Toujours pas de retour à la normale pour le ramassage des poubelles

Actualité
le 6 Oct 2021
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Des tas d'ordures s'amoncellent toujours au milieu des rues à Marseille et dans d'autres communes. Le conflit social est-il réellement terminé ?

Des ordures entassées jonchent la rue Saint-Saëns ce mardi 5 octobre. (Photo SL)

Des ordures entassées jonchent la rue Saint-Saëns ce mardi 5 octobre. (Photo SL)

Cinq jours après l’annonce de la fin de la grève du ramassage des poubelles par la métropole, des bennes débordent toujours à Marseille, mais aussi ailleurs dans la métropole. Avec les trombes d’eau tombées dans la nuit de dimanche à lundi, les ordures se sont dispersées dans les rues, ont colonisé certains trottoirs et parfois atteint la mer Méditerranée. Le paysage découvert par les Marseillais le jour levé a suscité colère et désolation. Faisant éclore cette question : la grève est-elle vraiment terminée ?

Vendredi 1er octobre, Roland Mouren, vice-président de la métropole en charge des déchets et Patrick Rué, secrétaire général de Force ouvrière, mettent en scène l’annonce de la fin des négociations côte-à-côte sur le perron de la métropole. L’information a même interrompu le conseil municipal en cours au même moment, par la voix de la présidente de la métropole Martine Vassal. Pourtant, cet accord, dont les tenants et les aboutissants restent encore flous, ne semble pas convaincre une partie des agents de la collecte. Certains n’ont pas repris le travail. Et les poubelles flottent.

Des agents toujours mobilisés

Sur le territoire marseillais, le chiffre de grévistes encore en lutte n’est pas connu. La CGT confirme la poursuite du mouvement dans plusieurs secteurs de Marseille comme dans les 6/8, les 11/12 ou encore les 1/7. La métropole, de son côté, refuse de communiquer officiellement sur le nombre des derniers agents mobilisés. “Oui, il y a quelques ilots récalcitrants. Je ne connais pas les chiffres, mais ce n’est pas 10 bennes en moins qui changent beaucoup“, assure Roland Mouren.

Ce dernier avait annoncé un délai d’une semaine pour nettoyer toute la ville après l’accord conclu avec FO et la FSU. Selon la métropole, ce délai était la seule mesure négociée pour gérer la fin de crise. Or après cinq jours, les tas d’ordures sont encore très visibles dans plusieurs quartiers de la ville. Pour justifier ce ramassage lent, Roland Mouren explique notamment que les centres de transfert n’auraient pas la capacité d’absorber plus de 1200 tonnes de déchets quotidiens, tout comme l’incinérateur de Fos.

Où est l’accord signé ? Où sont les renforts annoncés ?

Sophie Camard, maire (PM) des 1/7

Mais pour les élus de la majorité municipale marseillaise, cette situation aurait pu et aurait dû être évitée. “Gouverner c’est prévoir“, pose Yannick Ohanessian, l’adjoint socialiste à la sécurité au maire de Marseille, quelques heures avant le conseil de territoire de Marseille-Provence. Sans surprise, les conseillers métropolitains de droite et de gauche ont passé 40 minutes à se renvoyer la balle dans l’hémicycle ce mardi. “Toute la France rit de nous, se moque de nos plages. Nous allons avoir les jeux olympiques qui arrivent, on ne peut pas jouer avec le feu comme ça !”, lance Samia Ghali, adjointe au maire de Marseille. Sophie Camard, la maire des 1/7 va jusqu’à douter de la réalité d’un texte scellant la reprise du travail, entre syndicats et métropole : “Où est l’accord signé ? Où sont les renforts annoncés ? Par quels quartiers commencent-ils ?” Roland Mouren peine à donner le change, puis balaye, arguant que “depuis 1920, c’est comme ça…”

Un accord qui ne passe pas

Pour le moment les modalités de l’accord sont encore floues. L’organisation des cycles des agents n’est pas déterminée, ni la durée de travail journalière. “Les agents ne comprennent pas la nature de l’accord, ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés. C’est pour cela que certains restent encore mobilisés“, appuie Véronique Dolot, secrétaire générale de la CGT métropole. Le mouvement perdure par endroits via le préavis de la CGT, qui court jusqu’au 31 décembre. Le syndicat a été reçu à la métropole mardi soir, sans obtenir de nouvelles avancées et des AG se tenaient en même temps dans les derniers sites grévistes.

