[Vivre à la Castellane] Une forteresse sans emploi
Deuxième épisode de notre série "Vivre à la Castellane". Accablée par les trafics, la cité l'est peut-être tout autant par le chômage. Les acteurs sociaux tentent de rapprocher de la vie professionnelle jeunes et moins jeunes qui s'en sont éloignés. Une quête difficile quand le nombre de demandeurs d'emploi est trois fois supérieur à la moyenne nationale.
[Vivre à la Castellane] Une forteresse sans emploi
Sous le soleil matinal, la Castellane a à certains instants des airs de village, selon où se pose le regard. Le désir des architectes d'antan de créer une citadelle accueillante se devine presque, en voyant les enfants dévaler les allées pavées en direction de l'école et les parents discuter sur l'une des placettes. Peu nombreux sont ceux qui prendront ensuite le chemin du travail. Dans l'allée qui borde l'immense et vide place de la Tartane se trouve le local de l'Addap 13. À cette heure-ci, vers 8 h 30, le rideau de fer est levé et l'odeur du café se mêle à celle de la colle et des pots de peinture entreposés dans tous les coins. Les participants du chantier d'insertion mis en place par l'association de prévention sont autour d'une grande table blanche, où chaque matin, ils programment les tâches à accomplir.
Des fauteuils fatigués accueillent la dizaine d'aspirants au travail qui comptent sur ce contrat pour se relancer. Pendant six mois, ils sont ensemble 26 heures par semaine. Vingt sont consacrées à des travaux d'entretien dans la cité : peinture, petite maçonnerie, jardinage ou nettoyage. Les six autres consistent en un accompagnement à la recherche d'emploi (rédaction de CV, préparation aux entretiens, etc.). Parmi les présents ce matin, les parcours, les âges et les origines sont très variés.
Travailler sur les freins à l'emploi
Tous sont des éloignés de l'emploi. Comme Mohamed [à la demande des participants, tous les prénoms ont été modifiés], âgé de 46 ans. Après un accident du travail, il sort de 3 ans des recherches infructueuses : "J'ai étudié toutes les pistes, et maintenant, j'espère rentrer en formation sécurité", bafouille-t-il . . .
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A la Castellane : « seulement 10 % des 15-24 ans occupent un emploi, contre 26% à l’échelle de la métropole Aix-Marseille. Un chiffre qui plafonne à 24 % pour les 15-64 ans, contre 58 % dans la métropole. Un tiers des emplois occupés le sont à temps partiel. La moitié des actifs sont tributaires du RSA. Ces chiffres sont effrayants. Que va préconiser le conseil municipal pour l’emploi, en termes d’alphabétisation, de formation et de création d’emplois dans ce secteur ?
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