Les jours sont comptés pour la grande mosquée

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le 17 Juin 2013
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Tic-tac. Si le temps est une valeur relative, les cinq ans qui séparent la signature du bail emphytéotique entre la Ville et l'association Grande mosquée de Marseille arrivent à échéance à la fin du mois. Or, une clause du bail prévoit que les travaux doivent impérativement démarrer avant ce délai. Le temps est donc compté. Les responsables de l'association ont besoin d'un acte fondateur, ancré dans le concret, en lieu et place de la première pierre posée en 2010 et oubliée depuis. Ce sera le 27 juin prochain avec l'installation sur site d'un prototype de façade du bâtiment. "On a également besoin de prouver aux futurs investisseurs que le projet est réel. Pour cela, nous devons faire un premier geste qui lance les travaux", confirme Fatima Orsatelli-Jaldou, trésorière de l'association.

Pour les responsables du bureau, il s'agit de dissiper les mauvaises rumeurs qui hantent une mosquée toujours virtuelle. Une conférence de presse devrait donc être organisée pour donner plus de corps à la pose du prototype. "On y annoncera de bonnes nouvelles", reprend Fatima Orsatelli, qui ne souhaite pas en dire plus.

Du côté du président, on se fait plus disert. Sans doute parce qu'Abderrahmane Ghoul est régulièrement dans la visée des critiques. Ses détracteurs lui prêtent tous les défauts. Un récent article de La Provence faisait même état d'une enquête de la brigade financière qui viserait les comptes de l'association. L'imam Ghoul reconnaît l'existence des investigations : "Bien entendu qu'il y a une enquête, explique-t-il. Le procureur a reçu près de 50 lettres anonymes. Il est obligé de déclencher une enquête. Mais je suis tranquille. Nous n'avons rien à cacher ni sur les dons, ni sur les comptes". A mots couverts, il met en cause certains membres du bureau, proches de l'ancien président, Nourredine Cheikh, écarté en 2010, quelques mois après la pose de la première pierre.

"Ils préparent un fiasco"

L'intéressé refuse d'ajouter le moindre mot comme il l'a toujours fait depuis son éviction, se contentant de lâcher que "de toute façon, ils [ses successeurs, ndlr] préparent un fiasco". En défense, Abderrahmane Ghoul défend une ligne proche de la méthode Coué. "Je suis très, très optimiste. J'ai des contacts au plus haut niveau en Arabie saoudite et au Qatar. Cette fois-ci, il ne s'agit pas du consul ou de son adjoint. Ce sont des gens très haut placés. Comme on me l'a dit là-bas : face au prince, il ne reste plus que toi et ton ambassade". Ce n'est pas la première fois que l'on entend parler de ces deux pays comme de possibles financeurs. Auparavant, il a été question du Maroc et de l'Algérie sans que ces pistes ne se concrétisent durablement.

À la faveur du mois de ramadan, en juillet, l'imam de la rue de l'Académie prépare une nouvelle descente dans les pays du Golfe. Là encore, cette tournée d'été n'est pas une première. "Mais cette fois-ci, il s'agit de liens directs. Cela n'a rien à voir". A l'unisson de son alliée au bureau de l'association, l'imam Ghoul prend date pour un prochain rendez-vous. Sans doute à la fin du mois. "On a besoin de faire un coup médiatique", prévient-il. Là encore, le Qatar réapparaît dans la boucle de mots. Même si ce mot magique dans le foot comme dans le business ne suffit plus. La règle des 20% maximum attribué à chaque pays investisseur limite le recours à un bienfaiteur unique. "Cette règle, c'est nous qui l'avons voulue", rappelle Ghoul.

En attendant, le temps presse. Dans les bureaux de l'hôtel de ville, les langues se délient à l'envie et elles ne distillent pas que du miel. On y reparle comme au temps de la disgrâce de Soheib Bencheikh d'un "grand programme des petites mosquées" avec les projets du Plan d'Aou et de la Busserine. Surtout qu'une mosquée inachevée n'est pas bonne à mettre à un bilan politique ni dans la colonne débit, ni dans celle du crédit.

De son côté, l'architecte du projet, Maxime Repaux avance coûte que coûte après le temps perdu en recours : "Après l'installation du prototype sur site, nous lancerons le dossier de consultation des entreprises. Il faut à peu près cinq mois d'études. Dès que le dossier de consultation est achevé, l'entreprise désignée, on est susceptible de démarrer les travaux". Une date? L'architecte n'est pas optimiste à ce point-là : "Avec les gens de l'association, on s'est mis d'accord pour être sur les mêmes règles que dans la promotion immobilière. On ne démarre pas les travaux si on n'a pas 70% du financement".

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Commentaires

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  1. Pascalou Pascalou

    dommage ! de toute façon cette terre donnée gracieusement par la Ville de MARSEILLE est impure pour les musulmans car sur place combien de sang de porc et de cochon a souillé la terre sur laquelle la mosquée doit être édifiée ?

