Pour lutter contre l’épidémie, le préfet des Bouches-du-Rhône opte pour des ajustements

Décryptage
le 15 Sep 2020
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Ce lundi, le préfet des Bouches-du-Rhône Christophe Mirmand a annoncé les nouvelles mesures visant à lutter contre l'épidémie de Covid-19 dans le département. De l'interdiction de consommer de l'alcool debout à la limitation des visites en Ehpad, ces mesures restent peu contraignantes.

Le semaine dernière, Renaud Muselier, président de région, agitait le chiffon rouge. Dans un communiqué de presse, ce dernier s’opposait vertement à un reconfinement, qu’il assimilait à une décision punitive de la part l’État, si celle-ci venait à être prise. Vendredi, alors que son discours était très attendu, notamment pour connaître le sort réservé à Marseille ville la plus touchée sur le territoire, le premier ministre avait annoncé confier le dossier au préfet. Les nouvelles mesures pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 ont donc fini par être dévoilées lundi par Christophe Mirmand. Le représentant de l’État a commencé par un point sur la situation : le taux d’incidence (le nombre de nouveaux cas en 7 jours) dépasse dans les Bouches-du-Rhône par endroits les 300 pour 100 000 habitants, tandis que la moyenne s’établit à 212. Le département figure ainsi en tête des territoires où “la situation évolue le plus défavorablement”, a analysé le préfet.

“Le taux de positivité [part des tests réalisés dont les résultats sont positifs, ndlr] est de 10,6%, soit au delà de tout qui a été constaté jusqu’à présent. Les services de réanimation sont en très forte tension”, a complété Philippe De Mester le directeur de l’Agence régionale de la santé (ARS). À ses côtés, le directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), le préfet de police des Bouches-du-Rhône et le premier adjoint à la maire de Marseille ont aussi pris la parole.

Face à ce constat “inquiétant”, comme l’a qualifié Benoît Payan, les mesures annoncées par le préfet n’apparaissent pourtant pas en mesure de bouleverser un quotidien déjà contraint. En tout cas, elles sont bien loin de la menace du reconfinement agitée un temps. Censées avoir été mises au point “en concertation avec les acteurs du département”, bien qu’elles semblent similaires à celles mise en place dans d’autres régions, elles seront en vigueur “jusqu’au 1er octobre” mais “amenées à évoluer”. Elles doivent à la fois “concilier la lutte contre l’épidémie et la reprise de la vie quotidienne”, a insisté le préfet. En voici la liste exhaustive.

Masqués dans 17* communes

Le port du masque est désormais obligatoire dans les communes de plus de 10 000 habitants du département où le taux d’incidence est supérieur à 100. Marseille, Allauch, Aubagne, Cassis, la Ciotat… elles sont au nombre de 17 et seront affichées sur le site de la préfecture et de l’ARS. Il s’agit donc là d’un assouplissement par rapport à la situation actuelle qui obligeait le port du masque dans toutes les zones urbanisées du département. La liste pourra évoluer à tout moment, a précisé le préfet et le non respect de cette règle est toujours passible de 135 euros d’amende. Les grands espaces naturels sont exemptés de cette mesure, à l’instar du parc national des Calanques. Pour les autres communes, le port du masque ne sera obligatoire que dans les lieux fréquentés : marchés, commerces, écoles et zone d’attente des transports en commun…

Ce week-end, le préfet a été contraint de retravailler son arrêté sur le port du masque qu’il avait dans un premier temps rendu obligatoire dans “les zones urbanisées ou agglomérées du département”. Le tribunal administratif a en effet jugé vendredi que cette formulation est trop floue.

Moins de visites dans les Ehpad

Les visites dans les maisons de retraite sont désormais limitées, sans pour autant être abolies : pour chaque résident, jusqu’à une visite de deux personnes par jour est autorisée. Pour les personnes âgées à domicile, le dispositif de veille, d’ordinaire enclenché lors des plans canicule va être réactivé.

