Un conseil municipal à l'heure des comptes

À la une
le 2 Oct 2013
9
Un conseil municipal à l'heure des comptes
Un conseil municipal à l'heure des comptes

Un conseil municipal à l'heure des comptes

À une semaine du premier tour des primaires, la majorité municipale aurait pu passer une séance tranquille. Comme en mars, elle n'aurait eu qu'à compter les points entre les six candidats socialistes, le tout assaisonné de quelques piques pour le gouvernement. Mais le maire le sait depuis longtemps : la chambre régionale des comptes (CRC) a mené ces derniers mois son travail de contrôle régulier des collectivités et son rapport définitif ne pouvant pas être rendu public à une date trop proche des municipales, il sera présenté au conseillers municipaux, ce lundi.

Pour l'heure, Jean-Claude Gaudin s'est refusé à commenter les divers éléments pointés par la CRC publiés par divers médias, dont Marsactu. "Le rapport de la chambre régionale des comptes, cela sera pour le prochain conseil municipal", a-t-il répondu en marge de sa traditionnelle visite de la Foire. On y est. Le débat sur ce document d'une centaine de pages – et autant pour la réponse de la mairie – est programmé dès l'ouverture du conseil.

Mais de nombreuses délibérations reviendront par la suite sur les aspects de la politique municipale critiqués par la chambre. D'autres constituent une nouvelle étape d'un dossier déjà évoqué par Marsactu ces précédents mois. Comme en juin, nous avons listé quelques délibérations clé – avec leur numéro indiquant leur place dans l'ordre du jour – qui vous permettront de suivre ce long conseil, diffusé sur le site de la mairie de Marseille et dont nous ferons un suivi en direct sur Marsactu. Autre intérêt : le menu très chargé ne permettra pas forcément des échanges sur tous ces sujets, vous trouverez donc ici un complément sur ce qui sera voté sans trop de bruit.

26, 27 et 28 Le Vélodrome

"Tant que je n'ai pas la subvention de l'État, je ne vous répondrai plus". Interrogé par l'opposition lors de la séance de juin, Jean-Claude Gaudin s'en était tiré par cette pirouette. Il lui sera difficile cette fois-ci de ne pas justifier ses choix et livrer des détails, le financement du stade étant le gros morceau du rapport de la CRC. Au menu du conseil, le Vélodrome ne figure que via le "programme immobilier d'accompagnement" négocié avec le partenaire privé pour éponger une partie du coût des travaux, "775 logements dont 281 logements étudiants et 43 logements seniors, un centre commercial, 12 600 m² de bureaux, un pôle santé et un complexe hôtelier". Les socialistes auront sans doute du mal à faire oublier qu'ils ont voté le projet, même s'ils se plaignent depuis du manque d'information de la municipalité sur le sujet. En revanche, les adjoint au maire ont commencé à faire entendre leur petit musique en défense.

"Même le Pape n'est plus infaillible. La chambre régionale des comptes, oui ?", moquait ainsi l'adjoint aux finances Jean-Louis Tourret, lors du déjeuner de presse préparatoire au conseil municipal, ce vendredi. Viennent ensuite des critiques plus précises sur le travail des magistrats. "Le rapport a été écrit à quatre mains. Il y a donc quatre rapports et cela se sent dans l'écriture et le ton", analyse l'adjoint. Pour lui, le magistrat qui s'est penché sur le contrat de partenariat public privé du stade Vélodrome est donc partial. Ce faisant, il passe un peu vite sur la collégialité de la chambre qui travaille chaque rapport de manière collective et pointe la seule question de l'opportunité qui relève alors de choix politique.

30 Aquarium géant

Pour l'opposition, les derniers conseils municipaux sont l'occasion de faire le bilan de 18 ans de Gaudinisme avant la foire d'empoigne des municipales. Pour la majorité, au contraire, il s'agit d'appuyer sur l'accélérateur en mettant en branle la machine à rêver, appuyée sur des études et autres autorisations de programme. Après l'Aréna, le casino et le téléphérique, voici venu le temps de l'aquarium géant. Cette lubie à bulles pour petits et grands faisait déjà partie des promesses de 2008 sous le paquet cadeau "cité de la mer". Or, l'Etat réfléchit depuis à installer un pôle mer autour du siège de la Direction de recherche d'archéologie sous-marine à l'Estaque. "Le ministère de la cultre pense notamment installer les réserves du Drassm, un peu comme les réserves du Mucem à la Belle de Mai associé à un technopôle grand public", commente le Directeur général des services Jean-Claude Gondard.

