Recours aux travailleurs détachés : "Tout le monde est responsable"

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le 11 Déc 2013
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"C'est devenu une passion pour moi". Conscient des erreurs passées de sa profession et des menaces qui pèsent sur elle, le président de la fédération du BTP 13 Johan Bencivenga a pris le sujet des travailleurs détachés à coeur. Il est d'ailleurs aller porter son message à Bruxelles auprès des instances de l'union européenne.

Depuis 1996, une directive permet à des entreprises européennes de "détacher des salariés" dans un autre pays pour y travailler. Grâce à ce statut, ces travailleurs venus de Pologne, d'Espagne, d'Allemagne ou du Portugal perçoivent le salaire du pays qui les reçoit. En revanche, les employeurs paient les cotisations sociales de leur pays d'origine. Avec, à la clé, une main d'oeuvre payée globalement moins chère. En France, le nombre de travailleurs détachés déclarés dépasse les 140 000 en 2011. Le secteur du BTP est particulièrement concerné par ce phénomène : 44% des salariés détachés en France y travaillent. Ces travailleurs détachés sont parfois l'objet de pratiques malhonnêtes avec notamment des doubles fiches de paie et des intermédiaires proposant de la main d'oeuvre à 15 euros de l'heure.

Sous l'impulsion du gouvernement français, inquiet que ce thème vienne alimenter les campagnes des élections municipales et européennes à venir, la commission européenne a dû plancher sur un durcissement des procédures. Cette nouvelle directive adoptée lundi après à la réunion des ministres du travail des vingt-huit pays membres apporte plus de transparence et facilite les contrôles.

En revanche, elle ne remet pas en cause le principe même du détachement de salariés, qui, pour les professionnels du BTP, constitue du dumping social. "C'est un premier pas mais ce n'est pas suffisant", commente Johan Bencivenga. "Tout le monde est responsable, explique-t-il. Le maître d'ouvrage qui a besoin d'un prix adapté à ses propres contraintes budgétaires. L'entreprise qui accepte un prix qui n'est pas raisonnable mais aussi les salariés travaillent dans de telles conditions". En guise de signe de mobilisation de la profession, la fédération du BTP 13 a ainsi rédigé une charte par laquelle les entreprises s'engagent à adopter des conduites responsables en la matière. 

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Commentaires

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  1. Marco13 Marco13

    Tout le monde est responsable ?
    J’aurais dit que les politiques néolibérales étaient à pointer parmi les responsables – et coupables – d’avoir fait naître ces pratiques. Et j’aurais mis le salarié en dernier responsable. Mais je ne suis pas patron.

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  2. Anonyme Anonyme

    La SNCM connaît cette concurrence depuis 20 ans avec Corsica Ferry et ses marins des pays de l Est mais quand la CGT combat et dénonce cette situation on nous réponds “fermez la, c est normal; vous êtes des tueurs d entreprises”. Si ce n était pas aussi grave, ça serait risible.

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  3. Anonyme Anonyme

    En effet les syndicats( pas que la CGT…) qui dénoncent ces pratiques depuis des années sont traités des gauchistes irresponsables par le patronat tout puissant et plus grave par la ” vox populi” prompte à gober le discours ultralibéral .
    Et pourtant il s’agit d’une forme d’esclavagisme moderne qui participe à l’enrichissement d’une minorité et à l’appauvrissement de la multitude de travailleurs déplacés …par nécessité vitale .
    Toujours la même règle du libéralisme : pour que peu puissent gagner beaucoup, il faut que beaucoup perdent .
    Quant à mettre ces pratiques sur le dos de travailleurs acculés à émigrer c’est indigne!
    Qui a inventé cela ? le plombier polonais ? remenber …

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  4. Anonyme Anonyme

    Vous avez besoin d’un travailleur roumain, rien de plus facile : http://www.manworking.fr/contact
    Vous pouvez aussi vous-même créer une filiale en Roumanie pour prêter du personnel à votre entreprise du bâtiment. Si ça s’est fait du côté du grand banditisme marseillais, pourquoi pas vous ? Vous facturez au même prix aux collectivités et vous accroissez votre marge.

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  5. Anonyme (anonyme) Anonyme (anonyme)

    C’est tendance de le milieu des années 2000 ; le mépris et l’autosatisfaction de l’UMPS bobokaviar vis à vis de la classe socio-professionnelle jusque dans ses gènes (robot et assimilée devenue un épouvantail) la plus fragile à qui (quoiqu’il en coûte) l’on reproche des études partielles ou ratées sans autre issue que la voie de garage du btp, de l’industrie… et on tente de faire croire qu’ à force d’efforts ultérieurs en terme de formation il est toujours possible de s’en sortir (voie fatalement dépréciée par l’éducation nationale) ; les démagogues et autres faux-derches imbus (orgueil inouï et magouille du boulot) décrètent la mondialisation (phénomène qui a toujours existé mais aussi terme visant sournoisement à faire culpabiliser les internautes du fait de la potentielle utilisation que l’on puisse avoir du web) pour mieux faire avaler la couleuvre et justifier le nécessaire nivellement parle bas de la société pour son propre intérêt et celui du mirage Europe (incarnant la raison économique des échanges, générosité de ceux qui engrangent, et décident pour ceux qui sont mis au pilori, d’une forme de développement, d’un maintien nécessaire à une dynamique) ! S’il est vrai qu’en Allemagne, on considère qu’il vaille mieux avoir des voisins riches que des voisins (pays d’Europe centrale et orientale) pauvres, il faut également considérer que la classe ouvrière, (confinée et dont la mobilité professionnelle est de plus en plus contrainte si l’on s’en réfère au paroxysme du prix des loyers en région parisienne, taxe sur le carburant ou répression hypocrite par le biais des radars par exemple), faute d’activité, a de moins en moins les moyens de permettre à sa progéniture d’effectuer des études (outre le système de bourses) longues ou éloignées ! Notre pays se veut plus que jamais malthusien, et si la république se définit symboliquement (selon l’énarque françois Hollande, traître à son électorat) par le fait d’envoyer ses gosses à l’école, force est de constater que la méritocratie ne joue plus qu’à un âge de plus en plus précoce !
    La focalisation sur la nécessaire dépréciation de ce que l’on perçoit comme entité « classe ouvrière » ou « prolo » de France est multiple : économique, sociale, lobbyiste (Juan Manuel Barroso, seul préoccupé par les coffres des paradis fiscaux européens) et (ou) internationaliste (compétition au physique, comme pour les animaux, et au porte-monnaie) ; on lui oppose (puisqu’il n’est pas possible de parler d’association, voir le taux de syndicalisation français : environ 8%, soit le plus faible d’Europe loin derrière l’Espagne et le Portugal 19%) des effectifs de travailleurs potentiellement inquantifiable (centaines de milliers de polonais, portugais, roumains… effectifs dignes d’armées, qui pouvaient changer le dessein du pays au XXème siècle) sans évoquer la discrimination positive !

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