    Passons à autre chose …Le qatar ferait mieux d’envoyer les sous pour l’Om, les seul vecteur d’intégration sociale dans cette ville !

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  2. chrif chrif

    Cet article révélateur est terrible pour l’image des musulmans.Dans cette pitoyable affaire du projet de grande mosquée à Marseille, il est vrai que le politique profite de la désunion des musulmans.Mais cette désunion vient de ceux qui dans leur médiocrité cherchent leurs intérêts personnels.C’est ainsi qu’ils refusent la participation du plus grand nombre à la consultation, à la décision, au travail compétent, désintéressé et honnête sur ce projet. Là est le problème!Dans ces conditions comment trouver une réussite de cette action quand on assiste à de tels comportements.Après avoir exclu d’autres personnes intègres dont on connait pourtant les compétences, un groupe s’est accaparé ce projet de “grande mosquée”. La conséquence est qu’on a des dirigeants de cette association qui n’en ont pas le niveau, n’ayant pas la maîtrise ni le savoir suffisant pour échanger avec le politique, avec les médias ou avec le juridique. Au point, qu’aveuglés par leurs passions, ils ont accepté une grave discrimination et une humiliation qui font mal à tout musulman. Car il faut savoir que dans le même lieu des anciens abattoirs de st Louis, une association catholique a obtenu par la même délibération municipale de juillet 2006 un terrain mitoyen d’une surface équivalente avec un bail de 99ans et 300€/mois. Malheureusement, nos “indigènes musulmans” au lieu de faire appel contre une décision défavorable du Tribunal administratif vont accepter une nouvelle délibération municipale de juillet 2007 réduisant à 50ans le bail emphytéotique et augmentant le loyer à 2000€/mois!
    Si c’étaient des gens libres et fiers ils auraient refusé ces conditions discriminatoires.
    D’autre part, s’ils avaient laissé, au lieu de les écarter, des personnes plus instruites, comme celles issues du système scolaire et universitaire francais, s’occuper de ce projet, ces derniers auraient travaillé avec plus de transparence, de fraternité et on n’en serait certainement pas dans cette situation inique.
    Ils n’auraient pas chiffré le projet à 22 millions d’€ ni mandaté un architecte rémunère au prix de près de 270000€. Sans dénaturer ce projet, ils l’auraient adapté selon les capacités et l’espérance des musulmans de Marseille et de ses environs. Il aurait d’ailleurs suffit dans un premier temps d’aménager les près de 2500m2 des bâtiments existants qui ressemblent déjà à l’architecture musulmane.
    Enfin, et surtout ils n’auraient jamais accepté l’humiliation d’un bail de seulement 50ans et du paiement d’un loyer excessif de 2000€/mois soit 24000€ /an!
    Pour terminer, il nous appartient à tous de dénoncer le gouffre financier considérable dans lequel se sont fourvoyés les tenants actuels du projet dont le seul bon geste qui leur reste à faire c’est de démissionner.Une autre équipe pourrait rapidement prendre le relais pour informer la communauté et renégocier les conditions du bail et du permis de construire ou envisager une autre solution si on veut toujours le prestige d’une grande mosquée à Marseille.
    En attendant, l’important aujourd’hui c’est peut être aussi de réfléchir à un rassemblement des musulmans autour des projets de proximité en cours dans les quartiers à Marseille ou dans des villes environnantes comme Vitrolles.

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  3. Zora Zora

    Conseillère Régionale le matin, trésorière de la grande mosquée à midi, et chef de file de renouveauPS13 la nuit avec son illustre mari chef d’entreprise en Consulting privé subventionné gracieusement par les collectivités publiques d’une bonne partie de notre territoire. AH. NON ! Fatima ORSATELLI est tout sauf un chevalier blanc…

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  4. Nono13 Nono13

    En terme de clientélisme, Fatima Orsatelli n’a aucune leçon à donner, que de promesses non tenues à destination des jeunes des cités lors des dernières élections et en plus au nom de Vauzelle !! Elle se sert de la notoriété de la mosquée uniquement pour sa pomme et rien d’autre.. Au fait, son mari fait campagne pour Carlotti quel exemple !!

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  5. Anonyme Anonyme

    Cette madame Orsatelli, c est celle qui soutient Caselli avec son mari?

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  6. Placeauxjeunes Placeauxjeunes

    En effet, cette dame fait la campagne de Caselli dans le centre ville. Bonne chance M. Caselli…

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  7. Emeric Emeric

    Orsatelli mari est avec Carlotti… RenouveauPS13 ??

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  8. Nadia Nadia

    Cette Fatima Orsatelli se sert de notre communauté à des propres fins personnelles et ambitions politique, elle est grillée partout et plus personne n’en veut… Il ne lui reste plus qu’à frapper à la porte de Guerini ou encore pire du FN.

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