Serrage de vis dans les bars

La fermeture des bars à minuit et demi est maintenue. Mais la préfecture s’octroie désormais le droit de faire fermer un établissement du jour au lendemain si le non respect des gestes barrière est constaté, sans avertissement préalable. Cela avait par exemple été le cas lors de la fermeture des rooftops des Terrasses du port ou encore du Baou, dont les gérants avaient été alertés à plusieurs reprises en amont.

Autre petite nouveauté, il est désormais interdit de consommer de l’alcool debout dans les établissements pour éviter les attroupements. Les espaces de danse doivent également fermer leurs portes. Bref, à partir de maintenant on s’assoit et on sirote tranquillement son verre à distance des autres clients.

Chicha éteintes

Les “consommations partagées” ne feront également plus partie du quotidien. La préfecture vise ainsi en premier lieu les bars à chicha. Sur ce sujet, la maire de Marseille s’est exprimée dans une interview donnée au journal Le Monde : “J’ai soulevé également la question des bars à chicha, où les risques de transmission, favorisés par la vapeur d’eau, ne sont pas pris en compte. Si quelqu’un veut fumer une chicha tout seul, dehors, c’est possible. Mais à plusieurs et à l’intérieur, c’est dangereux.” Visiblement, Michèle Rubirola a été entendue.

Fin des apéros dans l’espace public

À partir de 20 heures, la consommation d’alcool sur la voie publique devient également prohibée et la vente d’alcool à emporter est interdite. Et pour finir de décourager les adeptes d’apéros en plein air, les rassemblements de plus de 10 personnes “statiques” et la diffusion de musique ne sont plus autorisés dans l’espace public.

Plages et parcs toujours accessibles

Quant aux espaces verts et bords de mer, ils restent accessibles à tous… dans le respect des contraintes précédentes : port du masque et rassemblements limités. Mais le préfet n’exclut pas une fermeture de ces lieux à 20 heures si la situation venait à évoluer dans le mauvais sens ou la mise en place des réglementations particulières.

Annulation de la Foire, des journées du patrimoines et de la fête des voisins

Dans les communes où le taux d’incidence est supérieur à 100, les rassemblements de plus de 1000 personnes sont interdits. Ainsi, la foire internationale de Marseille, les journées du patrimoine ou encore la fête des voisins sont annulées. Tous les événements restants doivent être déclarés en préfecture et accompagnés d’un protocole sanitaire. Les fêtes étudiantes et sorties scolaires sont également interdites.

Augmentation des transports en commun ?

Dans l’idéal, Christophe Mirmand souhaite une augmentation de la fréquence des transports en commun. Mais il ne s’agit là que d’un souhait pour le moment sans réponse. Cette compétence appartient en effet à la métropole, qui n’a pas encore donné suite à cette volonté et dont aucun représentant n’était présent en préfecture.

Encore Un conseil : le télétravail

Quant à la question du télétravail, le préfet y a répondu par une recommandation : “Chaque fois que cela est possible, le télétravail doit être privilégié.” Soit exactement les mots de la ministre du Travail depuis plusieurs mois. Rien de nouveau de ce côté-ci donc.

Comité territorial hebdomadaire

Chaque semaine, un “comité territorial” avec les différents acteurs du territoire se tiendra pour faire un point sur la situation. Sorte de cellule de crise comme s’en sont déjà tenues au printemps, il doit notamment rassembler les représentants des collectivités locales, acteurs économiques ou professionnels de la santé.

*Modifications apportées le 15/09/2020 à 10 heures : 27 et non 17 communes comme nous l’avions écrit sont soumises à l’obligation du port du masque.

*Modification de modification apportée le 16/09/2020 : il s’agissait bien de 17 communes, puisque uniquement celles de plus de 10 000 habitants.

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Commentaires

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  1. Joanna Joanna

    Bonjour,
    des résolutions peu contraignantes? vraiment, vous le pensez? L’assignation de places, le fait de ne plus pouvoir danser, ne plus pouvoir se réunir même en plein air, ne plus pouvoir faire de sortie scolaire? De vous imposer comment boire, comment sortir, comment fumer votre chicha? Vraiment, l’article est super, très clair, mais le titre est sérieusement minimisant par rapport à ce qui est annoncé !!!

