Derrière la vitrine de la valorisation, l’incinérateur de Fos ne recycle que 2 % des déchets

Décryptage
le 19 Avr 2021
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L'incinérateur du territoire Marseille-Provence traite chaque année plus de 400 000 tonnes d’ordures ménagères, majoritairement brûlées. L’installation valorise les déchets sous forme d’électricité, de biogaz ou de compost, mais ne trie que très peu le tout-venant qu'elle reçoit. Chaque année, des milliers de tonnes pourraient pourtant être recyclées.

Supposé rediriger une partie des poubelles vers les circuits de recyclage, le site de Fos reste largement en dessous des objectifs fixés. (Photo NH)

Supposé rediriger une partie des poubelles vers les circuits de recyclage, le site de Fos reste largement en dessous des objectifs fixés. (Photo NH)

En attendant son métro ou son tram, difficile de rater ces messages. “Pour mes déchets, j’adopte le réflexe : Réduire, Réutiliser, Recycler”, annonce un quadragénaire souriant sur une affiche. Un autre panneau publicitaire nous incite à composter nos restes de fruits et légumes, précisant que, via Aix-Marseille Provence métropole, on peut passer commande d’un composteur […]

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Commentaires

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  1. Treblig Treblig

    Indisciplinés…pas de repression…
    Aucune raison sue cette situation s’améliore !

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  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Avant de demander plus de tri des déchets au stade de leur réception à l’incinérateur, il faudrait demander plus de tri en amont, chez les producteurs de ces déchets.

    J’habite dans un quartier dont les habitants ont, en moyenne, un niveau culturel qui devrait leur permettre de saisir les enjeux de ce tri. Force est de constater pourtant que bon nombre d’entre eux ignorent tout de l’existence des poubelles jaunes, et a fortiori des déchetteries.

    J’ajoute cependant que le collège proche de mon domicile ne brille pas pas l’exemplarité : il sort son conteneur jaune en moyenne… une fois par an. Le reste de l’année, tout est jeté dans les poubelles à tout-venant. Comment faire comprendre à des enfants et à des adolescents l’importance d’un geste quand même ceux qui ont une mission éducative s’en foutent ?

    Il est indispensable de faire un peu de pédagogie dans cette ville où le tri des déchets ménagers n’a été mise en place, au début des années 2000, qu’avec des années de retard par rapport aux autres grandes villes françaises. Et il faut peut-être réformer le mode de calcul de la TEOM pour l’individualiser en fonction du volume de déchets produits et de la qualité du tri.

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    • Mstmitre Mstmitre

      Je suis pour l’individualisation de la TEOM mais malheureusement chez nous les gens iront déposer leurs poubelles ailleurs (certainement dans la nature) pour ne pas payer plus!! Alors qu’il leur suffirait juste de trier..

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  3. Andre Andre

    Bon, une usine pas assez performante et des clauses de concession imprécises..
    Mais les Marseillais! 10 pour cent seulement de dechets dans les bennes de recyclage. Il y a pourtant des conteneurs affectés au tri sélectif dans tous les quartiers, à intervalles réguliers, et des poubelles jaunes ont été distibuées à tous particuliers des quartiers pavillonnaires. Avant de taper sur les défaillances des institutons, même si elles sont réelles, il faudrait que les habitants de cette ville prennent un peu leurs responsabilités. Les Marseillais sont des imbéciles et je peux en parler, j’en suis un. Mais un imbécile qui recycle ses déchets!

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  4. Andre Andre

    Cher électeur du 8me, de la pédagogie chez les élèves, je veux bien. Mais qu’en est il des adultes? Il faudrait cesser de s’en remettre toujours aux institutions et penser que si on ne prend pas ses responsabilités, c’est parcequ’on ne nous l’a pas assez bien expliqué. Après on va s’étonner quelle gouvernement a tendance à nous infantiliser. Le tri sélectif, on en parle depuis 20 ans, les conteneurs au coin de la rue ça se voit et les poubelles jaunes, ce n’est pas pour faire joli!

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  5. Mstmitre Mstmitre

    Depuis le temps que le tri existe, personne ne peut dire qu’il n’est pas informé! C’est uniquement du ” je m’en foutisme” et/ou de la fainéantise et c’est bien dommage car impossible à contrôler! Et trier doit être possible partout: dans les rues, les centres commerciaux, les entreprises, les espaces publics, les plages, les cinémas. .. bref partout où il y a du public il doit y avoir non pas 1 seule poubelle mais 3 (tout-venant, verre, plastique/metal/cartons) hors c’est rare que ce soit le cas dans nos grandes villes ou les petits villages (à Fos sur Mer ils le font). Le message ainsi délivré est contradictoire : je suis invité a trier chez moi mais pas quand je sors ou je me balade!!

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    • Jacques89 Jacques89

      Effectivement, quand on sort, il suffit de prendre un sac (recyclable) pour pouvoir trier ses déchets chez soi. Pas toujours facile, je vous l’accorde, mais si la démarche se développe, elle fera probablement école.

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    • Mstmitre Mstmitre

      Je ramène en effet chez moi mes déchets recyclables. Mais la majorité de la population ne le fera pas..c’est comme quand les poubelles débordent, ils déposent à côté !!

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  6. Geneviève Geneviève

    Bonjour,
    Habitante de marseille je continuerai à trier, mais c’est décourageant!

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  7. Jacques89 Jacques89

    Quand on voit que le résultat du tri des pays dits développés finit dans des décharges d’orient dans des conditions de travail déplorables, on se dit que l’incinération a quand même un gros avantage, c’est de faire des kwh en limitant grandement la pollution globale. Mais pour faire comprendre à un écolo qu’il faut raisonner globalement pour avancer dans des techniques plus propres, il faudrait ouvrir le champ de la lorgnette.
    L’incinérateur a besoin de combustibles pour alimenter les fours et les produits de recyclage peuvent servir à ça plutôt que d’alimenter les usines de recyclage qui polluent les rivières ; exemple Golbay (recyclage des papiers) sur la Moselle où la station d’épuration d’une capacité de 250 000 équivalent/habitant ne suffit pas à retirer tous les micropolluants qui finissent dans le fleuve.
    Quant au conte de fées qui nous fait croire que la consommation de papier détruit nos forêts, c’est plutôt le contraire. Le recyclage en fait baisser le prix et donc réduit l’exploitation forestière. Il suffit de voir la différence entre une forêt exploitées (avec des houppiers énormes sur des arbres qui se développe sans concurrence) et une forêt sauvage, pour comprendre que le rendement en production d’oxygène est décuplé.
    Mais quand ça devient trop technique, on préfère se raccrocher à ses croyances portées par des organismes financés par des politiques qui n’ont qu’un but : plaire aux électeurs.

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  8. Zumbi Zumbi

    Je peste quotidiennement contre mon voisinage et les gens de passage qui jettent n’importe quoi partout, mais de là à exonérer nos édiles il y a un fossé.
    Dans mon quartier ce sont quatre immeubles nouveaux qui ont été construits en dix ans dans un périmètre de moins de 500 m. Il y a toujours exactement les mêmes bennes au coin de la rue, et les mêmes conteneurs de tri (un verre et un papier-plastiques alimentaires-métal), avec exactement les mêmes rythmes de ramassage. Résultat : chaque semaine ça dégueule sur la voie publique. Remarque : le reste est à l’avenant, le même nombre de places en école, et un square divisé par 3. Interpellé dans la rue il y a quelques années, M. Moraine, qui se voyait comme le dauphin du maire en place depuis un quart de siècle, a paru surpris puis m’a répondu “il faut bien loger les gens quelque part”… Ça, c’est de la politique urbaine !

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    • Jacques89 Jacques89

      Un peu dans le même style, une journaliste alertée sur les rejets de la station de La Ciotat répondait à l’auditoire : « quand on tire la chasse, on imagine bien que ça va quelques part !». Finalement, il ne faut pas trop s’étonner que pas mal de journalistes empruntent les voies de la politique. J’ai eu un maire qui disait : « puisque les gens le demandent… ».

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  9. Stéphane Coppey Stéphane Coppey

    Merci pour votre article sur un sujet qui mérite une forte mobilisation de la collectivité et des citoyens. Le passage “À France Nature Environnement, on rappelle que l’incinération reste préférable à l’enfouissement” constitue toutefois un raccourci erroné. La position de FNE, y compris à l’échelon départemental, est la suivante :1/ récupération des déchets en vue de leur compostage ou de leur recyclage; 2/ les déchets ultimes, limités, doivent être mis en installation de stockage (ex.décharges) bien gérées; 3/ le choix de l’incinération des déchets ne saurait constituer une  solution car il est coûteux, polluant et n’incite pas à la valorisation matière : votre article en est la meilleure démonstration. Toutes mes excuses si nous nous sommes mal compris sur ce point.

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    • Jacques89 Jacques89

      L’incinération « polluant » ? Tout est relatif : Il faut quand même rappeler que depuis Seveso, les techniques de lavage de fumées ont évoluées. La meilleure preuve c’est que les plus gros incinérateurs sont en région parisienne, au milieu des immeubles et qu’on n’entend jamais personne se plaindre des fumées. L’incinérateur est « couteux » ? Là aussi, tout est relatif. Vous ne prenez pas en compte les coûts de valorisation déchets. Comme la plupart du temps, le jeu des subventions fausse les calculs. Les subventions ce sont nos impôts… et la revente des matériaux à des tarifs minimes ; si bien qu’il est plus rentable de charger le tout sur des porte-conteneurs qui iront polluer… « plus loin ». Quant à l’enfouissement, comme pour les bidons qui renferment les déchets nucléaires, on ne connait pas la durée de vie des bâches de fond de casiers qui complètent l’étanchéité. Espérons que les couches géologiques ne soient pas perturbées… Finalement, la meilleure façon de faire le constat que cette politique ne fonctionne pas, c’est que, comme pour les stations d’épuration (voir mise en demeure de la France par la CE) les élus ne font pas respecter les règles.

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  10. Brallaisse Brallaisse

    Allons , allons et le charme marseillais,le pittoresque phocéen ?. Vous voulez réduire à néant des décennies de laissez aller qui nous valent une réputation inégalée.
    Pourquoi ne pas supprimer les embouteillages, les voitures en triple file, le non respect des stops ou bien des feux de signalisation puisque nous y sommes ?.
    Allez, je plaisante mais il y a vraiment du travail sur cet aspect de la cité.Reste ce mystère , comment d’autres y arrivent et nous pas ?

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  11. Umble Escoulan Umble Escoulan

    Article intéressant. J’aimerais cependant bien comprendre cet écart immense avec ce que la journaliste présente comme un objectif contractuel de recyclage. Cet objectif était il subordonné à des investissements que la Métropole n’a pas faits ? Ou bien s’agit il d’une vraie défaillance de l’exploitant, que la Métropole ne veut ou ne peut pas sanctionner ? Ou bien un contrat mal rédigé, qui permet à chacun d’y lire ce qu’il veut ?

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