Zones franches urbaines : au-delà du lobbying
Des élus marseillais, gauche et droite confondue, qui se mobilisent – certes dans un cadre national mais avec pour épicentre Marseille – pour défendre les moyens alloués par l’Etat aux quartiers défavorisés de la ville : ce qui s’est passé lundi est assez rare pour être souligné (vivement la même sur les crédits transports). Avec une quarantaine de collectivités de l’Hexagone qui accueillent des zones franches urbaines (ZFU), le maire Jean-Claude Gaudin (UMP) et le président de la communauté urbaine Eugène Caselli (PS) ont signé une déclaration commune appelant notamment à la prolongation de ce dispositif. Appelé à s’éteindre le 31 décembre 2011, il consiste à accorder des avantages fiscaux aux entreprises (sous conditions, notamment de taille et d’emploi local) qui s’installent dans l’une de ces 100 ZFU (dont deux à Marseille : Nord Littoral, créée en 1997, et 14e/15e Sud créée en 2004).
Boom économique
Marseille qui marque le point de départ d’« un tour de France », Gaudin promettant pour sa part des interventions auprès de François Fillon et d’Alain Juppé, qui était premier ministre lorsque – alors ministre de la Ville – il a lancé les ZFU en 1997. En attendant, à la station Alexandre, ancienne gare signée Gustave Eiffel qui accueille désormais entreprises, brasserie et événements culturels, Caselli, tout comme Gaudin et son premier adjoint Roland Blum, ainsi que Jean-Luc Blanc, vice-président de la chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence ont récité les mêmes chiffres : 3800 entreprises (+150% depuis 1997) et 13 000 emplois créés (+129%).
Constat politique partagé encore lorsque Eugène Caselli estime que le « bonus fiscal » pour l’Etat de la fin des exonérations « commencerait par imposer un malus social à des quartiers qui n’en ont pas besoin » et que Roland Blum souligne que « les recettes économiques et sociales dépassent largement le coût fiscal ». Adjoint PS à la . . .
Le bilan des zones franches est loin d’être convainquant. Elles coûtent finalement cher à la collectivité pour une efficacité limitée. Elles n’ont pas uniquement entraîné des créations d’emplois, mais aussi des relocalisations. Et surtout, le coût de 30 000 euros pour des emplois somme toute peu qualifiés, pose une question majeure : les 400 M€ qu’elles ont coûté à Marseille aux contribuable, n’auraient-elles pas permis de créer plus d’emplois, plus qualifiés, par une autre mesure publique.
Voir ces deux excellentes analyses :
http://boulesteix.blog.lemonde.fr/2010/11/24/zfu-rester-lucides/
et
http://boulesteix.blog.lemonde.fr/2010/07/01/zones-franches-soyons-francs/
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Simple remarque d’économiste que je suis : la façon la plus efficace de créer des emplois peu qualifiés aujourd’hui est de créer des emplois qualifiés ! Si on crée un emploi non qualifié, on fait vivre une personne. Quand on crée un emploi d’ingénieur, cela induit 4 à 6 emplois. Donc ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre. Les articles que j’ai mentionné indiquent simplement que si l’on avait utilisé une partie des sommes consacrées au ZFU pour des emplois plus qualifiés, l’emploi total créé aurait été supérieur. Je partage ce point de vue qu’en la matière, c’est l’effet de levier qui doit être recherché et que ceci a été occulté.
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