Il est bien sûr refusé violemment, on retravaille sous la pression populaire.
    Un second projet modificateur apparaît six mois plus tard, semblant plus raisonnable et/ou plus économique, et passera plus facilement quand on pense à ce à quoi on a échappé.
    Lequel des deux était envisagé dès le départ par les responsables ????
    Le gros pb que je vois à propos de l’aménagement de cette place, qui effectivement ne ressemble à rien aujourd’hui, c’est son prix: l’équivalent d’une centaine de logements. J’aurais aimé un détail du contenu de ce prix.
    Ceci dit, toujours grand plaisir à lire les articles et commentaires de Marsactu: qualité des journalistes, sérénité des lecteurs.

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  12. Magnaval Magnaval

    « « Avec les 32 tonnes qui vont continuer à monter la rue Curiol, ça ne risque pas d’être apaisé, commente de son côté Patrick Lacoste.  »
    Un 32 tonnes n’a rien à faire rue Curiol !!!

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Ils racontent à peu près n’importe quoi pourvu que çà fasse du bruit, les arguments son tellement faibles et surtout à contresens de l’évolution d’une ville.

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  13. Regard Neutre Regard Neutre

    Le projet consistera in fine à un réaménagement sur place consistant à changer la nature des attributs urbains sans changer les fonctions historiques de l’espace public. Cependant, les invariants qui amènent la réduction de la surface affectée à la voirie et le changement des sens de circulation ne manqueront pas d’engendrer des nuisances à la vie locale , comme la gêne à la mobilité , l’augmentation des vitesses et l’obstruction aux accès privés.Tout cela pour un résultat connu d’avance…

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    • Maltsec Maltsec

      « gêne à la mobilité, augmentation des vitesses »….mais la mobilité est déjà limité. Quant à la vitesse il suffit de se placer sur le trottoir entre la rue St Pierre et la rue Horace Bertin et vous serez régulièrement décoiffé par la vitesse des voitures roulant à tombeau ouvert : une belle ligne droite en plein centre ville sans aucun ralentisseur, c’est pain béni pour la voiture. Pour le piéton un peu moins. Mais le sort d’un bipède à Marseille franchement….

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  14. Maltsec Maltsec

    Les réactions autour du projet sont symptomatiques du fascisme lent qui progresse dans les esprits. Ou comment les intérêts de quelques uns qui nuisent le plus à l’intérêt commun : forains, fanfares nocturnes, ivrognes et autres collectifs de soi-même deviennent des causes qu’il est généreux de défendre. On peut aussi parler de syndrome de Stockholm pour comprendre pourquoi ceux qui subissent parking sauvage, saleté, insécurité pour les piétons, défendent le point de vue de ceux qui dégradent la qualité de vie à Marseille. Sachez que vous pouvez refuser cette situation sans passer pour le méchant réactionnaire. A l’assemblée de la Plaine, en plaidant pour le statut quo vous servez le discours d’une mairie sans projet : encore un effort et il ne se passera plus rien, vous connaissez votre bord.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      En phase totale avec cette analyse et quand j’évoque le projet en privé, avec des habitants très proches de la place, je ne constate aucune opposition au projet global, seul petit bémol, le stationnement qui préoccupe. Nous sommes juste confrontés à une poignée d’individus qui ont trouvé leur but dans la vie (leur Notre-Dame-des-Landes sans doute) et qui font de la désinformation et du bruit, au moyen d’arguments fallacieux voire mensongers.

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    • Regard Neutre Regard Neutre

      Je partage votre analyse sur le fond. Mais le projet de réaménagement de la place manque d’ambition notamment pour le changement de fonction de cet espace urbain central. Le marché prend trop le pas sur la vie locale, la part prise par le véhicule utilitaire, qui obère quotidiennement l’espace public, est anormale. Il aurait mieux fallu restreinte l’espace commercial pour libérer un peu plus d’espace aux habitants.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Dans le projet, le marché doit être réduit d’un tiers avec des modules véhicule+emplacement de vente définis à l’intérieur du périmètre et non plus à l’arrache comme c’est le cas actuellement.

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