Train ou bus : aller à l'aéroport en mode low-cost

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le 17 Août 2012
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"Pour aller à l'aéroport, le mieux c'est de prendre la navette. À la gare routière, au fond à droite", nous indique-t-on au point information SNCF de la gare Saint-Charles. Étonnant. Pourquoi ce monsieur SNCF nous envoie-t-il vers la concurrence ? Il existe pourtant un train, moins cher que la navette, pour se rendre à l'aéroport de Marignane…

Sur ses conseils, nous nous acheminons vers la gare routière dans le but de tester cette fameuse navette mise en place par le Conseil général. C'est assez mal indiqué, mais on finit par trouver "au fond à droite, après Micromania". Aux guichets, une file d'attente spéciale lui est réservée. Il est 14h40, il y a une petite queue, dix personnes, ça va vite. Tarifs ? 8 euros aller, 12,80 euros aller-retour. Pour 50 centimes de plus on aurait pu avoir un ticket de métro en plus de notre billet. Mais on ne nous l'a pas proposé. 

Dix minutes plus tard – les départs sont toutes les 15 minutes – nous décollons pour l'aéroport. Rien à signaler, tout va bien on est même à l'heure : 25 minutes pour atteindre le MP2, le terminal low-cost. Evidemment, il n'y avait pas d'embouteillages. 

Pour prendre la navette retour, c'est une autre affaire. Le plus dur : comprendre qu'il faut se rendre au terminal MP1 pour acheter les billets. C'est horriblement mal signalé : un panneau indique un point info qui n'existe pas et un petit bonhomme qui marche sur la droite (mais ne parle pas) pour prendre le bus. Quand on est low-cost, on est low-cost jusqu'au bout…

Pour se rendre au MP1 c'est autour de 5 minutes à pied et de 2 minutes avec le bus "Chèque parking", que nous avons pris par hasard. Ce bus achemine gratuitement les voyageurs depuis les parkings vers les terminaux. Bon à savoir, il n'y pas si cher de laisser sa voiture à l'aéroport : pour un stationnement de 2 à 16 jours dans le parking le plus éloigné (10 minutes à pied), c'est 20 euros en basse saison, 30 en haute saison. D'ailleurs, à vue d'oeil, les parkings ont l'air bien plein.

Au retour, même ponctualité. Tout le monde a l'air content : 

La gare Vitrolles Aéroport, la belle inconnue 

"Le train est un moyen encore nettement inconnu pour se rendre à l'aéroport", affirme Jean-Yves Petit, vice-président chargé des transports au conseil régional. "Le problème ce n'est pas le service, qui marche très bien, c'est le manque de communication autour", ajoute-il.

Et il a raison. Comme pour la navette, nous avons fait un aller-retour test. "On voudrait des billets pour aller à l'aéroport", demande-t-on au guichet SNCF.  "Je vous vends le billet jusqu'à la gare de Vitrolles aéroport, après il faudra acheter un ticket dans le bus qui vous amène aux terminaux", nous assure le vendeur. Information fausse : dans le bus, on ne vend pas de ticket. En revanche, on peut directement acheter un billet SNCF qui comprend à la fois le train et le bus. 5 euros 20 tout compris, pas cher. Mais bon, puisque on était sympa et qu'il ne vend donc pas de ticket, le chauffeur de bus nous a laissés monter. À renouveler si vous voulez économiser 50 centimes.

Deuxième difficulté : comprendre qu'il faut prendre le train Avignon/Valence/Lyon pour aller à Vitrolles. Nous avons dû nous repérer par rapport au numéro et à l'heure de départ. Une fois dans le train, c'est presque instantané : 15 minutes de trajet, juste le temps de discuter avec Stéphanie (voir vidéo plus bas) qui nous explique son choix.

Arrivés en gare, un bus nous attend. "Pour chaque train, il y a une navette", affirme Jean-Yves Petit. Cinq minutes après, nous voilà au MP2. C'est à nouveau la galère pour trouver le moyen d'acheter le billet retour. Direction MP1, rebelotte. On finit par trouver deux bornes SNCF, cachées derrière les guichets pour la navette du conseil général. Malheureusement, il n'y a pas d'agent. 

Si on sait qu'il faut aller à la gare de Vitrolles aéroport pour prendre le train, c'est très simple : il y a des navettes toutes les 5 minutes. Si on ne le sait pas, c'est impossible à comprendre. Dommage, car on peut gagner du temps et de l'argent en court-circuitant Marseille Saint-Charles, "notamment si on se rend en Languedoc-Roussillon vers Montpellier ou dans la vallée du Rhône vers Avignon (voir vidéo)", précise Jean-Yves Petit. 

+ 20 % de fréquentation 

Malgré son prix élevé, la navette reste le moyen le plus utilisé pour se rendre à l'aéroport. En effet, elle transporte environ 2200 usagers par jour, contre 1500 pour le train. Et cela n'est pas uniquement dû à une meilleure communication : au départ de Marseille, la navette assure 40 trajets par jour entre 4h30 et 23h55, contre 30 entre 5h58 et 20h48 pour le train en semaine durant la période estivale. 

Ces deux moyens de transport ont connu une augmentation de 20% de leur fréquentation chacun en un an selon des mesures effectuées début 2012. Une hausse de la demande qui donne des idées à nos responsables politiques. "Il faut améliorer la signalétique dans les gares", déclare spontanément Jean-Yves Petit. Il ajoute : "On travaille aussi à la réouverture de la ligne entre Aix et l'aéroport via Rognac. On veut connecter la zone des Milles à l'aéroport. Tout ça serait intéressant autant pour les gens qui travaillent à Eurocopter [ndlr, entreprise basée juste à côté de l'aérogare], que pour ceux qui prennent l'avion."

Du côté du conseil général, André Guinde, vice-président chargé des transports, affirme qu'on travaille à "l'intéropérabilité entre les titres de transports". "On va profiter de l'année capitale de la culture pour mettre en place un titre de transport unique entre la navette aéroport et le métro, le tram ou le bus. Si ça fonctionne, on installera ce système sur le long terme", explique-t-il. À terme, mais à très long terme, il aimerait aussi installer une ligne en site propre et pourquoi pas baisser le tarif à l'unité "si la fréquentation continue à augmenter"

Sinon, on peut toujours prendre un taxi :

Evidemment, dans la vraie vie, le chauffeur a un permis et compte bien le garder. Le trajet depuis le centre de Marseille dure donc au minimum 20 minutes. Solution la plus rapide, le taxi est aussi, et de très loin, la plus chère. Avec les bagages, il faut compter autour de 50 euros s'il ne choisit pas le détour touristique par l'Estaque. Nous, on n'a pas testé, on veut pas couler la boîte. Au tarif annoncé, ça fait tout de même deux fois plus cher que certains billets Ryanair ou Easyjet. Mais le low-cost, c'est mal.

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