Michea Jacobi vous présente
Le nouveau piéton de Marseille

La tour CMA-CGM de A à Z

Chronique
le 23 Avr 2016
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Michea Jacobi est un artiste marcheur qui arpente la ville et, de temps en temps, en fait la chronique. Ecrivain, graveur, dessinateur, il fait un inventaire à hauteur d’homme des curiosités qu’offrent la ville et ses paysages. Il trie ce qu’il voit en suivant les 26 lettres de l’alphabet. Il a ainsi accumulé des garages à la lettre G, des usines pour le U, des maisons d’angle pour le A. Il commence cette chronique par le Z en hommage à la tour CMA-CGM dessinée par Zaha Hadid, architecte de renommée mondiale récemment décédée.  

Les Instructions nautiques fournissent aux navigateurs, entre autres renseignements, la description détaillée des côtes qu’ils aspirent à fréquenter. Jean Giono disait que c’était les plus beaux livres d’aventure du monde. Depuis 2010, le tome D21 de cette précieuse série ne manque pas de signaler la présence d’un nouvel amer sur le rivage marseillais. C’est, avec ses 210 mètres de haut, la tour CMA-CGM, œuvre de l’architecte anglaise d’origine irakienne Zaha Hadid, disparue brutalement le 31 mars dernier. Les Marseillais ont eu tôt fait d’adopter cette sombre élévation née d’un confluent de passerelles autoroutières. Il faut dire que la tour est visible de partout, s’accordant à chaque fois d’une manière différente avec le paysage urbain. On aurait envie qu’un graveur nous en donne, à la manière d’Hokusai et du Mont Fuji, plusieurs vues différentes. En attendant que cet artiste arrive, nous avons pris notre petit appareil et nous avons réalisé 36 clichés – ou plutôt 46, car tel était le nombre réel d’images de la série pourtant intitulée : 36 vues du Mont Fuji.

 

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(Pour une navigation optimale, cliquez sur les deux flèches qui s’affichent en haut à droite en survolant ce portfolio et découvrez les photos de Michea Jacobi en plein écran)

Pour aller plus loin :

  • les éditions Parenthèses ont fait paraître une monographie consacrée à Zaha Hadid, baptisée l’intégrale et disponible dans les bonnes librairies ainsi qu’au siège des éditions au cours julien.
  • sur Hokusaï, le grand Palais a réalisé un dossier pédagogique consacré au peintre japonais disponible ici.
  • contribuez à l’inventaire des vues de la tour CMA-CGM en nous faisant parvenir vos photos à l’adresse alphabet@marsactu.fr

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Michea Jacobi
Michéa Jacobi est graveur et écrivain. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages. Chroniqueur à Marseille l’Hebdo pendant plus de dix ans, il a rassemblé ses articles dans un recueil intitulé Le Piéton chronique (Éditions Parenthèses) et il a écrit pour le même éditeur une anthologie littéraire Marseille en toutes lettres.

Commentaires

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  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Très content de retrouver ici Michea Jacobi, dont j’aimais bien les chroniques dans feu Marseille L’Hebdo – à l’époque où cette publication avait du contenu. Photographiées, dessinées ou littéraires, j’espère que de nombreuses autres contributions de cet auteur suivront cette évocation sensible et parfois poétique de ce “nouvel amer sur le rivage marseillais”.

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  2. Joël Gombin Joël Gombin

    Super chronique ! Mais l’amateur de bière belge qui sommeille en moi se doit de souligner que Jupiter n’est pas la Jupiler 😉

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  3. JL41 JL41

    Avec quoi fait-on jouer la tour, c’est un peu la question. J’airais aimé avec le « I » d’Immensité, une vue depuis la Bonne Mère, relativisant la taille de ce nouveau signal, tout en le laissent dépasser de cette immensité urbaine de Marseille dont on a conscience là haut.
    J’avais bien aimé aussi cette autre galerie de portraits, moins terre à terre, puisqu’elle a été construite du haut des grues qui transforment la ville : Marseille à 360 degrés, ou Marseille vue des grues, de Jérôme Cabanel : https://marsactu.fr/chroniques/marseille-360-degres/

