Suspendue, la directrice de cabinet de Lisette Narducci obtient sa réintégration en justice

Info Marsactu
Jean-Marie Leforestier
5 Juil 2019 3

Le tribunal administratif de Marseille a suspendu la sanction écartant pendant six mois Michelle Azoulay de la mairie des 2e et 3e arrondissements. Pour la justice, il existe "un doute sérieux" quant à "la loyauté de l'enquête".

L'entrée de la salle d'audience du tribunal administratif de Marseille

L'entrée de la salle d'audience du tribunal administratif de Marseille

À la sortie du tribunal administratif, Michelle Azoulay n’avait pu retenir ses larmes. La directrice de cabinet de Lisette Narducci conteste vivement les accusations de harcèlement moral dont elle fait l’objet de la part de dix-sept agents de la Ville de Marseille. Elle vient d’obtenir une victoire devant le tribunal administratif. Celui-ci a levé la suspension qui depuis le 4 mai lui interdisait de travailler à la mairie des 2e et 3e arrondissements, la privant de toute rémunération.

Une enquête administrative achevée en septembre par l’inspection générale des services de la mairie centrale avait conclu à une « maltraitance morale » selon un compte-rendu de la direction des ressources humaines de la Ville que Marsactu a pu consulter. Ce service de la Ville de Marseille avait recueilli les témoignages de 17 agents attestant « avoir subi des comportements violents, agressifs, insultants, harcelants, humiliants, menaçants et injurieux ».

6 mois de suspension sans salaire

Le 28 février, un conseil de discipline présidé par une magistrate du tribunal administratif où siègent à parité des élus et des représentants des salariés avait recommandé à son encontre une exclusion de dix mois. Quelques semaines plus tard, Jean-Claude Gaudin, à qui incombait la décision finale, avait ramené la sanction à six mois.

L’ordonnance rendue par le tribunal administratif de Marseille ce jour est venu casser la mécanique de sanction de la Ville. Saisi en référé, celui-ci estime que « le moyen tiré du caractère déloyal du comportement de la commune à l’égard de Mme Azoulay et le moyen tiré de l’inexistence des faits ayant conduit à la sanction en cause, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige ». À l’audience le 2 juillet, une vingtaine d’agents avaient assisté aux échanges et soutenu Michelle Azoulay. À la barre, la maire de secteur Lisette Narducci lui avait signifié son soutien comparant à une « cabale » l’enquête administrative menée par la Ville, alors qu’elle vient de se désolidariser de la majorité municipale à laquelle elle s’était alliée dans l’entre deux tours des municipales 2014.

« La Ville n’a retenu que les témoignages à charge »

Le tribunal est allé dans ce sens et a retenu les arguments développés par l’avocate Shirley Leturcq en défense de Michelle Azoulay. « Le besoin de justice était fort, nous sommes très heureux de la décision, commente-t-elle. La mairie de Marseille n’a pas tenu compte des nombreux agents qui témoignent en faveur de Michelle Azoulay. Une enquête administrative doit vraiment être faite de manière loyale. Ce sont des accusations trop graves. Elles ne doivent pas être prises dans un seul sens en ne retenant que les témoignages à charge ».

L’ordonnance laisse une semaine à la Ville de Marseille pour réintégrer Michelle Azoulay à son poste. Une décision que la mairie, apprend-on de bonne source, devrait appliquer tout en prenant soin de ménager les fonctionnaires qui se disent victimes du comportement de la directrice de cabinet. La mairie va dans le même temps se pourvoir en Conseil d’État : « C’est faire injure aux dix-sept agents qui ont livré des témoignages concordants, estime Gilbert Sindres, l’avocat de la Ville de Marseille. À nos yeux, les faits sont constitués. » Ce dernier espère un audiencement à la rentrée. Dans le même temps, une enquête préliminaire pour harcèlement est toujours ouverte sous la direction du parquet de Marseille.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE SPECIALE – 2 MOIS pour 2€

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.


A la une

Soutenue par Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal espère éviter la « guerre des droites »
Le secret de polichinelle n'en est plus un. Après plusieurs mois de faux suspens, Martine Vassal a annoncé sa candidature aux élections municipales, vendredi...
L’étrange évacuation des habitants du 36 rue Curiol
"La Fondation Abbé-Pierre aimerait avoir des explications de Marseille Habitat sur le cadre légal de l'expulsion du 36 rue Curiol." En quelques mots mesurés,...
Plombé par un chantier coûteux, Artplexe délaisse l’art et l’essai pour le cinéma commercial
Il est le cinéma censé amorcer le renouveau de la Canebière. Artplexe, dont les travaux font face au kiosque des Mobiles, s'écarte soudainement de...
Putsch et contre-putsch à l’UDE : lutte fratricide dans le parti de Madrolle et Bennahmias
Tempête dans un micro-parti. Alors que la semaine dernière, Christophe Madrolle annonçait son intention de se présenter aux municipales à Marseille, les tensions qui...
À Saint-Menet, le terrain de motocross sort discrètement de la piste
Le terrain de motocross de Saint-Menet continue de rater des rapports. Après les protestations des habitants de la Penne-sur-Huveaune, inquiets du bruit que l'activité...
Soutien officiel d’Yvon Berland, un journaliste couvre sa campagne sous pseudo
L'alphabet peut parfois être malheureux. En classant les soutiens à sa candidature aux municipales par ordre alphabétique, Yvon Berland a forcément mis en bonne...

Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire