Hébergement d’urgence à Marseille : plusieurs structures tirent la sonnette d’alarme
Ils ont écrit au préfet car ils n’en peuvent plus. Dans un courrier consulté par La Marseillaise, le SIAO 13, service intégré d’accueil et d’orientation, la plateforme publique départementale qui gère l’hébergement d’urgence pour les personnes sans abri, tire la sonnette d’alarme. Le SIAO dénonce ainsi la politique très restrictive qui applique une “sélection des demandeurs en fonction de critères de vulnérabilité” et une “orientation réduite aux femmes victimes de violences”.
La structure pointe un “démantèlement complet des possibilités de mise à l’abri”. “À ce jour, le 115 n’offre aucune solution pour 90 % des appels reçus malgré l’ouverture des haltes de nuit, 267 personnes restant quotidiennement sans réponse” sur le département, écrit le SIAO, qui pointe le nombre de nuitées limitées face à l’ampleur de la demande. Mais aussi les conséquences induites par l’absence de prise en charge. De quoi “produire dans les années à venir son lot de malheurs” : “violences, délinquance, traite d’êtres humains et trafics en tout genre”, écrit le SIAO. Ce dernier dit se questionner sur son maintien dans le dispositif et tranchera lors de son prochain conseil d’administration en septembre prochain. Contactée par nos confrères de La Marseillaise, la préfecture n’a pas donné suite.
Dans un autre courrier, envoyé à la mairie de Marseille ainsi qu’à la presse, dont Marsactu a été destinataire, d’autres travailleurs sociaux expriment eux aussi leur mécontentement. “Les collègues en charge du fonctionnement de la plateforme se trouvent pris dans une gestion de pénurie qui contraint à chercher des solutions dans le « classement » des personnes à partir de leur vulnérabilité, lit-on dans un même mail signé par plusieurs salariés notamment de l’Accueil de jour (ADJ) et la Soliha. Les vrais sujets ne sont-ils pas plutôt dans la hausse incongrue des loyers ? les complexités administratives qui rendent l’accès aux ressources insuffisant ? les refus ou ruptures de soins ? les manques de places, voire l’absence de dispositifs d’accueil et d’hébergement proportionnés aux besoins ? les délais d’accès au logement social ? “.
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