Les inconnues persistent pour les éboueurs métropolitains malgré l’accord trouvé avec FO

Actualité
le 1 Oct 2021
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Un accord sur l'harmonisation du temps de travail des éboueurs a été signé entre la métropole et les syndicats FO et la FSU. Le temps de travail fixé à 1467 heures par an ne convient pas à tous les agents et la fin de la grève n'est pas actée.

Roland Mouren et Patrick Rué ont présenté l'accord trouvé sur l'harmonisation du temps de travail des éboueurs. (Photo SL)

Roland Mouren et Patrick Rué ont présenté l'accord trouvé sur l'harmonisation du temps de travail des éboueurs. (Photo SL)

Patrick Rué, secrétaire général de FO Territoriaux, avait annoncé une grève “d’une ampleur inédite“. Elle aura duré trois jours pour son syndicat. L’accord passé avec la métropole a été présenté ce vendredi 1er octobre au Pharo par Roland Mouren, vice-président de la métropole en charge des déchets. Au siège institutionnel de la collectivité, des délégués syndicaux attendaient cette annonce au pied des marches.

QUE CONTIENT CET ACCORD?

Les deux parties sont tombées d’accord sur un total de 1467 heures par an pour les agents du service collecte et propreté. La mise en application de la loi de transformation de la fonction publique impose 35 heures de travail pour tous les agents, à partir de janvier 2022 soit 1607 heures (ce dossier AMP a tardé l’ouvrir). Sauf qu’en raison de la pénibilité liée au métier d’éboueur, une réduction du temps de travail peut être mise en place. En reconnaissance de cette pénibilité, la métropole avait initialement proposé une réduction du temps de travail de 5 %. Elle sera au final de 9,5 %. “Un temps déjà pratiqué par certaines corporations comme les policiers municipaux“, précise le secrétaire général de FO. Sa traduction effective en jours de repos supplémentaires par rapport aux congés est complexe, car elle dépend des cycles de travail, mais cela pourrait avoisiner la vingtaine de jours.

L’accord prévoit aussi l’ouverture d’un compte épargne temps (CET) dans lequel les agents pourront déposer cinq jours de congés non utilisés par an. Libre à eux de les utiliser ensuite pour des projets personnels ou pour les monétiser. Une mesure que la CGT considère comme un “scandale“. “Les congés ne sont pas là pour rien, il faut les prendre tout de suite. Et puis une fois monétisés, ils seront moins bien payés qu’une journée normale“, s’indigne Véronique Dolot, secrétaire générale de la CGT. Des formations pour éviter les accidents de travail sont aussi ajoutées à l’accord.

En raison de l’augmentation du temps de travail, une compensation financière est envisagée par la métropole : une prime de 81 euros par mois à partir de janvier 2022. “C’est largement insuffisant”, estime Christophe Pellissier, secrétaire général adjoint de l’UNSA à la métropole et secrétaire général de l’union régionale PACA. Pour Salah Benhemani, délégué syndical FO à la propreté, “il n’y a ni gagnants, ni perdants, c’est un consensus. Les agents réagissent bien, parce qu’on est sortis rapidement de cette crise.

Les cycles de travail vont-ils changer pour les agents ?

À l’heure actuelle, la durée de travail journalière et sa répartition sur la semaine varie en fonction des territoires de la métropole. Par exemple à Istres, les agents travaillent six jours d’affilée puis bénéficient d’un jour de repos. Patrick Rué le reconnaît, les fonctionnaires marseillais sont moins payés que leurs homologues d’autres villes de la métropole, notamment le dimanche, qui est rémunéré comme un jour de la semaine. L’application concrète du montant annuel sur ces cycles n’est pas encore connue.

En particulier, la longueur de la tournée, le moment où les éboueurs sont effectivement sur le terrain, est débattue. Dans un tract, la CGT estime que la journée de travail s’élèverait à 7 h 20 avec cet accord. “Les agents ne peuvent pas passer cinq heures à la benne, ce sont des cycles de travail trop lourds“, explique la déléguée syndicale.

C’est pourtant, à Marseille, la durée théorique actuelle, mais elle est modulée par la possibilité de finir plus tôt une fois la collecte bien réalisée. Cela repose la question du contrôle des horaires et de la qualité du ramassage. Un temps évoquée, la question des badgeuses n’est néanmoins pas d’actualité. Même si une application téléphonique, mise en place il y a un an pour la gestion du télétravail, sera généralisée dès 2022. Questionné à ce sujet, Patrick Rué précise que les supérieurs d’encadrement des agents seront mieux contrôlé. “L’objectif c’est de faire en sorte que les tournées et les horaires soient plus importants, même si je trouve qu’ils le font déjà bien“, glisse le syndicaliste.

TOUS LES SYNdicats sont-ils satisfaits ?