En complément, la Ville lance les études du "plus grand aquarium de France" entre le J1 et l'Estaque, à l'image de Gênes dont la façade portuaire accueille ce type d'équipement. Si ces études doivent déterminer l'opérateur, le financement et l'emplacement, la Ville le verrait bien s'installer dans le triangle d'or, à côté du casino…

102 Les forts et les passerelles

Toujours dans le même registre, la municipalité relance l'appel à projets pour l'aménagement du fort d'Entrecasteaux. Cédé par l'Etat, ce fort devait d'abord servir à y installer une reproduction à l'identique de la grotte Cosquer. L'architecte André Stern avait longtemps travaillé à un projet de reconstitution en mettant à profit une galerie creusée par les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale. Mais le projet de 20 millions d'euros n'avait pas trouvé de généreux financeurs, la Ville elle-même se refusant à débourser le moindre centime. Résultat, elle remet le couvert en ouvrant la boîte à idées. "On pourrait imaginer une passerelle qui enjamberait le boulevard Livon pour relier le fort d'Entrecasteaux à Saint-Nicolas et pourquoi pas, même entre le fort Saint-Nicolas et le Fort Saint-Jean", se prend à rêver Jean-Claude Gondard. Bouclant ainsi, par des passerelles, cette merveille de Marseille qu'est le Vieux-Port".

150 Le poste de secours du Frioul

En décembre dernier, Marsactu avait relevé l'ardoise particulièrement lourde des travaux de construction d'un poste de secours sur la plage de Sainte-Estève, au Frioul. La facture de 900 000 euros semblait alors un brin surévalué pour une baraque de pompiers. Las, il manquait un peu de sel à cette facture : "Lors des reprises des murs de soutènement en pierres sèches, des travaux de terrassement supplémentaires ont été indispensables pour stabiliser ces murs", décrit le rapport. Le conseil municipal aura donc à voter une autorisation de programme portée à 960 000 euros. Voilà donc une extension tirée par les cheveux…

155 Nouvelle Unité d'hébergement d'urgence

C'est un peu le testament politique de Michel Bourgat, l'adjoint délégué à la lutte contre l'exclusion qui a annoncé qu'il jetait l'éponge pour les prochaines élections. Avant cela, il remet sur la table les rapports permettant le lancement du chantier d'une nouvelle Unité d'hébergement d'urgence, en remplacement de l'actuelle, très loin des normes minimes d'un accueil humain. Des discussions prolongées avec les services de l'Etat avaient entraîné son ajournement au printemps, le vote des rapports concernés devraient donc relancer le programme conformément à l'avis du maire pour qui "ce dossier doit être engagé de manière irréversible" et ce même s'il n'est pas reconduit dans son fauteuil.

248 et 249 Nouvelle vague de policiers et caméras

Alors que la primaire socialiste donne lieu à une bataille de chiffres sur le renforcement des effectifs de la police municipale, le maire ne manquera pas de souligner qu'il s'est déjà engagé dans cette voie. 100 recrutements supplémentaires seront proposés, comme il l'avait annoncé en mai lors de la remise des galons à la précédente vague.

Le conseil municipal sera aussi invité à valider les marchés de déploiement des caméras de vidéo-surveillance dans tous les arrondissements de la ville. L'extension du réseau est légèrement modifiée par rapport aux 407 implantations que nous avions localisées sur une carte en juillet, puisque viennent notamment s'y ajouter 12 caméras dans le quartier du Merlan. La mairie entend installer un autre lot de 100 caméras en parallèle des chantiers des bus à haut niveau de service et annonce vouloir "poursuivre le maillage du territoire avec l’objectif de 2 000 caméras sur l’ensemble de la ville en 2017". "L'erreur" du ciblage des Roms et gens du voyage pourrait pimenter le débat.

