Aux Oliviers A, les habitants prisonniers d’un point de deal tout-puissant

Reportage
le 25 Fév 2021
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Checkpoints, fouilles des véhicules, tirs dans l'école et intimidations. Dans cette cité du 13e arrondissement, les résidents subissent une violence quotidienne. Récit de leur vie sous l'étouffoir d'un réseau de stupéfiants qui ne cesse d'étendre son influence.

Deux checkpoints faits d'encombrants filtrent la circulation dans la cité. (Illustration Marsactu / Google streetview - juillet 2020)

Deux checkpoints faits d'encombrants filtrent la circulation dans la cité. (Illustration Marsactu / Google streetview - juillet 2020)

L'enjeu

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, est en visite pour deux jours à Marseille. Il vient annoncer un renfort policier de 300 hommes et aborder la question des réseaux.

Le contexte

Le déplacement ministériel s'inscrit dans le cadre d'une lutte contre les trafics qui a du mal à porter ses fruits. Comme ici, aux Oliviers A, où les habitants vivent entre violence et fatalisme.

Une chicane, puis un checkpoint. La première, dressée au moyen d’une barrière métallique, empiète sur la moitié de la chaussée. Quelques mètres plus loin, le second ferme délibérément la route. C’est un amas d’encombrants divers : palettes, restes de mobiliers, bouts de bois. Et pour le franchir, il faut attendre que le jeune garçon qui […]

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Commentaires

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  1. corsaire vert corsaire vert

    Tous les quartiers sont ainsi sous la coupe des cartels de la drogue ( appelons un chat un chat … plus ou moins discrets .
    -3 em arr près de l’hôpital européen même scénario … passage de voitures de police conduites par des sourds -muets- aveugles qui ne leur font ni chaud ni froid et on comprend la police qui arrête des délinquants, dehors le lendemain en toute liberté de continuer ..
    Entre 19h et 21 h, ballet des voitures qui viennent se ravitailler, et permanence bruyante jusqu’à 1h du matin…. par n’importe quel temps …vous avez dit couvre feu ?
    Darmanin vient faire du tourisme ? son bilan carbone ne sera pas bon !il ferait mieux de cesser de faire semblant !!!
    Marseille est une ville de non droit ( ex- municipalité en exemple ) et ce n’est pas la force qui en viendra à bout .
    Les projets sociaux et éducatifs manquent cruellement et ce sera de longue haleine tant le cancer a métastasé : pas le temps d’un mandat électif …

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  2. BRASILIA8 BRASILIA8

    on comprend mieux pourquoi le ministre préfère parler des menus à la cantine de Lyon plutôt que de la lutte contre contre les trafiquants de drogue

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  3. marseillais marseillais

    excellent article qui donne froid dans le dos, révélatrice d’une situation gravissime et répétée aux 4 coins de la ville.

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  4. TINO TINO

    ce commerce illégal comme tout commerce est régi par la loi de l’offre et de la demande. Pour fonctionner il faut des consommateurs et des vendeurs qui sont les deux bouts du même problème. Ce qui rend, à mon avis, ce grave problème,quasiment impossible à résoudre par la seule répression policière et judiciaire.

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    • BRASILIA8 BRASILIA8

      la consommation de “drogue douce” est dépénalisée donc il ne reste que les vendeurs et les producteurs qui eux sont totalement absents du débat
      d’autre part les vendeurs locaux blanchissent l’argent dans le commerce local ce qui arrange bien les politiques et comme ce sont les habitants des quartiers dits défavorisés qui subissent la loi des dealers comme le montre l’article pourquoi s’attaquer au problème au risque de le déplacer

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  5. Marble madness Marble madness

    Répression oui, mais la société propose quoi après ? Si tous les points de vente sont connus, alors ils sont “nettoyables”. Pourquoi on ne fait pas le ménage ? Parce qu’on a rien à proposer à la place. Certains diront :”oui mais bon, ils vont travailler pour le SMIC qu’ils se fon en une semaine ?”….et bien oui ! S’ils sont obligés, ils le feront.
    Mais la politique de l’autruche est de mise (ça permet de ne rien faire). Bien sur, quelques gesticulations sont effectuées de temps en temps pour montrer aux masses que l’Etat est là.
    Principales victimes : les gens qui habitent ces quartiers et qui vivent normalement, les jeunes qui n’ont pas d’autres alternatives que le deal, les policiers que l’on n’écoute pas…

    La tâche est immense…

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  6. Jacques89 Jacques89

    Merci pour ce « bel » article. Un sujet si rare dans nos médias alors que, s’il y a un domaine qui met en danger la république c’est bien de laisser proliférer les zones de non droit (qu’elles soient urbaines ou industrielles). On a pourtant fait le choix de mettre des flics autour des manifestants plutôt que dans les cités. Faut-il que les caméras changent de place pour que nos gestionnaires de la « sécurité publique » mettent les moyens où il faut les mettre ? Il y aurait pourtant de quoi faire des reportages tous les jours, plutôt que d’attendre un mort pour mobiliser les chaînes d’info.

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  7. Nic Onico Nic Onico

    Cet article me renvoie vers cette chanson de Renaud : “adios zapata” qui est d’ailleurs sur l’album “la belle de mai”

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  8. Brallaisse Brallaisse

    Et oui, mais si vous arrêter tout le monde,les conssessionaires de belles Allemandes,les marchands de montres de luxe,les casinos et les boutiques de luxe à Marseille que vont’ils dire. D’ailleurs j’ai été très surpris de la clientèle Noël dernier faisant la queue devant les boutiques de luxe de la rue Grignan.Etonnant,la prime de Noël sans doute façon chicha

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  9. didier L didier L

    Il y a quelques années, pas dans ce quartier, j’ai entendu sonner à ma porte un dimanche après-midi, il s’agissait de trois policiers de la Bac. Ils m’ont demandé si c’était chez moi qu’il y avait tout ce “vacarme”. Un de mes fils et deux amis répétaient en effet: un guitariste, un piano et une basse. C’était 4 heures de l’après-midi, ils jouaient avec un volume de son très raisonnable. Un voisin apparemment s’était plaint. ( J’ai su plus tard que ce voisin avait des contacts privilégiés dans la police).. Connaissant un peu Marseille tout de même je leur ai demandé s’ils n’avaient rien d’autres à faire ce jour là de plus important ( je leur ai indiqué, pas très loin, quelques points de vente, de trafics en tout genre, de violence invisible mais bien réelle etc …) que de venir contrôler trois ados qui faisaient une heure ou deux de musique un dimanche après-midi. J’étais un peu. agacé quand même. Bien sûr, ils l’ont mal pris. L’un m’a dit ” si vous le prenez comme ça cela risque de mal finir”.. L’un des trois a calmé le jeu et ils sont partis. En lisant votre article je repense à cette scène et m’interroge : sur l’efficacité des rouages policiers dans ce pays.. Le maintien de l’ordre c’est quoi ? Tirer à la grenade sur des manifestants, matraquer des jeunes femmes à terre ou préserver la paix dans des quartiers abandonnés où 90% de la population n’aspire qu’à une vie ” apaisée”.

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    • Jacques89 Jacques89

      Eh oui Didier, les flics ont des « ordres » et quand on met le doigt dessus les réactions sont violentes. J’ai bossé dans une ville « ZEP » et les gendarmes avaient pour consigne de « laisser faire ». L’économie souterraine de la drogue permettait d’acheter la paix sociale. Ça n’a pas changé. Pas étonnant que nos « gardiens de la paix » expriment toutes leurs rancœurs pendant les manifs. Un transfert qui relève plus de la psychiatrie que d’une simple formation.

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  10. Andre Andre

    Bel article et un constat d’échec sur les politiques publiques menées depuis… vingt ans, trente ans? Car ces problèmes sont connus, analysés, denoncés, détaillées, de comités en commissions, depuis longtemps. Cela a été dit.
    Aux Oliviers A, il y a dix ans dejà, on mettait le feu au centre d’animation qui représenteait alors la seule présence publique dans ce quartier .
    Échec? Peut être pas. Car pour qu’il y ait échec, encore faut il qu’il y ait tentative véritable de résolution.
    Ces trafics arrangent finalement beaucoup de monde car ils représentent une forme d’alternative dans une situation de chômage, de faiblesse des salaires, de dérive du système éducatif et d’isolats sociaux et culturels (ce que certains appellent séparatisme) qu’on a acceptés quand on ne les a pas niés. Je n’oublierai pas parmi les bénéficiaires, et cela a été dit aussi, les concessionnaires de bagnoles de luxe et les tenanciers de casinos comme celui de La Ciotat qui s’est considérablement agrandi il y a trois ans.
    Et tant pis pour les populations captives de ces cités pourries.
    Enfin, que dire de la clientèle qui alimente ce trafic, très grassement vus les profits évoqués Qui est elle, d’où vient elle? Pas de ces quartiers en tout cas. Et sans chalandise, pas de commerce. Je crois qu’on n’évoque pas assez cet aspect du problème, n’en déplaise aux bobos branchés du centre ville et d’ailleurs.
    Nous faisons tous le même constat. Et après ?….

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  11. GENIA GENIA

    Très bon article et rarement décrit avec autant de réalisme.
    Ces lieux de stockage d’immigration non choisie mais juste supportée de force par les autres communautés, depuis le flot incessant s’installant sur notre territoire, depuis un demi-siècle …..
    Comme on peut dire d’un verre à moitié plein (des malheureux victimes que l’on doit aider) d’un verre à moitié vide (ne manifestant que leurs vices, incapables de s’intégrer), perso, je constate l’augmentation constante du coût et de la nuisance qu’ils font supporter au reste de la population. L’évolution naturelle de ces groupes est celle constatée dans les pays d’Amérique du Sud avec le poids des cartels, plus de meurtres, d’enlèvements, de tortures, de corruptions ….. un niveau de violence devenu impossible à réguler où les autorités sont sous le joug des gangs et plus personnes ne peut échapper aux conséquences….

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  12. SudOfMe SudOfMe

    La gangrène

    Bel énième article sur une situation bien connue. Au mot « échec », je choisirais plutôt au le mot « gangrène » : les victimes ne sont uniquement celles du territoire local, mais bien toute la société. Avec la gangrène, la pourriture s’étend et finira par tuer la société. Plus le temps passe, plus le coût pour résoudre le problème – si un jour une « autorité » en capacité de le faire le décidait- sera élevé.

    La semaine dernière, devant le Sofitel du Pharo, à l’heure du couvre feu « théorique », j’ai vu probablement une centaine de gendarmes (peut-être plus?) dans des dizaines de camions et de véhicules, protéger une équipe de foot.

    La gangrène …

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  13. SudOfMe SudOfMe

    Je me pose depuis longtemps une question pour le versant répressif : quid du renseignement type anti terrorisme ou contre espionnage ? Avec des moyens humains et technique, n’est-il pas possible en quelques mois d’identifier toutes les personnes et tous les circuits du trafic dans une cité à 80 000 € de CA par jour ? Puis de “neutraliser” tout le monde du “patron” et financier aux choufs ?

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    • corsaire vert corsaire vert

      utopie !

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