Nous verrons ce que pensent les autres centrales, on attend“, répond mollement Roland Mouren. Reçue juste après FO, la FSU se dit également satisfaite de l’accord. Elle proposait un temps de travail de 1460 heures en laissant les 28 jours de repos compensatoires. “C’est une belle décision même si on espérait plus“, indique Serge Tavano, le secrétaire général. En revanche, la CGT et l’UNSA se sont rassemblées devant les bureaux de la métropole à 11 heures pour exprimer leur mécontentement.

C’est exactement le même accord qu’il y a deux jours“, s’énerve Véronique Dolot, secrétaire CGT de la métropole, qui poursuit le mouvement de grève. De son côté l’UNSA se dit “très en colère” de ne pas avoir été conviée aux négociations. L’organisation n’a pas déposé de préavis de grève pour l’instant. “Il y aurait un chantier à ouvrir sur la pénibilité“, souffle Christophe Pellissier, pour l’UNSA.

les poubelles vont-elles encore s’entasser dans les rues ?

C’est possible. Premièrement parce que le samedi les camions de collecte ne sortent pas tous. Deuxièmement parce que la suite de la mobilisation est encore floue. Si Force ouvrière est le premier syndicat métropolitain, il n’en reste pas moins en perte de vitesse. Et les agents mécontents pourraient poursuivre la grève à l’appel d’autres organisations syndicales. “Sur Istres, Martigues, à la Cabucelle et au garage à Rabatau, certains agents nous ont dit qu’ils resteraient mobilisés“, prévient Patrice Kantarjian, secrétaire de l’union départementale de la CGT. “La remise en état des rues se fera progressivement, avec un retour à la normale prévu sous une semaine dans les quartiers les plus impactés”, veut croire la métropole.

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Commentaires

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  1. Fougère Fougère

    Témoignage : dans mon quartier 1) deux appels récents pour la levée d’encombrants numérotés étant restés en bas de chez moi plusieurs jours alors qu’ils doivent être enlevés le lendemain de leur dépôt. 2) Une abondance d’encombrants non déclarés, “sauvages”. 3) Abondance de déchets dans ma rue. 4) En face de chez moi, une traverse, charmante : abondance de détritus. Depuis combien de temps n’a-t-elle pas été nettoyée ? Un, deux, trois mois ? 5) Les poubelles, quand je marche longuement dans Marseille, se comptent sur les doigts de la main. Etc., etc. Incivilités d’habitants, certes, et je les dénonce, mais je pense depuis longtemps, comme beaucoup de citoyens marseillais (à tort ou à raison, mais oui, je n’ai pas, comme beaucoup, et en tenant compte de la pénibilité du travail en question, une bonne image des services concernés !) que l’incivilité vient aussi des services de nettoyage et de la Métropole. Dans les articles lus, je ne décèle pas beaucoup de souci du quotidien des habitants dont beaucoup paient des impôts. Alors stop !!!!!!!!! Qu’une vraie politique de respect de notre environnement urbain soit enfin mise en place !

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  2. Fougère Fougère

    PS. Je vais régulièrement à Malpassé. Quasi absence de poubelles, sinon aux stations de bus, globalement. Cet été, les détritus se sont accumulés dans les rues : il me paraissait évident que les services de nettoyage ne passaient pas. E. Macron va visiter l’école Bouge, dont l’état désastreux est notoire. Je vais dans le quartier le lendemain : nickel ! Rues propres ! Comme par hasard. Depuis, les détritus s’accumulent à nouveau.

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  3. Brallaisse Brallaisse

    Pour le fun , prenez la photo de l’article,ouvrez un onglet, agrandissez le cliché,et une fois fait examinez les visages.Le nième vice président de la métropole a la tête d’un type a qui l’on a fait une proposition qu’il ne pouvait refuser,Rué et les autres font peur.
    Cette équipe est toxique.

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    • Mars, et yeah. Mars, et yeah.

      Patrick Rué, dont le visage de ravi (parce-qu’il nous a bien tous enfilés) s’affiche fièrement sur les pubs de SA mutuelle partout dans Marseille.

      Ce mec est à vomir, il a fait tellement de mal à cette ville pour son bénéfice personnel…

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  4. jocelyne pastour jocelyne pastour

    A paris un accord anologue a été rétorqué L accord syndicat -MPM est vraiment différent ?

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  5. Electeur du 4-5 Electeur du 4-5

    ” C’est pourtant, à Marseille, la durée théorique actuelle, mais elle est modulée par la possibilité de finir plus tôt une fois la collecte bien réalisée. ”

    Bien
    Réalisée

    Voilà, le pb est là.

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    • Brallaisse Brallaisse

      Et a vitesse adéquate selon l’ingénieur Rué et selon des critères à définir.
      En fait ils ont réussis à se faire augmenter, en gardant 28 jours de congés et des formations pour la contrée.
      Et Payan qui remercie et félicite Vassal.

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  6. vékiya vékiya

    comme d’hab : mal-fait-parti
    faut bien qu’ils aient du temps libre pour les gâches et deuxième boulot.

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