293 Lycée Michelet

Le bras de fer entre la Ville et la Région continue au sujet du lycée Michelet. En avril dernier, cette dernière proposait fièrement un grand projet de réhabilitation de ce lycée du 4e qui accueille temporairement les élèves du lycée Brochier en travaux cette année. La Région voulait en faire un centre de formation sanitaire et sociale qui devait, selon les annonces faites alors, accueillir ses premiers étudiants pour la rentrée 2014. La majorité municipale rêvait quant à elle depuis un moment de récupérer les lieux pour y accueillir des élèves plus jeunes.

Le bail emphytéotique arrivant à terme, la Ville reprend la main en demandant officiellement "à la Région de récupérer les locaux de l’ancien lycée Michelet, propriété de la Ville de Marseille, afin d’y créer un groupe scolaire de 7 classes maternelles, 14 classes primaires ainsi que tous les locaux annexes" selon l’ordre du jour. Nous verrons si les élus régionaux présents, et en particulier Jean-Marc Coppola, le vice-président Front de gauche chargé des lycées, apprécient le passage en force.

Cet article vous est offert par Marsactu
Marsactu est un journal local d'investigation indépendant. Nous n'avons pas de propriétaire milliardaire, pas de publicité ni subvention des collectivités locales. Ce sont nos abonné.e.s qui nous financent.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Anonyme Anonyme

    Un immeuble a 3700 € le mètre carré dans le 13015 rue Allard c’est hallucinant !
    Ce coin, c’est la Zone …
    Surtout, l’article du Monde parle d’immeuble à construire et pas de mise en concurrence d’Eiffage comme c’est d’usage …
    Bizarre, bizarre …

    Signaler
  2. Anonyme Anonyme

    Et le Code des marchés publics pour la construction de l’immeuble Eiffage ?
    À t-il été respecte ? Une petite enquête de Marsactu sur le sujet SVP …

    Signaler
  3. Anonyme Anonyme

    CRC n’a aucun pouvoir coercitif; donc il ne passera rien de concret.

    Signaler
  4. pour_info pour_info

    intéressant effectivement, on attend le sujet dans marsactu?

    Signaler
  5. Anonyme Anonyme

    Dépenser plus, pour endetter plus, cela le maire de Marseille connait bien. Des ouvrages de prestiges et une population modeste qui s’enfonce de plus en plus. A l’UMP on ne sait que parader, rien d’autre.

    Signaler
  6. Anonyme Anonyme

    C’est vrai que l’immeuble Eiffage à 36 millions d’euros a eu du mal à passer. Malgré la bonne argumentation de Patrick Mennucci qui demandait de construire sur un terrain à 200 m propriété de la ville au coût de 1800 € / m2 aucune écoute active de la par de l’adjoint aux finances Jean Louis Tourret qui vocifairait et hurlait comme un potache,où est la démocratie dans ce capharnaüm. Heureusement Mennucci a de la repartie et il a finit son exposé
    Si le projet abouti la mairie devra faire face à ses employés qui refuseront de quitter leurs petites habitudes et confort, pour aller dans un endroit mal famé et laid

    Signaler
  7. Electeur du 8e Electeur du 8e

    M. Gaudin, en dépit de sa faconde, est un autocrate qui ne supporte pas la critique : si des magistrats de la CRC s’avisent de discuter la gestion de “sa” ville, c’est qu’ils sortent de leur rôle et critiquent, non pas la qualité de sa gestion, mais des “choix politiques” !

    Ce discours serait crédible si M. Gaudin était connu pour sa rigueur et si la ville avait des marges de manoeuvre financières. Il n’en est rien. Ce n’est pas seulement par égoïsme ou par bêtise que, tout autour de Marseille, il y a eu tant d’opposition à la création de la métropole : après 18 ans dans le fauteuil de maire, M. Gaudin est entièrement responsable de la mauvaise image de sa ville.

    Mais il continue de penser qu’un beau stade Vélodrome et quelques autres réalisations de prestige permettront de faire oublier aux Marseillais tout ce qui fait défaut au quotidien dans leur ville. “Panem et circenses”, cela suffit pour le bon peuple, aux yeux du prof d’Histoire qu’il est resté.

    Signaler
  8. Anonyme Anonyme

    La calanque de Saint-Estève défigurée par une construction hideuse, probablement illégale (et la loi littorale ?). Une gabegie financière non maîtrisée, qui aura coûté largement plus de 3 fois son coût initial. Un détournement de procédure ; en fait plus de la moitié de la surface sert de buvette, car à Marseille c’est la ville qui construit les paillotes !

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire