Migrants à la rue : “L’État fait ce qu’il peut en fonction des moyens”

Actualité
le 18 Nov 2016
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Au lendemain de la manifestation d'une cinquantaine de migrants afghans en attente d'un logement, le directeur de l'office français de l'immigration et de l'intégration revient sur le dispositif d'accueil des migrants. Et ses aléas.

Migrants à la rue : “L’État fait ce qu’il peut en fonction des moyens”
Migrants à la rue : “L’État fait ce qu’il peut en fonction des moyens”

Migrants à la rue : “L’État fait ce qu’il peut en fonction des moyens”

“La démarche était un peu singulière”, commente le directeur général de l’Office français de l’immigration et l’intégration (OFII), le préfet Didier Leschi en revenant sur les évènements de la veille. Hier, un groupe d’une cinquantaine de migrants afghans manifestait sous les fenêtres des bureaux marseillais de l’OFII. L’institution est d’ordinaire mutique. Mais, une fois n’est pas coutume, elle a ouvert ses portes aux journalistes. Est-ce que les manifestations l’ont incité à faire cette visite ? Ou y a-t-il tout simplement une volonté de pédagogie à l’échelle nationale après la destruction de la jungle de Calais ? On ne saura pas.

Toujours est-il que Didier Leschi répond à toutes les questions. Il commence par rappeler le rôle de l’OFII,“opérateur du ministère de l’Intérieur pour l’accueil de l’immigration légale”. Il est ainsi en charge de la supervision des regroupements familiaux et du suivi des demandeurs d’asile. De ces manifestants afghans, qu’il avait précédemment qualifiés de “masse informe”, Didier Leschi annonce que leurs dossiers sont en cours d’évaluation, grâce à la liste de noms qu’ils leur ont fournie. “Nous avons déjà repéré quatre individus qui sont en situation de vulnérabilité. Pour ceux là, des places en centre d’accueil de demandeurs d’asile vont être trouvées. Pour les autres, ce sera en fonction des possibilités, une orientation progressive. Et les disponibilités ne seront pas forcément dans les Bouches-du-Rhône”, prévient-il. Les manifestations auront somme toute permis à certains dossiers de passer sur le dessus de la pile, ni plus, ni moins.

“On ne peut pas loger tout le monde”

Le directeur veut voir le verre à moitié plein. “L’État fait ce qu’il peut en fonction des moyens”, estime-t-il. “Pour chaque individu, c’est terrible, bien sûr, mais au court du quinquennat qui s’achève, l’effort a été notable”, ajoute-t-il après avoir relevé que “la demande a fortement augmenté, mais le taux global d’hébergement augmente aussi”. Interrogé sur l’accès au logement que l’État est tenu de garantir aux demandeurs d’asile, ainsi que le tribunal administratif de Marseille l’a rappelé cet été, appuyé par le conseil d’État, il botte en touche et relativise. “C’est la même chose que pour le droit imposable au logement, il peut y avoir des pénalités, mais on ne peut pas loger tout le monde”. Didier Leschi insiste aussi sur le fait qu’une compensation de 4,20 euros par jour est versée aux personnes non hébergées.

Plus globalement, le préfet-directeur général livre quelques chiffres locaux. Dans la région, les 1700 places en centre d’accueil des demandeurs d’asile sont occupées. Peu de personnes ayant acquis le statut de réfugiés y vivent, estime-t-il, donc peu de places y sont libérables à court terme. “On est en capacité de prendre en charge l’hébergement d’un demandeur d’asile sur deux”, assure-t-il, avant de reconnaître que “la crise migratoire a surpris tout le monde, et les capacités d’hébergement ne sont pas à la hauteur”.

Enfin, le préfet Leschi conclut sur une note plus politique. “Ces personnes sont à égalité de traitement avec les autres publics. Il n’est pas question de les mettre en concurrence. Il faut faire de la pédagogie là-dessus, surtout dans cette région : il n’y a pas de file prioritaire”. L’OFII, administration publique, ne voudrait pas qu’on pense, comme le martèlent la droite et l’extrême-droite, que les sans-abris étrangers sont des privilégiés.

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