[Comment ça va la bière locale ?] “Sans les bars ça fait 50% de clientèle en moins”

Interview
le 16 Nov 2020
1

Durant le premier confinement, Marsactu avait suivi les "premiers de corvée" qui continuaient à travailler. Pour cette saison 2, nous nous intéressons chaque jour à celles et ceux que la crise économique frappe avant la crise sanitaire. Georges Dimoyat, l'un des associés de la micro-brasserie aixoise Aquae Maltae, raconte comment son entreprise s'adapte depuis mars.

Georges Dimoyat, l'un des brasseurs associés d'Aquae maltae à Aix-en-Provence (au premier plan). DR.

Georges Dimoyat, l'un des brasseurs associés d'Aquae maltae à Aix-en-Provence (au premier plan). DR.

En plein développement, les micro-brasseries de Provence voient leur expansion freinée par la fermeture des bars et des restaurants qui commercialisent habituellement la plus grande part de leurs bières. À Aix, la brasserie Aquae maltae a été fondée il y a cinq ans. Georges Dimoyat, l’un des brasseurs, s’interroge sur l’avenir, entre inconnu et recherche d’adaptation.

Comment ça va Georges Dimoyat ?

Au niveau trésorerie ça se tend. On comptait beaucoup sur le marché de Noël. L’année dernière, il a représenté 20 % de notre chiffre d’affaires. Mais cette année, on ne sait pas s’il sera repoussé, réduit ou annulé. On ne vend plus aux bars et aux restos, qui représentent au moins 50 % de notre clientèle. On a demandé le prêt garanti par l’État et on a mis la moitié de l’équipe en chômage partiel. On ne sait pas trop de quoi l’avenir sera fait.

En conséquence, est-ce que votre production a baissé ?

Les volumes que l’on brasse sont toujours les mêmes. Mais selon le temps que ça va durer, on va devoir adapter notre rythme de production. D’abord parce qu’on n’aura plus de place pour stocker et puis parce que les matières premières ont un coût que l’on ne pourra pas continuer à payer sans vendre. En même temps, le confinement nous a donné l’opportunité de mettre au point de nouvelles recettes.

Comment vous êtes-vous adapté depuis mars pour continuer à vendre ?

On a changé de local il y a deux ans, avec un espace bar et une terrasse que l’on a développé après le premier confinement. On a ouvert d’abord deux soirs par semaine, puis trois soirs par semaine. Ça a bien marché avec 80 personnes par soir avant que l’on ne soit coupé par le confinement. Là on a décidé d’ouvrir plus tôt, de 17 h à 20 h et plus de jours, du mardi au samedi. Il y avait encore un peu de monde.

Depuis le début du deuxième confinement, évidemment tout ça s’est arrêté. Alors on a intégré d’autres produits locaux à notre espace de vente. On a un maraicher qui fait des légumes de garde, un boulanger, des produits de la conserverie Darvaux qui se trouve à un kilomètre et des produits d’un céréalier, de la farine, des pâtes, des pois chiches. Depuis qu’on a la petite épicerie, on a une nouvelle clientèle, principalement du quartier, à la fois parce qu’on a cette offre supplémentaire mais aussi parce qu’on a fait un effort de communication. Ça marche un peu mais c’est pas la folie non plus. Je ne sais pas si on gardera ce côté épicerie après le confinement : ça prend du temps et on a plus envie d’être un lieu de production de nos bières.

Les épisodes précédents

[Comment ça va les restaurants ?] “Si ça ne change pas d’ici février on...

Interview
1

Eric Mbenda a quitté son travail dans le bâtiment pour se lancer dans la restauration. En 2019, avec son frère Hugues Mbenda, chef cuisinier,...

[Comment ça va les voyagistes ?] “On a tout reporté à l’année prochaine”

Interview
0

Difficile de projeter des voyages quand les frontières sont fermées du fait de la pandémie. Le secteur touristique international est fortement impacté, dont des...

[Comment ça va les fleuristes ?] “Avec moins de passants, ça n’aide pas”

Interview
0

Durant les premières semaines de ce confinement, Yolas Balducci avait laissé son kiosque de fleurs fermé sur le cours Saint-Louis, à l'angle de La...

[Comment ça va les chauffeurs de VTC ?] “On travaille à perte”

Interview
2

Houari Benali travaille en tant que chauffeur VTC avec les plateformes Uber, Heetch et Yassir. Malgré sa diversification d'employeurs, en cette période de confinement...

