[Sprint final] Mennucci tient meeting, Carlotti tracte encore

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le 27 Mar 2014
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Dans un meeting, il y a le champ et le contre-champ, la scène et le public. Devant le kiosque à musiques, l'estrade compte une belle brochette de personnalités réunies autour de Patrick Mennucci. Le meeting a pour double thème le refus du Front national et de l'alliance Guérini/Gaudin symbolisée par la présence de Lisette Narducci et de quelques uns de ses colistiers sur la liste de Solange Biaggi dans le 2/3. Le candidat PS a donc convié des syndicalistes de l'UNSA et de la CFDT, le directeur du OFF Stéphane Sarpaux, l'acteur Philippe Caubère, deux têtes de listes socialistes Eugène Caselli et Annie Levy-Mozziconacci et ses alliés communistes et anciens Modem à venir ajouter leurs mots à son combat. Il y a même l'écolo et colistier de Pape Diouf, Olivier Agullo venu pallier l'absence de Sébastien Barles et soutenir le candidat de gauche malgré le mot d'ordre du candidat de Changer la donne. Voilà pour le champ.

Le contrechamp laisse voir une maigre assemblée de quelques centaines de personnes où les drapeaux du parti de gauche et du parti communiste sont plus nombreux que les socialistes. Fâchés depuis la constitution des listes de 2e tour, les écologistes ne sont tout simplement pas venus. "Je trouve même qu'on est trop nombreux par rapport aux places qu'ils nous ont laissées sur leurs listes", glisse un candidat du Front de gauche du premier tour. Mis à part quelques militants des MJS qui agitent des drapeaux aux premiers rangs, la foule s'étiole vite dans la pénombre. Dans le fond, la façade glacée de la mairie des 1/7 reflète la réalité de cette soirée : prévue de longue date comme le point d'orgue de la campagne d'entre deux tours, ce meeting ne trahit rien d'autre qu'une ambiance de sauve-qui-peut. 

Un colistier d'Eugène Caselli qui revient à peine de sa longue journée de tractage le dit tout de go : "On est là pour Mennucci, pour qu'il sauve son secteur". Le candidat de la gauche veut y croire quand il lance en chute de son discours : "J'ai décidé de mener cette bataille jusqu'au bout, et je fais le pari que ce sera nous qui créerons la surprise ce dimanche soir". Il n'empêche : ni Samia Ghali, ni Christophe Masse, ni Garo Hovsepian, ni Karim Zeribi ne sont là pour signifier le rassemblement qui doit permettre de battre la droite et l'extrême droite, mot d'ordre de la soirée. Chacun est resté dans son secteur respectif pour convaincre les électeurs d'empêcher dans les urnes une véritable Berezina pour la gauche marseillaise. Avec, en symbole insupportable la prise de la mairie des 13/14, terre socialiste depuis les années Defferre, par le candidat du Front national Stéphane Ravier.

Pourtant non loin, Marie-Arlette Carlotti n'a pas non plus fait le déplacement jusqu'au Mobiles pour entendre Patrick Mennucci appeler les électeurs à voter sur leurs valeurs : "Je ne demande à personne d'approuver la politique du gouvernement même si personnellement je l'approuve. Je demande à ce que dimanche soir vous votiez pour vos valeurs car c'est notre liste qui les représente". La foule applaudit mais il n'y a là que peu d'électeurs à convaincre.

A la culotte

"Moi, j'ai une élection à gagner et pour cela, il faut aller chercher les électeurs un par un", expliquait la candidate du 4/5 devant une école de l'avenue des Chartreux, à l'heure de sortie des enfants. Une manière d'expliquer par avance son absence au meeting du soir. Face à elle, à quelques mètres à peine, Patrick Padovani et quelques militants UMP distribuent des tracts de Bruno Gilles. Dans ce secteur comme ailleurs, la bataille se fait au pied à pied. L'UMP a devancé de près de 17 points la députée du secteur et même si elle peut bénéficier du report des voix de la communiste Isabelle Pasquet qu'elle a pris sur ses listes et Michèle Rubirola (Changer la donne) qui la soutient, la partie est perdue sans une mobilisation massive des abstentionnistes de gauche.

Patelin, le docteur Padovani n'y croit pas un brin. Il a fait ses calculs et ne voit pas comment la ministre peut l'emporter : "Elle n'aura pas toutes les voix de Diouf. Et nous on récupérera peut-être celles de Robert Bismuth". Le candidat soutenu par le docteur Soubeyrand et proche de Guérini n'est-il pas plutôt de gauche ? Padovani fait la moue. En ses temps de rapprochements entre les listes Gaudin et celle soutenue par l'hôte du bateau bleu.

En tout cas, cela ajoute de la tension à la campagne. Marie-Arlette Carlotti s'agace quand un adversaire tend un tract à une mère de famille sous son nez. "Un peu de respect, reculez!" Les deux camps se marquent à la culotte. On se filme, on se jauge. Les équipes de campagne ont toutes leurs anecdotes sur les intimidations, insultes et impolitesses commises par le camp d'en face. 

Quand une électrice lui parle de "sa grande déception" à propos de la politique du gouvernement, la ministre s'écarte avec elle pour tenter de la convaincre de voter quand même PS. Un autre père de famille l'interpelle : "Je vous connais vous, vous êtes une directrice du conseil général. J'étais venu vous voir, je me souviens". Marie-Arlette Carlotti prend le temps de répondre : "Je ne suis pas tout à fait ce que vous dites. Mais je me souviens vous étiez venu me moi voir pour un emploi et vous ne l'avez pas eu. Mais on ne peut pas promettre des choses comme ça. Ce n'est plus possible". L'homme défend sa cause : "Oui mais en 2012, j'étais allé voter avec 40 personnes. Et après le rendez-vous, il n'y a pas eu de suite. Alors dimanche dernier, je suis resté chez moi". Il finit par se laisser convaincre et assure qu'il mobilisera ses voisins pour aller voter dimanche. Une autre lance, bravache : "Je suis obligée de voter Bruno Gilles, je travaille pour lui".

Une fois les derniers écoliers sortis, l'équipe Carlotti part rejoindre la Blancarde pour tracter à la sortie du métro. Quelques jeunes socialistes sont là aussi pour mobiliser contre le Front national. Très vite, des militants de l'UMP les rejoignent et tractent à leur côté. "Alors vous êtes contents d'être avec Guérini ? Je vous sens gênés aux entournures", leur lance un socialiste. "Pas plus que vous quand vous étiez avec lui", rétorque le militant de droite. Dans le civil, il dit travailler pour Habitat Marseille Provence, le logeur de la Ville. Sa collègue travaille "aux cimetières. Comme ça, personne ne m'embête". Mais, attention, tous deux ont posé des jours de repos pour venir militer pour Bruno Gilles. Joints par téléphone, d'autres militants les rejoignent très vite pour faire masse. Devant l'escalator, la conseillère général Janine Ecochard se moque : "Ils distribuent des tracts Bruno Gilles aux gens qui prennent le métro. Si ça se trouve ils vivent à l'autre bout de Marseille". Elle tient son rang face à l'escalator montant et ne rate pas un passant.

Ceux-ci prennent les tracts, le plus souvent indifférents, ou agacés par les sollicitations. "C'est pas vrai ! Depuis trois jours, ça n'arrête pas, lâchez nous avec vos élections". Rares sont ceux qui s'arrêtent pour écouter les arguments. Comme si les enjeux du scrutin à venir n'avaient que peu d'incidence sur le cours de leur vie. Loin, très loin du cataclysme redouté pour la gauche marseillaise et du sursaut de mobilisation qui lui permettrait encore d'y échapper.

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    C’est la fin pour Menucci,carlotti,caselli and co,l’estoquade sera la chute du 1-7,heureusement pour Menucci qui lui reste son siége de député,car lui qui n’a jamais réellement travaillé,n’aura pas droit aux chomage

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  2. Anonyme Anonyme

    et viard et dutoit et boulesteix et vichnievky ils
    etaient ou ?
    viard dans le luberon ?
    dutoit sur sa croix ?
    boulesteix a carnoux ?
    vicnievsky a paris ? menucci tu merites mieux

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  3. Anonyme Anonyme

    Carlotti “tracte encore” non pas pour les Municipales mais pour les Cantonales de 2015 (et oui, on vote encore dans un an pour la même bande de…).
    Elle se voit (hahahaha) Présidente du CG13, tout comme Pezet, Masse, Cherubini etc.
    Il va y avoir du sport… et nous on n’aime pas ça!

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  4. Loulou Loulou

    Oui d’accord Hollande et le gouvernement sont impopulaires mais quand même…réélire un maire aussi peu dynamique pour sa ville, avec un bilan aussi maigre, en place depuis…20ans! Avec un “programme” et des projets…vagues (ex: il évoque avant le 1er tour une “biennale d’art contemporain”…juste parce que ça devient une norme, dans l’animation et le commerce. Je n’ai rien contre l’art C mais rien de plus novateur?! de plus singulier?! Vraiment?!)
    Je ne comprends pas les marseillais dont je suis. Quand on voit l’état de la ville en termes de propreté (hier encore, je marche sur le Prado, un papier à la main, à la recherche d’une poubelle…le papier a fini dans ma poche)en termes de circulation, d’insécurité, d’offre culturelle médiocre, de délabrement des équipements publics (ah les piscines de Marseille…)etc.
    Et on va en reprendre pour 6 ans?!
    Déprimant

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  5. piqueboufigue piqueboufigue

    c est normal,viard boulteix ,vivicnky ils ne sont pas marseillais,ils voulaient tout simplement avoir un poste d elu et se gaver,les marseillais les on renvoyer chez eux et surtout ne plus les voir,monsieur viard ne pprend pas le bus quai de s belges,arret sans abri,ah mais l ombriere minable est la,pauvre Marseille,j espere que mr gaudin va la demolir.au frais de viard bien sur.

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  6. piqueboufigue piqueboufigue

    c est normal,viard boulteix ,vivicnky ils ne sont pas marseillais,ils voulaient tout simplement avoir un poste d elu et se gaver,les marseillais les on renvoyer chez eux et surtout ne plus les voir,monsieur viard ne pprend pas le bus quai de s belges,arret sans abri,ah mais l ombriere minable est la,pauvre Marseille,j espere que mr gaudin va la demolir.au frais de viard bien sur.

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  7. Mic du 5eme Mic du 5eme

    A gauche ou a droite, aller voter (à 40) pour avoir un emploi,
    même si je peux comprendre le désespoir du monsieur qui est au chomage,
    ce sont des pratiques qui tuent le débat politique,
    et avoir comme seuls militants ceux à qui tu as donné un emploi et qui se sentent obligés de poser des jours pour ta campagne, c’est cela qu’il faut définitivement arrêer

    Pour les élections de 2015,
    j’espère de la gauche des candidtas neufs !
    pour ceux qui ont l’âge de la retraite, qu’ils militent, ok, mais derrière des têtes neuves !

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  8. Le Faux Fernandel Le Faux Fernandel

    “This is the end”…Mennucci annonce qu il se mettra en congés du PS si le parti n exclut pas dans les semaines qui viennent Guerini.

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  9. AMER AMER

    Robert Bismuth, le frère de Paul? donc de Nicolas Sarkozy himself?
    sûr qu’il ne doit pas être très à gauche, celui-là!

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  10. Simon L Simon L

    Au secours dr Freud. Soit Mennucci est schizo soit il prend les électeurs pour des truffes en disant : ” Je ne demande à personne d’approuver la politique du gouvernement même si personnellement je l’approuve. Je demande à ce que dimanche soir vous votiez pour vos valeurs car c’est notre liste qui les représente”. Il approuve la politique du gouvernement qu’il l’assume, mais demander de voter pour lui à ceux qui ne l’approuve pas … c’est quand même fort.
    De quelles valeurs parle-t-il ? Celles de Valls et son disco
    urs sur les roms, celle de Hollande et ses retournements de veste ” je n’aime pas les riches ” … “moi président”, ne pas tenir ses promesses est-ce une valeur ? prendre pour ministre du budget un type qui planque sont argent en Suisse et dire ” je ne savais pas”, est-ce une valeur ?
    Les méthodes utilisées par les politiques sont à bout de souffle. Le coup des valeurs, de la peur du FN pour faire perdurer le système, ne marche plus. A qui la faute ? Pas aux électeurs. PS et UMP sont grillés car pas assez rapide sur le cumul des mandats, la réforme des institutions, la réforme fiscale, celle des retraites comment expliquer les écarts entre les Français en matière de retraite les avantages des uns, les difficultés des autres, un seul régime, même pour les députés aiderait à y voir plus clair … et le mille-feuille 36 000 communes en France, des départements, des Régions, des communauté d’agglo, des métropoles etc… on en parle depuis des décennies et personne n’ose y toucher, les politiques à vouloir préserver leurs mandats pendant que la population se trouve de plus en plus confronté à une réalité difficile ont perdu leur crédibilité. Alors le FN …
    Rassurons-nous le FN aux manettes dans quelques villes va montrer ses limites à ses électeurs … promettre, promettre des emplois, moins de ci, plus de ça c’est pas cela faire de la politique.
    Merkel a su faire alliance avec des socio-démocrates, en Italie ça bouge, l’Espagne se redresse doucement et la France s’enfonce dans les écoutes téléphoniques, les affaires … c’est tard pour parler des valeurs M Mennucci

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  11. Simon L Simon L

    Au secours dr Freud. Soit Mennucci est schizo soit il prend les électeurs pour des truffes en disant : ” Je ne demande à personne d’approuver la politique du gouvernement même si personnellement je l’approuve. Je demande à ce que dimanche soir vous votiez pour vos valeurs car c’est notre liste qui les représente”. Il approuve la politique du gouvernement qu’il l’assume, mais demander de voter pour lui à ceux qui ne l’approuve pas … c’est quand même fort.
    De quelles valeurs parle-t-il ? Celles de Valls et son disco
    urs sur les roms, celle de Hollande et ses retournements de veste ” je n’aime pas les riches ” … “moi président”, ne pas tenir ses promesses est-ce une valeur ? prendre pour ministre du budget un type qui planque sont argent en Suisse et dire ” je ne savais pas”, est-ce une valeur ?
    Les méthodes utilisées par les politiques sont à bout de souffle. Le coup des valeurs, de la peur du FN pour faire perdurer le système, ne marche plus. A qui la faute ? Pas aux électeurs. PS et UMP sont grillés car pas assez rapide sur le cumul des mandats, la réforme des institutions, la réforme fiscale, celle des retraites comment expliquer les écarts entre les Français en matière de retraite les avantages des uns, les difficultés des autres, un seul régime, même pour les députés aiderait à y voir plus clair … et le mille-feuille 36 000 communes en France, des départements, des Régions, des communauté d’agglo, des métropoles etc… on en parle depuis des décennies et personne n’ose y toucher, les politiques à vouloir préserver leurs mandats pendant que la population se trouve de plus en plus confronté à une réalité difficile ont perdu leur crédibilité. Alors le FN …
    Rassurons-nous le FN aux manettes dans quelques villes va montrer ses limites à ses électeurs … promettre, promettre des emplois, moins de ci, plus de ça c’est pas cela faire de la politique.
    Merkel a su faire alliance avec des socio-démocrates, en Italie ça bouge, l’Espagne se redresse doucement et la France s’enfonce dans les écoutes téléphoniques, les affaires … c’est tard pour parler des valeurs M Mennucci

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  12. roc éclair roc éclair

    y’avais dégun ! même Marsactu le dit, faut le faire … et Vischneski elle était ou ? ça y est elle a fuit le bateau, envolée la place de 1er adjoint, finie la caution morale du candidat PS…c’est à pleurer de rire ! le candidat du rassemblement, quelle honte !!!

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  13. Blabla Blabla

    Oui, le départ de Boulesteix est un drame. C’est le seul visionnaire du lot, chercheur de renommée internationale et intègre.
    Reconnaissons lui cette honnêteté de tout abandonner : Paca Investissement où il aurait pu pantoufler, le conseil de daveloppement (peut être métropolitqin où il aurait été incontesté), et bien d’autres responsabilités locales. Chapeau bas !
    Il nous manquera. Sans lui, il n’y aurait pas la métropole.
    Et ils l’ont éliminé ces cons !

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  14. Citoyen de L'Estaque Citoyen de L'Estaque

    Le climat électoral, qui est à la défiance, démontre que les électeurs de gauche voire de la droite modérée ont trouvé la feinte démocratique pour ôter,avec intelligence,l’appareil politique des mains,trop nombreuses,de celles ou ceux qui l’ont détourné de sa noble destination…

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  15. Anonyme Anonyme

    Ils sont pitoyables,seuls,tristounets,

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  16. Anonyme Anonyme

    Allez Arlette !! t’es la meilleure (c’est pas bien difficile quand on voit ce que disent et comment agissent ceux d’en face). Malheureusement j’habite le 13/14 et je ne peux pas en dire autant de ton homologue Hosvepian… j’irai tout de même voter pour lui malgré sa position anti-mariage gay qui m’est restée de travers

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