Nicolas Binet : « à Marseille, on pense toujours que l’habitat relève de l’initiative privée »
Jusqu'au printemps dernier, Nicolas Binet était directeur de l'opérateur qui pilotait les chantiers de rénovation urbaine dans les cités marseillaises. Pour Marsactu, il revient sur ce que ces opérations racontent de la ville et de la lenteur de sa transformation.
Nicolas Binet : « à Marseille, on pense toujours que l’habitat relève de l’initiative privée »
L'enjeu
Pendant 11 ans, Nicolas Binet a piloté 14 projets de rénovation urbaine. Dans un ouvrage cosigné avec Yves Laffoucrière, il fait le bilan d'une double décennie de transformation de la ville.
Le contexte
Six ans après son lancement, le nouveau programme de rénovation urbaine n'a toujours pas démarré à Marseille. Pourtant il concerne les plus grandes cités du nord et de l'est de la ville.
Ce jeudi, le conseil métropolitain devait examiner quatre conventions permettant d'enclencher les grands travaux du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU) à Marseille. Lancé en 2014 pour un terme fixé à 2030, il n'avait encore donné lieu, à Marseille, à aucun lancement de chantier jusqu'ici. Aucun des contrats prévus, engageant l'État, les collectivités et les bailleurs, n'a encore été signé. Finalement, les programmes de rénovation urbaine de la Castellane, de Saint-Barthélémy, de Malpassé et d'Air-Bel ne seront pas votés ce mois-ci. Sans que l'on sache vraiment ce qui justifie ce nouveau délai.
La rénovation urbaine est devenue un des obstacles dans le tango chaloupé qui débute entre la nouvelle équipe municipale de gauche et celle de droite toujours à la tête de la métropole. Par la bouche de l'adjointe à l'urbanisme Mathilde Chaboche, en conseil de territoire, les élus marseillais ont redit qu'ils souhaitaient être pleinement associés à ces programmes qui transforment la ville, à commencer par les grandes cités.
Lire notre article sur le nouveau front d'opposition ouvert par Samia Ghali sur cette question.
Homme discret, Nicolas Binet a longtemps été à la tête de l'outil partenarial qui mettait en œuvre les 14 projets marseillais en cours. Le groupement d'intérêt public Marseille rénovation urbaine (MRU) n'existe plus depuis le 1er janvier 2020. Son directeur a pris sa retraite quelques mois plus tard. La rénovation urbaine a été rangée dans la grande boite à outils de la métropole, sans plus de visibilité sur la stratégie à la fois politique et opérationnelle à venir.
Au printemps 2020, Nicolas Binet est parti sur la pointe des pieds. Il revient aujourd'hui avec un livre écrit à quatre mains avec Yves Laffoucrière, directeur général de 3F, une des grandes entreprises sociales de l'habitat. La vie plus Belle ? (éditions de l'Aube) est un "retour sur vingt ans de rénovation urbaine". "Ce n'est pas une monographie sur Marseille", comme le précise Nicolas Binet. Marseille y sert de fil rouge, révélateur ou laboratoire, celui d'une ville qui tente de se réinventer à partir des erreurs du passé. Pour Marsactu, il revient sur ces 11 ans et ces 14 projets de rénovation urbaine qui continuent de faire pointer les tours aux quatre coins de la ville.
Vous avez piloté les 14 premiers projets de rénovation marseillais et initié une seconde génération dont certains ont déjà démarré comme à La Castellane. Entre les anciens et les nouveaux où en est-on ?
Nous sommes sur des projets de longue haleine. Dans les conventions, on affiche à tort que ces projets doivent être menés sur 5 ans, alors qu'ils se réalisent sur 10 ou 15 ans. Cela correspond à un investissement considérable d'1,1 milliard d'euros pour lesquels 98 % du premier programme est achevé. Souvent de nouveaux projets sont nés sur les mêmes territoires que les premiers, ce qui donne l'impression qu'ils sont toujours en travaux. Par ailleurs, d'autres projets du nouveau programme de rénovation urbaine (NPNRU) ont démarré alors qu'aucune convention n'a été signée. C'est le cas de la Castellane notamment où les travaux ont débuté en opération isolée.
Mais pourquoi les projets déjà validés par l'agence . . .
Très intéressant point d’ensemble pour les novices. Merci également pour les liens documentaire.
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Merci pour cet entretien. Il aurait peut-être mérité d’être plus poussé, notamment autour de la phrase d’accroche de l’article qui est en fait la phrase de conclusion. Et dont on ne comprend pas vraiment la portée.
Par contre le titre de son bouquin, c’est un grand non !
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Une interview limpide qui explique bien des faiblesses de Marseille : l’absence d’urbanisme rationnel, le saupoudrage d’opérations immobilières parfois totalement inadaptées au site dans lequel elles s’inscrivent, la déconnexion totale entre la construction de l’habitat et la création des équipements qui font la ville – à commencer par les transports.
Le laisser-faire qui a tenu lieu de politique de l’urbanisme et du logement durant un quart de siècle a durablement abîmé la ville. Demander aux promoteurs immobiliers à qui l’on a confié les clés d’avoir une vue d’ensemble et à long terme, c’est comme demander au Français moyen de parler chinois.
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« La vie plus belle »? Rénovation urbaine avec des larmes, des souffrances et des décès liés à
ces relogements. « Allez demander aux locataires ce qu’ils en pense ». Depuis la lecture de cet article je me sens nauséeuse.
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