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    • Brallaisse Brallaisse

      Je vous suggère un petit séjour en Corée du Nord, ou à Singapour que je connais un peu mieux et vous pourrez prendre conscience du mot liberté.

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    • alinsu alinsu

      En réanimation vous ne pourrez ni danser ni boire. Mais peut-être vous croyez vous invincible, voire immortelle ?

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  2. patrick patrick

    ce qui est réussi dans ce plan c’est qu’à priori cela ne va pas nous changer la vie. on s’habitue vite aux contraintes et aux privations de liberté…

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    • corsaire vert corsaire vert

      savez vous que votre” liberté s’arrête où commence celle des autres” ?
      Votre liberté serait- elle celle de contaminer ou tuer ?
      restez chez vous et contaminez vos proches si cela vous chante mais respectez le droit au autres de rester en bonne santé et de VIVRE …
      Le covid 19 n’est pas une volonté politique ni introduit pour priver les citoyens de liberté mais une catastrophe naturelle devant la quelle nous sommes hélas bien fragiles et exposés .
      Alors SVP n’en rajoutez pas sous prétexte de liberté , notion dont peu de personnes connaissent le sens véritable .

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    • patrick patrick

      corsaire, pouvez-vous nous dire exactement où le masque est obligatoire en extérieur ? pour quel bénéfice ? il y a 600 000 morts / an en france toutes causes confondues, annoncez tous les jours le détail de ces morts et vous aurez une psychose pire que pour la covid. le masque dans les endroits clôt oui. le reste n’est que foutaise.

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  3. Clairof Clairof

    peu contraignantes ?! l’annulation des Journées du patrimoine ? Le Préfet a donc décidé de mettre sur la paille les artistes et autres précaires intellectuels qui, chaque année, font des gâches aux JEP en guidant avec brio les visites de sites et balades urbaines patrimoniales et ainsi équilibrent un peu leur existence financière qui ne tient qu’à un fil. C’est une situation catastrophique qui s’ajoute à celle qui dure depuis 6 mois pour les travailleurs du spectacle. En cette année du pangolin, on aura réussi à faire crever le monde de la culture sans vagues…..Je suis solidaire de toutes ces personnes et très fâchée. Une balade urbaine, ou une visite de site bien organisée avec masques et distances respectées n’a jamais tué personne, c’est incroyable et surtout : c’est encore une fois décidé sans les intéressés, les organisateurs et animateurs de ces journées qui sont pourtant plein de ressources !… Alors oui : attention à bien analyser le dessous des choix du Préfet, merci. CH

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    • Alain M Alain M

      une visite de site bien organisée avec masques et distances respectées ….Ah oui? vous trouvez que c’est comme cela que cela se passe, en général ? Nous ne devons pas vivre dans la même ville. Cela dit, je suis solidaire des intermittents dont vous parlez. Les mesures prises devraient être accompagnées d’un volet de compensations attribuées à ceux à qui on demande un effort. Cela est de commune politique pour les entreprises que l’on couvre de subventions mais qui ne prennent aucun soin de leurs salariés. Mais ce n’est pas en se relâchant que l’on arrivera à s’en sortir. Ce n’est pas: chacun pour sa gueule, les autres , je m’en bats les couilles. Et c’est au nom de ce même principe de solidarité collective dans la lutte contre la pandémie que je pense qu’il faut aider les intermittents et ceux qui subissent les conséquences des mesures collectives. Si c’est vrai pour les entreprises cela doit être valable pour les particuliers.

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Alain M , d’accord avec votre commentaire . Mais s’il vous plaît ne généralisez pas concernant les entreprises . Énormément “prennent soin” de leurs salariés, sinon l’immense majorité.

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  5. RML RML

    Des mesures si peu contraignantes qu elles ne produiront aucun effet…

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  6. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Ces ”modifications” auront elles une fin aussi claire que leurs débuts?
    Pensez à la prolongation de l’état d’urgence comme des vaillants petits soldats du plan Vigipirate.
    Pourquoi les personnes concernées par ces ”modifications” ne sont pas présentes dans les processus de décision…?