L’accord annoncé, dont l’objectif est de se conformer à la loi de transformation de la fonction publique, prévoit un temps de travail annuel de 1467 heures. “Il fallait respecter la loi. Les négociations étaient limitées“, explique Patrick Rué, secrétaire général de Force ouvrière des territoriaux de Marseille et de la métropole. Vendredi soir, des tensions sont survenues entre agents au garage Rabatau, à l’annonce de la fin de la grève. “Bien sûr que l’accord ne suffit pas, réagit Salah Benhemani, délégué syndical FO du secteur de la propreté. Mais il y a eu un geste financier important, 80 euros par mois en plus ce n’est pas rien. Le vrai problème vient de la loi qu’on a combattue et du gel du point d’indice de nos salaires.”

Même son de cloche du côté de la FSU, signataire de l’accord. “Cette loi détruit nos acquis, tout ce qu’on a fait, c’est colmater les brèches. On est tous conscients que ça va augmenter le temps de travail des agents  et détruire leur santé“, prolonge son représentant Serge Tavano. Le texte de l’accord sera présenté en détails lors du comité technique de novembre, puis soumis au vote des élus métropolitains en décembre.

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Commentaires

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  1. MarsKaa MarsKaa

    Bref il est urgent d’attendre… la métropole ne fait pas son taf, et leur petit jeu avec Rué et Taviano a fait long feu.

    Sauf qu’il y a une situation catastrophique dans la ville et un délai légal à respecter pour mettre en place la nouvelle organisation du travail. Or dans l’urgence on fait du mauvais boulot.

    La métropole devait s’occuper du problème depuis des mois (des annees).

    Mais comment mettre au taf des agents que l’on a placés et que l’on protège sachant très bien qu’ils ne font pas le taf ? (Mais rendent bien service à l’occasion).

    Comment modifier des mentalités que l’on a soi-même entretenues par sa gestion depuis des decennies ?

    Quand on lit que le responsable de la gestion des déchets à la métropole ne sait même pas combien il y a de grévistes, dans quels secteurs ça coince, on comprend qu’il fait tout sauf son travail ce monsieur. Et on est même pas étonné.

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  2. jemamo13 jemamo13

    Aucun ramassage de poubelles sur Istres.

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    • Avicenne Avicenne

      Dans le 5ème, le ramassage a eu lieu sur Chave, mais, dans les rues adjacentes : mystère ! Les ordures continuent de s’empiler allègrement pour le bonheur des nuisibles.
      Je n’ose plus me rendre à l’Intermarché de la rue de Verdun car je sais que je vais croiser des petites familles de rats se rendant à leur pique-nique quotidien !
      Je n’ai encore jamais vu une entreprise ou un service d’Etat ne pas pouvoir collecter les informations concernant les ressources humaines : nombre de grévistes, de malades, de détachés, de présents … J’ai travaillé durant 43 ans à La Poste comme Cadre A et je reste presque sans voix !

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    • petitvelo petitvelo

      @Avicenne, c’est pareil pour les écoles, ils n’ont pas de chiffres …

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  3. leb leb

    Avec un petit coup de mistral par dessus tout ça…

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  4. Pierre12 Pierre12

    Et la municipalité qui nous fait le coup, si c’était nous, on aurait mieux géré le problème.
    Bah oui, aucun doute qu’ils auraient convaincu les agents de tout ramasser en 2 jours 🙄.

