Dirigeables, éoliennes offshore, bio-raffinage… l'avenir se conjugue à l'ouest

À la une
le 7 Mar 2014
4

Le 21 février dernier, le SAN Ouest Provence qui réunit les communes de l'Ouest et du Nord de l'étang de Berre a fait l'acquisition d'un hangar nommé Mercure, situé à proximité de la base aérienne d'Istres. Grâce à l'aide du Conseil général et moyennant plus de 13 millions d'euros, le Centre de Montage Mercure (son nom complet chez Dassault) appartient désormais à une collectivité locale. Cette dernière souhaite faire de ce nouvel outil de 28 000 m2 (plus 5000 m2 de bureaux) et des 33 hectares qui l'entourent, un des lieux clefs de son développement économique.

En effet, dans la droite ligne d'une étude qu'elle a menée avec son voisin martégal, l'agglomération souhaite y installer des entreprises relevant de la filière aéronautique mais aussi un pôle novateur autour des nouveaux aéronefs, ces ballons destinés à remplacer un jour les avions gros porteurs. Directeur du développement économique et de l'enseignement supérieur au sein d'Ouest Provence, Emmanuel Thomas est venu sur le plateau de Marsactu présenter cette filière d'avenir que ce territoire compte mettre à profit pour réussir sa mutation.

En effet, de Port-Saint-Louis à Lavéra, le golfe de Fos est marqué avant tout par sa dominante industrielle assise sur le trépied raffinage, pétrochimie et sidérurgie. Or, les défaillances d'entreprises se multiplient dans ces trois secteurs : la mise en redressement judiciaire d'Ascométal étant le dernier épisode en date. Il est donc nécessaire de réfléchir aux filières d'avenir aptes à permettre une transition économique. 

Les sujets ne manquent pas : le site de Port-Saint-Louis est déjà le terrain d'expérimentation de procédés d'éoliennes flottantes offshore. "Le grand secteur qui fait partie des priorités nationales voire internationales est celui de la transition énergétique au sens le plus large, explique Emmanuel Thomas. Le projet symbolique le plus fort est celui de l'éolien offshore flottant". L'ambition des collectivités est d'assumer en cas de succès une partie de cette filière et de cette activité. Les deux collectivités travaillent également "à des perspectives de moyen et long terme" sur la filière hydrogène avec un projet de "démonstrateur" et sur la biomasse à base de microalgues qui doit permettre d'utiliser les compétences en raffinage sur des applications plus vertes. Les pistes ne manquent pas. Elles devraient trouver une partie des ressources pour les financer dans le cadre du contrat de plan Etat-région en cours de discussion. Ils devraient également tenir une place importante dans la future métropole. Mais c'est là une autre histoire.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. JL41 JL41

    Pas mal de projets innovants et peu polluants donc, à l’ouest de la future métropole, dans un contexte où le raffinage et la pétrochimie de l’Etang-de-Berre vont à brève échéance perdre quelques milliers d’emplois. Un contexte de fermetures et de démantèlement d’installations polluées, qui ouvre du même coup des perspectives a des activités de loisirs sur le plus grand étang de France.
    Les hangars à dirigeables étaient nombreux en France au début du siècle dernier. Il y en avait un entre Aubagne et Gémenos, construit en 1916 par la Marine Nationale. Il était prévu à la fin de la guerre de 14-18, que l’Allemagne vaincue livre ses fameux Zeppelin (condamnés après l’incendie du Hindenburg en 1937). Soumis au mistral, ce hangar de 160 m de long, 38 de large et 25 de haut, a été peu utilisé, malgré ses protections spéciales contre le vent. Il a été détruit en 1988 pour étendre les zones d’activités d’Aubagne-Gémenos. Quelques images : http://www.gemotheque.com/displayimage.php?album=209&pos=18
    A propos des éoliennes, c’est peut-être le moment de poser aussi la question des hydroliennes, actuellement expérimentées par EDF du côté de Paimpol. Les courants sont moindres en Méditerranée, mais ce concept aurait l’avantage d’éviter la vulnérabilité par grand vent et les dangers de l’éolien aérien. Une expérimentation est-elle prévue en Méditerranée ? La compétition internationale est déjà rude pour l’éolien offshore, et l’expérimentation de Fos vient après pas mal d’autres : http://energie.sia-partners.com/20130102/eolien-offshore-flottant-la-course-au-leadership/
    L’hydrolien serait par contre tout à fait à la portée de nos chantiers de construction métallique.