[Comment ça va les salles de sport ?] “Tous nos coachs sont au chômage...

Interview
0

Année difficile pour les salles de sport. Fermées durant le premier confinement, elles l'ont été à nouveau le 27 septembre, plusieurs semaines avant le...

[Comment ça va les esthéticiennes ?] “Je suis la seule à ne pas travailler...

Interview
1

Dans les premiers jours du reconfinement, Monia Dominique a tiré le rideau du salon de soins esthétiques qui porte son nom, boulevard de Saint-Louis...

[Comment ça va les agences immobilières ?] “On cherche des économies dans tous les...

Interview
1

Pour ce deuxième confinement, les agences immobilières sont autorisées à ouvrir, mais les visites de logements sont interdites. Elles ne peuvent se faire que...

[Comment ça va la librairie jeunesse ?] “On a une vraie inquiétude sur les...

Interview
3

Comment continuer à faire du conseil de livre quand vous ne pouvez pas accueillir de client dans votre boutique ? Suzanne de Pierrefeu, qui...

[Comment ça va la bière locale ?] “Sans les bars ça fait 50% de...

Interview
1

En plein développement, les micro-brasseries de Provence voient leur expansion freinée par la fermeture des bars et des restaurants qui commercialisent habituellement la plus...

[Comment ça va les discothèques ?] “Imaginez, vivre huit mois sans salaire”

Interview
3

Le monde de la nuit est l'un des secteurs les plus frappés par les conséquences de la crise sanitaire. Les boîtes n'ont pas été...

[Comment ça va les théâtres de quartier ?] “Depuis mars, on prend une gifle...

Interview
0

Ne les appelez pas "petits". Ces lieux de culture se définissent plus par la proximité que par le nombre de places qu'ils alignent face...

[Comment ça va Emmaüs ?] “Nous perdons 140 000 euros par mois”

Interview
0

On connaît Emmaüs pour ses boutiques, où l'on peut se meubler, se vêtir et s'équiper d'occasion, ainsi que pour ses actions de solidarité. On...

[Comment ça va les santonniers?] “Je perds au moins la moitié de mon chiffre...

Actualité
2

Chez Julien Quilez, les santons sont une affaire de famille. Il en fabrique et en vend aux côtés de son père depuis 17 ans....

[Comment ça va le marché aux poissons ?] “On met moins d’hameçons pour pas...

Interview
1

Sur le stand de Daniel Reggio, d'énormes dorades royales côtoient des chapons rouge vif. Ce retraité de la poste vend au marché du Vieux-port...

[Comment ça va les congrès ?] “Là, on a pratiquement fermé l’agence”

Interview
0

Les congressistes sont la poule aux œufs d'or des grandes villes. Le touriste d'affaires dépense bien plus qu'un visiteur lambda et fait vivre le...

[Comment ça va “Arthur mon héros” ?] “Je fais visiter ma boutique en visio”

Interview
1

Laurence Cazenave est vendeuse de jouets. Dans son magasin situé au 110 cours Julien, sorte de caverne d'Ali Baba où s'entassent peluches géantes et...

[Comment ça va, Misstifs ?] “Si ça continue, je vais devoir aller contre l’interdiction”

Interview
4

Son salon est situé au 64, boulevard Chave (5e). Vendredi dernier, Solange Trapé n'a pas eu d'autre choix que de baisser le rideau pour...

[Comment ça va, l’Alhambra?] “La crise montre que nous sommes plus qu’un cinéma”

Interview
4

Lundi matin, William Benedetto était dans un collège. "Simplement, pour être là", aux côtés des enseignants qui sont en première ligne. Jeudi dernier, il...

[Comment ça va le Bar du peuple ?] “Nous n’avons pas les reins solides”

Interview
4

À l'angle du cours Lieutaud et du quartier de Noailles, se dresse le Bar du peuple, modeste enseigne un peu défraîchie. Géographiquement près des...

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. jasmin jasmin

    Coté hygiène de la fabrication, c’est normal de fabriquer de la bière avec sa chevelure rasta en bataille, sans coiffe, sans masque où on peut éternuer dans la bière, avec un tuyau d’arrosage et des gants de ménage, pas de tablier? La fermentation tue les microbes sans doute, mais quand même… Ca ne me donne pas envie de gouter leur bière…

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire