Harcèlement moral à la Semivim : le maire de Martigues a-t-il ignoré des alertes ?
Tout juste vainqueur des élections municipales de Martigues, Gaby Charroux (PCF) est confronté à une nouvelle enquête concernant la Semivim, bailleur social dont la Ville est l’actionnaire majoritaire. Déjà mis en examen pour favoritisme dans le cadre d'une information judiciaire pour corruption, il est accusé par plusieurs salariés d’avoir ignoré des alertes sur le harcèlement moral au sein de la société.
Gaby Charroux, lors d'un meeting de la campagne des municipales. (Photo : Zoé Cottin)
On est le soir du 22 mars, second tour des municipales. Juché sur une chaise, Gaby Charroux, maire communiste sortant de Martigues, lance des risettes à la marée humaine qui se répand à ses pieds en ondulant en chœur : "Gaby, Gaby, Gaby !!" De son bras, il allonge un baiser à la foule avant de se laisser engloutir d’embrassades. Il vient d’être réélu. C’est son moment. La campagne a été laborieuse pour contrer la progression galopante du Rassemblement national sur le pourtour de l'étang de Berre. Malgré sa "grande satisfaction" affichée, sa victoire est peu flamboyante en comparaison de 2020, où il avait rempilé dès le premier tour. Mais "l’analyse viendra dans un second temps", balaye-t-il auprès de Marsactu. Il verrouille au maximum sa communication depuis plusieurs semaines, face aux questions posées sur l’affaire de la Semivim, au sujet de laquelle une nouvelle enquête est ouverte.
Dans cette tentaculaire affaire de corruption qui a éclaté en 2021, des entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) sont suspectées d'avoir versé des pots-de-vin à des salariés de la Semivim en échange de l'obtention de marchés publics. Dans ce cadre, Gaby Charroux, ancien PDG, qui reste présumé innocent à ce stade, a été mis en examen en avril 2025 pour favoritisme, ainsi que onze autres personnes, début 2024.
Or, une enquête préliminaire est en cours sur un autre volet. Comme nous le confirme le parquet d’Aix-en-Provence, une enquête de police judiciaire a démarré en 2022 après des dépôts de plainte pour harcèlement moral. En février dernier, une quinzaine de plaignants avaient déjà été auditionnés. En tant qu’ancien PDG de la Semivim, Gaby Charroux est le responsable juridique et moral de l’entreprise. Des éléments, dont Marsactu dispose, attestent que la direction avait été alertée à plusieurs reprises à propos du climat social plus que délétère interne à l'office HLM. La situation a pourtant perduré des années.
Les murs tremblants du "bateau blanc"
Au sein du bailleur, qui gère environ 3 000 logements sociaux sur les communes de Martigues et de Saint-Mitre-les-Remparts, les murs ont tremblé plus d’une fois. Près d’une dizaine d’anciens salariés, dont au moins un a déposé plainte, ont accepté de témoigner auprès de Marsactu . . .
L’article est vraiment génial, bravo à la rédac et à Mme Cottin pour les précisions sur ce qui se passe là bas.
Par contre, je me demande si l’article aurait pas gagné à sortir disons… deux mois plus tôt ?
C’est ce genre d’investigation qui permet d’éclairer le vote des citoyens, surtout dans le cadre d’une élection municipale.
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Pourquoi anonymiser Patricia Baptiste ? Outre le fait que l’article de Blast mentionné la mentionne en toutes lettres, quelles sont vos raisons ? La question est sincère, est ce par peur de représailles ?
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Bonjour, chaque titre a sa politique d’anonymisation. Dans notre cas, nous évaluons, dans l’attente d’une condamnation pénale, dans quelle mesure la mise en cause est une personnalité publique. Nous tâchons en effet d’apporter un niveau de détail proportionné entre le droit à l’information sur les personnes concernées et le droit à la présomption d’innocence et à l’oubli. En effet, une occurrence sur Marsactu pour une personne peu présente en ligne est susceptible de remonter très haut dans les résultats des moteurs de recherche, générant par la suite des demandes de droits à l’oubli des personnes concernées et un retrait de la publication des résultats.
En l’occurrence, il nous a semblé que nous pouvions opter pour une anonymisation partielle (le prénom + initiale), l’élément important d’information étant sa position dans l’appareil municipal (ce qui vous a d’ailleurs permis une identification très rapide de votre part sans pour autant procéder d’un résultat de recherche).
La peur des représailles ne figure pas dans les critères de ce type de décision, sinon ce serait mentionné. En revanche, le fait de ne pas avoir pu joindre la personne a pesé en faveur de son anonymisation partielle, le contradictoire n’ayant pu être pleinement assuré en ce qui la concerne.
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Une autre forme d’emprise …
Beau sujet journalistique également : la domination insidieuse dans une boîte. Comment ça marche ? Assez simple : parce qu’on laisse faire. Et que ça arrange certains.
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