    Qu’ils s’occupent déjà des agents des écoles, des musées, de l’organisation des élections…et autres dossiers insolubles à Marseille.

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      Tiens, Lou Ravi de Martine reprend du poil de la bête.
      Ce n’est pas que la gauche aurait mieux fait que la droite, c’est qu’un troupeau de chèvres aurait été plus efficace de Giberti, Mouren, Rivoallan et compagnie. Des élus de droite compétents, on en trouve : ils sont à Avignon, Nice, Toulon, Arles, Aix… et surtout à la région. A Marseille et sur le territoire MPM on a gardé les plus cons.
      Pour les élections on se demande ou étaient passés les élus de droite du CM, dont l’obligation est de présider un bureau de vote. On se demande ou étaient passés les délégués et assesseurs de LR et UDI, car ceux des forces de gauche et du RN ont tous été présents.
      Pour les écoles, on ne règle pas 25a d’inaction en quelques mois. Ah au fait, qui a autorisé l’ASA aux agents pour cause de diabète, pathologie qui n’entre pas dans le cadre des autorisations spéciales d’absence mises en place au niveau national ? c’est près du tiers des agents des écoles, des musées et des bibliothèques qui sont en arrêt (mais payés plein pot) depuis mars 2020 sans nécessairement répondre avec exactitude aux critères sanitaires définis par la loi. Mais la loi, à Marseille, est une donnée à géométrie variable.

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    • petitvelo petitvelo

      d’accord avec vous sur l’immodestie municipale

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  5. Brallaisse Brallaisse

    Je pensais que Moraine était unique, mais non nous avons le clône avec Pierre 12.
    Le roi du pas moi c’est l’autre . Cette non gestion démontre une fois de plus la consaguinité qu’à la droite marseillaise avec FO , et la Martine a fait encore “plus pire” que les auttres. Elle consolide une situation déplorable et qui empire.
    La situation de l’eau à Marseille une des plus chères de France, merci VINCI.Les incapables de la SERAM , merci VINCI. Et vous ajoutez le traitement des déchets qui est inéfficace , doublé de ces accords scandaleux avec les syndicats.
    Alors Pierre 12 , j’espère une seule chose que l’Etat vienne mettre un grand coup de pieds dans ce nid de cloportes qu’est la métropole.

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  6. vékiya vékiya

    c’est une photo à minima que marsactu a utilisé, allez vous balader rue breteuil…

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  7. Pierre12 Pierre12

    Quand vous comprendrez que le problème ne se situe pas nécessairement chez Martine, ses adjoints et même chez Benoît et consorts, mais plutôt chez une grande majorité des 10/15/20.000 agents de la commune et de la métropole confondus, qui n’ont qu’un seul objectif, en faire le moins possible en étant le mieux payé.

    Après si ça vous fait plaisir de me traiter de copain de Martine, ou de la critiquer sans cesse, tant mieux pour vous.

    Quel est son pouvoir avec les éboueurs ? Aucun. Vous avez beau taper du poing sur la table ou pas, les mecs font grève et ils vous emm….et ne ramasse pas les poubelles. Et au bout de 15 jours, quand matin, midi et soir, on vous en parle, bah vous cédez.
    Le politique ne peut rien faire, comme nous les (con)citoyens.

    Enfin, pour ceux qui critiquent sans cesse Martine et ses amis, des fois bêtement, elle est partie de la mairie avec ses amis il y a deux ans, et rien n’a bcp changé. Il y a toujours des grèves dans les écoles entre autres, et ça ce n’est pas une question de moyen mais de dialogue….et dialoguer avec des gens qui ne veulent pas travailler, c’est perdu d’avance. Idem pour ceux qui croient que si Martine et ses amis partaient de la métropole et ou du département, tout s’arrangerait, ils se mettent le doigt dans l’œil. Les éboueurs continueraient à avoir un énorme poil dans la main et à faire ce qu’ils veulent.

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