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    • Brallaisse Brallaisse

      La Démocratie est aussi une délégation de pouvoir contrôlée par des organes si nécessaire lors de recours (Conseil d’Etat, etc).
      Si effectivement l’on demande à tous le monde son avis nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Ainsi , les joueurs de boules du cercle St Michel se poseront la question des nocturnes, les marchands de chichis de l’Estaque sur la longueur de la file d’attente et ainsi de suite. J’exagère mais à peine.
      Les autorités régionales voulaient êtres partie prenante dans la décision , hurler est une chose agir en est une autre, je suppose que le préfet à consulté les élus, les autorités sanitaires, les représentants des commerçants , les associations. Après chacun peut dire la sienne , mais au bout d’un moment , c’est bon.
      Mais cela est vrai nous avons au moins à Marseille 800 000 experts en sécurité sanitaire. Il y a quand même des décisions évidentes qui sont prises et les refuser et totalement idiot.
      Après chacun peut faire ce qu’il veut , mais il ne faudra pas venir pleurer.

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  7. Violette Artaud Violette Artaud

    Bonjour,
    Le terme “peu contraignant” a été choisi pour deux raisons, qui ne sont effectivement pas développées dans le chapô de l’article.
    La première : ces mesures sont peu contraignantes par rapport à la possibilité d’un re-confinement évoquée il y a quelques jours par, notamment, le président de la région. Ces mesures vont assurément peser et parfois fortement sur certains secteurs économiques, mais (à part pour les apéros) ne devraient pas chambouler du tout au tout la vie quotidienne d’un grand nombre de personnes comme cela fût le cas au printemps.
    La seconde : peu contraignantes au vue des analyses de la situation actuelle faites par les pouvoirs publics (services de réanimation quasiment saturés, circulation active du virus…).

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    • Tarama Tarama

      On pourrait peut-être remettre en question les capacités des dits services de réanimation et plus généralement l’organisation du système de santé Français.

      C’est facile d’accuser l’irresponsabilité de la population, pour essayer de faire oublier qu’il n’y a que 70 places sur Marseille…

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  8. toine toine

    Les mariages, baptêmes et autres grands rassemblements familiaux auraient dû être annulés.

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  9. leb leb

    Pour moi ce qui en ressort c’est, d’une part qu’effectivement ces mesures vont peser sur les structures culturelles, pas seulement avec l’annulation des journées du patrimoine mais aussi avec les sorties de classe interdites. Et d’autre part, quelle est la pertinence de ces mesures: interdire les sorties scolaires à des enfants qui sont tous en contact dans la cour d’école ? annuler la journée de patrimoine quand les gens ont le droit de flâner aux galeries lafayettes et autres galeries marchandes?.. Ce ne sont que des exemples mais le sentiment qui se dégage de ces mesures est un sentiment d’impuissance et d’ignorance. Que faire pour protéger les gens de l’épidémie ? On sent bien que les personnes qui prennent des mesures sont totalement perdues ! Sans doute aussi par manque de courage: il faudrait s’interroger réellement sur un système capitaliste en place, notre façon de consommer et travailler…Au lieu de ça on continue à faire marcher la machine jusqu’à l’absurde et c’est un non sens que nous ressentons.

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  10. Tarama Tarama

    On se retrouve comme au mois de mai. Pas de culture. On a le droit d’aller travailler/consommer par contre.

    Le “peu contraignant” est en effet discutable, sauf à appeler de ses vœux un deuxième confinement, ce qui est peut-être le cas des plus inquiets d’entre nous, qui se manifestent ici.

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    • Brallaisse Brallaisse

      Musées ouverts à Marseille cet été et gratuits , résultats : nibe .
      Nous n’avons ni le Louvre , ni Orsay , mais quand même cette soif de culture aurait dû frissonner . A la sortie mer d’huile.

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    • Tarama Tarama

      C’était plus ou moins ouvert… (Pour avoir testé).
      Et, cela révèle peut-être la pauvreté culturelle locale, ce n’était pas faramineux.

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