    Zaha Hadit répondait aux partisans des tours à la H99 (http://www.cyberarchi.com/article/h99-une-tour-pour-contempler-la-ville-la-mer-le-ciel-12-03-2012-14255/image-other-14255-03) : « pourquoi se limiter à un seul degré alors qu’il y en a 360 ». D’où la mathématicienne de formation initiale avait fait fondre en courbes tout ce qui auparavant était droit comme un « I ». Déconstructiviste avait-on dit d’elle. J’aurais aimé un geste d’urbaniste de cette dimension pour Euroméditerranée, dont les assemblages architecturaux ne vont pas marquer la ville à un grand niveau d’innovation. C’était pourtant l’occasion.

    Mais on est très conservateur à Marseille, ce que fait bien ressortir le choix des architectes par la ville, un peu toujours les mêmes. D’ailleurs cette tour n’était pas non plus bien vue par les lecteurs de Marsactu, « tour infernale », « Marseille défigurée » : https://marsactu.fr/nicolas-sarkozy-veut-venir-a-marseille-inaugurer-la-tour-cma-cgm/

    Quelques compléments à la biographie de cette urbaniste (et architecte bien sûr, trop souvent l’architecte n’est pas un urbaniste) d’un immense talent :
    Une animation autour de la tour CMA-CGM : https://vimeo.com/10558659
    La tour CMA-CGM sur son site : http://www.zaha-hadid.com/architecture/cma-cgm-headquarters/
    Et le génie et ses ombres : http://www.slate.fr/story/116285/zaha-hadid-scandales

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  4. VitroPhil VitroPhil

    @JL41 merci pour les liens. L’animation “One day around the tower” est vraiment magnifique : La tour le port, l’autoroute et les nuages.

    Les 26 clichés de M Jacobi sont moins poétique mais nous disent beaucoup de choses sur Marseille.
    La tour y semble suivant les angles
    – Soit une oasis d’opulence depuis la désolation des quartiers nord.
    – Soit une verrue moderne écrasant la ville méditerranéenne vu du sud.

    Bien sur, c’est un choix délibéré du photographe et ce contraste est le propre de ce type d’ouvrage qui change le regard porté sur une ville.

    Mais ici cela ressemble à une pièce ajouté au patchwork déjà bien compliqué et peu lisible qu’est le tissus urbain marseillais. Je doute que la greffe prenne aussi bien que pour d’autres exemples tel que
    – La Messeturm de Francfort.
    – La tour du lyonnais (“le crayon”) de Lyon.
    – Sans parler de la légendaire tour Eiffel.

    C’est pourtant un bel ouvrage parfaitement intégré à son environnement immédiat. Mais justement la tour file le parfait amour avec l’autoroute du littoral qui est une faute d’urbanisme majeur. Tout un symbole !

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    • JL41 JL41

      Chacun a son regard. J’étais tout de suite tombé amoureux de ce signal, que là était le port, par rapport à l’habituelle turgescence agressive de ces tours. Ses courbes lui donnent un tout autre air. J’ai quelques photos d’elle prises de la mer avec les reflets du couchant, qui lui donnent l‘air d’une reine.

      Les clichés de Jacobi ne me disent pas la même chose, on force la tour à faire contraste, on se sert d’un objet qui ne se plie pas à cela. Il est ailleurs pour moi, là où Saadé et Zaha Hadid ont osé. Elle aurait été un brin d’herbe que je l’aurais vue de la même façon.

      Le crayon de Lyon, je le trouve trop besogneux, Lyon n’est pas une ville de glandeurs. Les jupes de la tour Eiffel sont plus excentriques, Zaha Hadid devait aimer.

      L’autoroute du Littoral, les aménagements accumulés avec le temps. Il faut à un port ce type de communication avec son hinterland, ici et à Mourepiane. Voudrait-on que le port devienne une friche industrielle ?

      Comme vous, au moins je ne suis pas insensible au symbole. Il nous dit quelque chose de plus que le simple fait d’être posé là.

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