Destructions de contrefaçons sous un soleil de plomb
Bienvenue dans ce billet de blog du 4eme jour de stage chez Marsactu. Aujourd'hui nous traiterons des destructions des saisies sur le Marché du Soleil auxquelles étaient conviée la presse. Bonne lecture sur le site de Marsactu.
Ce jeudi 18 juin se tenait à 9 heures la destruction d’un échantillon des saisies du Marché du Soleil devant les journalistes. L’évènement se déroulait à la caserne des douanes de Marseille. Sur les lieux étaient présents Corinne Simon, préfète déléguée de police, et le procureur de Marseille Nicolas Bessone. Nous verrons dans cette article quel est le contexte de cette destruction, comment elle s’est déroulée et enfin que deviendront les saisies.
une fermeture de six mois
En juin 2025 était promulguée la loi narcotrafic afin d’aider la France à sortir du piège que constitue celui-ci. Cette loi a permis en février dernier au tribunal de Marseille de faire fermer le Marché du Soleil, repaire des produits de contrefaçons, pendant une durée de six mois. Lorsque le marché rouvrira en août prochain, la loi narcotrafic permet au tribunal de faire fermer les lieux une seconde et dernière fois. Pour la préfète, la fermeture du marché “est une très belle réussite” car depuis son ouverture, “il s’est modifié d’année en année pour devenir un marché de contrefaçons à ciel ouvert”.
Démonstration de destructions des saisies
Après que notre identité ait était contrôlée, nous avons pu accéder à la cour de la caserne. On pouvait y retrouver un camion avec une broyeuse et devant l’engin, des tables recouvertes de marchandises de contrefaçon, ainsi que des cartons remplis de chaussures ou de claquettes toujours de contrefaçon. Le procureur nous éclaire en nous précisant que cela ne représente que deux palettes sur les quelque 350 saisies. Corinne Simon expliquera plus tard qu’en l’espace de cinq jours, c’est près de 206 000 articles qui ont été saisis pour une valeur totale de 42 millions d’euros. Et il nous “laisse faire le calcul” pour savoir combien de produits et la somme d’euros qu’ils représentent ont été vendus durant les quarante années d’existence du Marché du Soleil.
Une fois que les journalistes ont pu prendre les photos des objets exposés, Corinne Simon et Nicolas Bessone procèdent à une destruction symbolique de deux vêtements à l’aide d’une paire de ciseaux. Puis, comme tout ne peut pas être fait à la main, le reste des objets sont jetés dans l’immense broyeur pour ressortir sous forme de copeaux tassés en pavé. Pour savoir ce que deviendraient ces débris, j’ai posé la question à madame Corinne Simon, qui m’a répondu que les saisies du Marché du Soleil allaient être incinérées. Mais que celles des prochaines interventions, car elle pense qu’il y en aura bien d’autres, seront triées et recyclées afin d’entrer dans un cercle plus vertueux et respectueux de l’environnement. Les machines à coudre confisquées aux vendeurs seront quant à elles transférées dans un centre pénitentiaire où elles serviront à faire travailler les détenus et les aider à se réinsérer dans la vie sociale sans que l’État français ait particulièrement besoin d’investir dans du matériel.
La contrefaçon, un fléau aux nombreux défauts
Corinne Simon explique que depuis les années 2010, une nouvelle technique de production de contrefaçons s’est développée : l’assemblage. Cette méthode est simple : les vendeurs font importer un produit d’une part, par exemple des doudounes, et les étiquettes d’autre part, puis cousent les deux ensemble. Mais si aujourd’hui les tribunaux font autant la guerre aux produits de contrefaçon, ce n’est pas uniquement parce qu’ils portent préjudice aux marques qui en sont victimes, comme Louis Vuitton, Dior ou encore Chanel. En effet, derrière ces lunettes et sacoches aux airs inoffensifs se cache une triste vérité. En réalité, ces produits ne répondent souvent pas aux normes françaises et européennes. Par exemple, la préfète le rappelle, les produits sont parfois inflammables ou encore trop chargés en plomb, une substance nocive pour l’homme qui peut causer entre autres des encéphalopathies ou encore des neuropathies. De plus, cette marchandise est presque exclusivement importée en France depuis le continent asiatique ou de Turquie. La préfète déléguée de police évoque également “le bilan carbone désastreux” que causent la production et l’importation de ces produits de contrefaçon.
un ressenti assez spéciale…
Découvrir la cour de la caserne des douanes me rendait assez curieux, sentiment amplifié par l’étal de produits exposé devant nous. Malgré toute cette excitation quand la préfète déléguée de police a annoncé garder les machines à coudre pour faire travailler les détenus, cela m’a fait me poser une question : “est-ce vraiment éthique d’utiliser des biens confisqués à des gens qui ont tout perdu pour faire travailler des prisonniers sans dépenser d’argent ?” Malheureusement, là où des personnes pensent à l’éthique, d’autres pensent à l’économie. En bref, même si cette destruction mène à se poser des questions, je garde un souvenir positif de cette journée qui m’a permis de faire des découvertes et des rencontres.
Sous un soleil de plomb
En résumé, c’est sous un soleil de plomb que la préfète ainsi que le procureur nous ont présenté les risques d’acheter de la contrefaçon. Ils se sont par ailleurs réjouis de la réussite de la fermeture du marché et ont procédé à la destruction de l’équivalent de deux palettes de saisies sur les 352. Toutes les autres seront détruites dans un centre de destruction massive. Je vous dis à bientôt pour le prochain billet de blog.
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