La Ville veut contrôler le local de l’Action française, rue Navarin

Actualité
le 30 Nov 2017
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Pour la première fois, le maire de secteur (LR) des 6e et 8e arrondissements, Yves Moraine, demande le contrôle administratif du local de l'action française rue Navarin. Il demande également au ministre de l'Intérieur de prononcer la dissolution des "groupes extrémistes" qui s'affrontent autour de ce local.

Rue navarin en octobre 2016. Photo : Patrick Gherdoussi/divergence-images.com

Rue navarin en octobre 2016. Photo : Patrick Gherdoussi/divergence-images.com

“Le ministre de l’Intérieur peut envisager la dissolution des groupes politiques violents”. Pour la première fois un élu (LR) de Marseille, Yves Moraine, se prononce clairement pour la dissolution de l’Action française Marseille dont le local est situé rue Navarin, une petite rue du 6e arrondissement, non loin de La Plaine.

Ce mardi, sur les ondes de France Bleu Provence, le maire des 6e et 8e arrondissements s’est posé en défenseur des “vrais gens” en renvoyant dos à dos l’Action française et ses opposants. “Il n’est pas question que les habitants de la rue Navarin continuent à pâtir des agissements de deux groupes qui se réclament pour les uns de l’ultra-droite et pour les autres de l’ultra-gauche et qui viennent se faire leur publicité, leurs poings, leur entraînement physique pour défendre des idéologies odieuses sur le dos des habitants du 6e arrondissement”, déclare le président du groupe LR au conseil municipal. Yves Moraine demande clairement à l’Etat d’intervenir pour mettre fin aux désordres engendrés par la présence de l’Action française dans son secteur (Lire notre article). Il a d’ailleurs écrit au ministre de l’Intérieur en ce sens indique France 3 Provence.

Affrontements et harcèlement

Chaque automne, les militants d’extrême-droite organisent une réunion de rentrée, vécue comme une véritable provocation par les militants anti-fascistes du quartier. Cet automne, la colère est montée d’un cran, la veille de la journée de rentrée du groupuscule royaliste. Une riveraine de la rue avait dénoncé un véritable harcèlement dans les jours qui avait suivi ce rassemblement.

Le dos-à-dos idéologique mis à part, cette sortie fait écho au communiqué du député de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, cible potentielle d’apprentis terroriste de l’ultra-droit, qui avait solennellement demandé au ministère de l’intérieur, au préfet et au maire de “faire fermer ce local et rétablir le climat d’apaisement auquel ont droit les citoyens de cette rue et de ce quartier”.

Au-delà de la question de la dissolution ou du respect des interdictions préfectorales de manifester, Yves Moraine met en avant pour la première fois encore la question du respect des règles de sécurité des locaux de l’Action française : “toutes les administrations peuvent vérifier les locaux et vérifier s’il n’y a pas de violation de la règlementation qui pourrait permettre de fermer ces locaux et offrir un peu de quiétude aux habitants”. Un élément souvent souligné par ses adversaires de gauche.

Contrôles des règles d’établissement accueillant du public

En octobre 2016, l’ancien député socialiste de la circonscription, Patrick Mennucci, avait écrit au maire de Marseille en soulignant la possible absence d’un dossier spécifique aux établissements recevant du public, dit ERP. “Je réclame que soient contrôlées les clauses du bail qui autorisent à recevoir du public dans une salle de réunion, écrivait-il. Le respect des obligations d’accessibilité et de sécurité (…). si tel est le cas, l’existence de l’attestation de conformité déposée en préfecture”. Son courrier était resté sans réponse.

Les évènements de l’automne ont sans doute accéléré le train administratif. L’adjoint en charge des marins-pompiers, Julien Ruas confirme bien avoir été saisi d’une telle demande. “Nous allons organiser une visite de contrôle de ces locaux par la commission de sécurité, confirme-t-il. Ce lieu relève des établissements de 5e catégorie, les plus petits, qui sont rarement contrôlés. Il s’agit le plus souvent de petits commerces avec qui nous sommes dans une démarche de conseil.”

L’élu n’exclut pas une sanction administrative : “Nous pouvons ordonner une fermeture immédiate en cas de réel danger pour les gens qui fréquentent ce lieu”. Reste donc à savoir si la Ville aura une approche pédagogique ou plus cœrcitive envers un local dont la présence entraîne régulièrement des troubles à l’ordre public.

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Commentaires

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  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    L’extrême-droite est en train de se constituer de petits fiefs dans des grandes villes françaises. Après Lyon, où elle s’est implantée en plusieurs endroits dans un quartier tandis que les autorités restaient passives – pour ne pas écrire bienveillantes -, elle s’attaque à Marseille, et maintenant à Strasbourg.

    Dans tous les cas, elle agit selon une logique territoriale : elle cherche à faire régner son “ordre” là où elle est présente. Il est temps de ne plus se laisser faire : seul l’ordre républicain doit régner.

    C’est exceptionnel, mais sur ce point je suis d’accord avec Yves Moraine. Est-ce grave ?

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    • Jovis Jovis

      Sachant qu’il met au même niveau des fachos et leurs opposants, oui. Le dernier à avoir fait ça c’est Trump après les événements de Charlottesville, c’est dire le niveau.

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    • neomars neomars

      L’écharpe aux couleurs bleu et blanc du jeune homme est un pur hasard ou est-ce que des liens sont avérés avec le fanatisme footbalistique entretenu à grands coup de PPP ?

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    • corsaire vert corsaire vert

      non non ce n’est pas grave ! ils ne font et ne disent pas que des c…….s !

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  2. neomars neomars

    L’argument du local non réglementaire fait doucement sourire à Marseille où les stationnement dangereux sont tellement tolérés qu’ils sont quasiment encouragés (en se garant sur une place autorisée et payante on risquerait une amende !)

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    • Bibliothécaire Bibliothécaire

      C’est clair !! 😀 Vous pensez qu’ils ont un formulaire à ce propos ? Peut-être une vieille copie de l’ère Vigouroux ?

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  3. corsaire vert corsaire vert

    il n’y a pas que dans les mosquées que l’on radicalise !

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