    Signaler
  2. JL41 JL41

    De nombreuses expérimentations d’éoliennes flottantes sont en cours depuis 2009 en Norvège, Suède, Danemark, Portugal, Etats-Unis et Japon.
    L’expérimentation d’un modèle réduit d’éolienne flottante à axe vertical par Nénuphar à Fos dans les années qui viennent, est-elle à la hauteur de cette concurrence partie plus tôt et qui avance à un rythme plus rapide ?
    Une bonne nouvelle peut-être, l’intervention de Bpifrance qui permet à Nénuphar de lever 5 M€ : http://www.bpifrance.fr/actualites/a_la_une/energies_marines_renouvelables_la_societe_nenuphar_leve_15_millions_d_euros

    Signaler
  3. JL41 JL41

    Les éoliennes en mer deviennent une alternative intéressante. Que se passe-t-il à véritablement à Fos, on manque d’informations sur les expérimentations en cours ?
    Il y a d’abord la montée des objections à propos des éoliennes à terre : « Sentant monter les exaspérations, le directeur de la Direction départementale des territoires (DDT), Philippe Boda, juge qu'”il faut sortir de cette logique d’enfer où les bénéfices sont partagés par une minorité et les nuisances imposées à tous… Il ne faudrait pas qu’on arrive à des exactions sur les installations si la population a le sentiment que les opérateurs s’imposent avec l’appui de l’État”. » : http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/en-aveyron-la-resistance-s-organise-contre-l-eolien-industriel-ia0b0n2107982
    Dans ses pages Ecofutur du 28-04-2014, Libé fait le point sur l’éolien en mer. Selon l’Ademe, 300 000 emplois pourraient être créés en France à l’horizon 2030 grâce à la transition énergétique. L’Ademe estime également que 500 entreprises françaises ont des compétences à mettre à la disposition des énergies renouvelables.
    Dans son enquête, Libé passe en revue ce qui se fait dans 5 départements en matière d’éolien en mer, sur plateformes ancrées ou flottant : Seine-Maritime, Calvados, Côtes d’Armor, Loire Atlantique, Vendée. L’article ne parle pas des Bouches-du-Rhône. Une partie du dossier : http://www.liberation.fr/economie/2014/04/27/avis-de-temps-clair-pour-l-energie-des-mers_1005766

    Signaler
  4. JL41 JL41

    Un article est paru hier dans « 20 minutes » sur la startup lilloise Nenuphar installée à Port-St-Louis-du-Rhône, qui fera tourner en juin prochain un prototype d’éolienne flottante à axe vertical : http://www.20minutes.fr/lille/1369173-eolienne-lilloise-seduit
    L’avantage de ce système est que l’éolienne tourne sans avoir besoin de l’orienter, quelle que soit la direction du vent. On évite aussi l’amarrage lourd des sites côtiers jusqu’à 35 m de profondeur. Stabilisée loin des côtes, elle ne viendra pas modifier le paysage du bord de mer. En cas de besoin de réparation, cette éolienne pourra être tractée jusqu’au chantier de maintenance prévu à Port-St-Louis-du-Rhône.
    Elle vient de bénéficier d’une levée de fonds de 15 M€ : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovateurs/0203466133327-l-eolienne-offshore-de-nenuphar-soutenue-par-areva-et-bpifrance-667611.php
    Peu d’articles dans la presse locale, excepté celui bien documenté de Marsactu sur Nenuphar en août 2013 : http://www.marsactu.fr/environnement/fos-toujours-dans-la-course-mondiale-pour-leolien-flottant-31798.html
    Et celui de la Provence d’octobre 2013 : http://www.laprovence.com/article/edition-arles/2591353/deuxieme-ville-europeenne-a-accueillir-des-eoliennes-offshore.html
    Des éoliennes à axe vertical ont également été expérimentées pour fournir l’énergie nécessaire à la propulsion des bateaux. Ce système ne bénéficie pas de l’expérience acquise dans le domaine des hélices à axe horizontal ou de la voile. L’efficacité de cette hélice à axe vertical demande probablement un certain travail de mise au point.

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire