[Comment ça va la librairie jeunesse ?] “On a une vraie inquiétude sur les ventes de noël”

Interview
le 17 Nov 2020
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Durant le premier confinement, Marsactu avait suivi les "premiers de corvée" qui continuaient à travailler. Pour cette saison 2, nous nous intéressons chaque jour à celles et ceux que la crise économique frappe avant la crise sanitaire. Suzanne de Pierrefeu tient une librairie jeunesse et s'est adaptée en faisant du conseil de livre par internet avant achat à la porte du magasin.

Suzanne de Pierrefeu à la libraire jeunesse Oh les papilles à Aix. DR.

Suzanne de Pierrefeu à la libraire jeunesse Oh les papilles à Aix. DR.

Comment continuer à faire du conseil de livre quand vous ne pouvez pas accueillir de client dans votre boutique ? Suzanne de Pierrefeu, qui anime la librairie jeunesse Oh les papilles à Aix, tente de répondre à ce casse-tête en entretenant les échanges avec ses clients sur internet. “En mode comptoir”, ils peuvent ensuite venir retirer leurs achats à la porte de la libraire de la rue des Cordeliers. Si son activité tient encore le coup aujourd’hui, Suzanne de Pierrefeu redoute une baisse des ventes à noël.

Comment ça va Suzanne de Pierrefeu ?

Pour l’instant on arrive à sauver les meubles. On a encore mis personne en chômage partiel, mais on est inquiets pour la période qui vient. Un peu moins d’un quart de notre chiffre d’affaire se fait sur novembre et décembre, c’est-à-dire pour noël. Les ventes augmentent en particulier à partir du 20 novembre, aussi grâce à un stand que l’on tient habituellement sur le marché de noël. Alors c’est peut-être à partir de la semaine prochaine que ça va se corser, que l’on va déprimer.

Bonsoir à tous, suite à l’annonce de ce soir, la librairie sera ouverte demain toute la journée de 9h à 20h. Pour la…

 

Comment vous êtes-vous adaptés pour rester accessible ?

À la fin du premier confinement on a déjà ouvert quelques jours par semaine la librairie en mode “comptoir” à la porte. On s’est démenés pour prévenir les clients, donc cette fois-ci on est plus rodés. On tient une permanence de 10h à 17h du lundi au samedi. Les clients commandent par téléphone, mail, Facebook. Ils nous donnent l’âge de l’enfant, ce qu’il a lu, ce qu’il aime lire et on répond avec une sélection personnalisée avec des photos. Ça prend énormément de temps !

Niveau fréquentation, comment réagit votre clientèle ?

Il y a du répondant quand même et pas seulement de nos habitués. On voit venir quelques nouvelles personnes qui ont envie de changer leurs habitudes, de s’adresser aux commerces locaux.

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Commentaires

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  1. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    Je préfère de loin : « vente à emporter »au globish « click and collect »

    Signaler
    • jasmin jasmin

      Vous avez raison!! Pourquoi on n’y avait pas pensé avant?

      Signaler
  2. jasmin jasmin

    La situation est inquiétante comparée à avant, et ça prend beaucoup de temps de conseiller un client via internet et préparer sa commande, mais au moins le commerce subsiste. Les gens sont de plus en plus sensibles à acheter chez les commerçants locaux et il y a une campagne de communication anti Amazon qui fait rage. Du coup, la route est libre pour ceux qui prennent des initiatives et gèrent la vente à emporter.
    D’ailleurs, est ce que ça prend vraiment tant de temps en plus, comparé à la vente sur place où on fouille, on pose des questions à n’en plus finir, en emmène les gamins qui mettent le souk dans le magasin et qu’il faut calmer? Au moins, cette nouvelle approche aidera à l’avenir les handicapés, les seniors isolés, les enfants malades, les gens coincés chez eux, qui pourront parler avec un vrai libraire de leur ville, comme tous les valides qui ont la chance de pouvoir s’y déplacer, et choisir ensemble. Je suis sûre que le nombre de livres vendus par personne sera plus important, car on veut aider nos libraires et pris dans l’enthousiasme d’une conversation avec un passionné, on a tendance à acheter plus. J’espère que d’autres vont s’adapter. J’espère qu’il y a des plateformes qui peuvent mutualiser leurs besoins en maintenance informatique, ou tutorat pour apprendre à faire de la vente sur internet, et qu’ils se concentreront sur leur coeur de metier. Pour ça, il faut que leur fédération ou syndicat professionnel les aide à s’équiper et se mettre à ce type de vente. De toute façon, ça sera l’avenir pour un grand nombre de leurs clients s’ils ne veulent pas se battre contre Amazon dans les manifs.

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