Pour gagner les primaires, il fallait un réservoir bien rempli

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le 21 Oct 2013
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Pour gagner les primaires, il fallait un réservoir bien rempli
Pour gagner les primaires, il fallait un réservoir bien rempli

Pour gagner les primaires, il fallait un réservoir bien rempli

3350 voix d’avance pour Mennucci. Dimanche, le second tour des primaires a fait mentir l’adage qui veut que, dans une élection, le candidat arrivé en tête bénéficie d’une dynamique favorable, une sorte de prime au gagnant. Placée en pole position pour le second tour avec environ 1000 voix d’avance, Samia Ghali s’est cependant rapidement retrouvée en situation de challenger. Avec les ralliements successifs de Marie-Arlette Carlotti, Henri Jibrayel et Eugène Caselli, son concurrent disposait d’une marge de progression importante. Engrangeant au total près de 10 000 voix supplémentaires au second tour, il a fait la différence dans la plupart des arrondissements.

primaires_datawrapperDans quelle mesure a-t-il bénéficié des reports de voix des candidats qui se sont rangés derrière lui ? Toute affirmation catégorique sur l’origine des bulletins “Mennucci” de dimanche serait hasardeuse, surtout dans un contexte de hausse de la participation dans de nombreux arrondissements. Mais en terme strictement comptables il pouvait difficilement espérer mieux. Exemple dans les 4e et 5e arrondissements, le secteur de Marie-Arlette Carlotti. En additionnant les suffrages de la ministre, d’Eugène Caselli et Henri Jibrayel, leur candidat pouvait compter sur des bonus respectifs de 712 et 512 voix. Il bonifie son score de 700 et 529 voix, avec une participation totale en très légère hausse (moins de 50 votants supplémentaires).

Regardons y de plus près, avec la carte ci-dessous, qui représente la progression du nombre de voix recueillies par les deux candidats. Les cercles rouges représentent les voix supplémentaires de Patrick Mennucci, les bleus celles de Samia Ghali. Plus ils sont grands, plus le nombre de suffrages gagnés entre deux tours est important.

Lecture de la carte. Dans le 7e, Mennucci dépasse largement Ghali. À l’inverse dans le 15e, qui n’est pas le plus facile à lire, Ghali dépasse très légèrement Mennucci.

Le constat se saisit d’un coup d’oeil : les réserves de Mennucci dans le grand centre-ville et le sud se sont révélées décisives dans son avantage, mais il ne leur doit pas exclusivement sa victoire. Ghali ne refait vraiment son avance initiale que dans les 2 et 3e arrondissements. Dans les 14e et 15e arrondissements, elle réussit le tour de force d’ajouter 510 et 820 voix à son score du 13 octobre, qui avait déjà surpris les observateurs. Mais cela ne lui accorde pas la bouffée d’oxygène espérée (moins de 200 voix), Mennucci progressant fortement dans ces arrondissements.

Enfin, les bureaux de vote du 13e et du 16e font une fois de plus mentir la trop binaire fracture nord/sud qui méconnaît la diversité sociologique et politique de ces quartiers : bien appuyé par Henri Jibrayel et l’absence de consigne de vote de Christophe Masse, le désormais candidat à la mairie y fait quasiment jeu égal avec la sénatrice-maire du 15/16.

Le pari raté de l’Est

En pole position mais challenger par le jeu des alliances, Samia Ghali paye peut-être sa stratégie de victimisation contre Paris. Tout comme elle a insisté sur le dédain pour son électorat accusé de se conformer à un simple vote communautaire qu’aurait exprimé l’entourage de certains candidats. Ce durcissement de sa campagne dans l’entre-deux tours, sensible lors du débat télévisé, a pu souder ses partisans. Voire mobiliser ceux qui se retrouvaient dans le rejet dont elle disait faire l’objet. Mais a tout aussi bien pu rebuter d’autres. Au même titre que l’épisode des minibus ou les attaques frontales contre la politique du gouvernement ressemblant de plus en plus à celles de la droite.

Sur tout cela, les cartes ne donnent aucune certitude. Elles livrent a minima une donnée clé de l’échec de Samia Ghali : son incapacité à convaincre largement dans les 9e, 10e, 11e et 12e arrondissements. Elle réalise quelques bons scores (42% dans le 10e et 45% dans le 11e) dans ces quartiers excentrés, diversifiés en terme de revenus et d’habitat et comptant quelques grands ensembles qu’elle avait placés au coeur de sa dernière semaine de campagne. Mais la participation n’a que peu progressé, quand elle n’a pas reculé. Et c’est encore son concurrent qui enregistre les plus fortes hausses à son compteur de voix.

Dans l’entourage de l’ex-candidate, on préfère souligner qu’elle est arrivée en tête dans 3 des 4 secteurs de gauche de la ville, le dernier étant celui dont Patrick Mennucci est maire. “Elle est donc la candidate des territoires de gauche”, appuie-t-on. Pas suffisant pour prétendre représenter le PS sur les 8 secteurs de Marseille, semble conclure le résultat du scrutin. Mais à l’inverse, Patrick Mennucci ne pourra pas compter sans elle pour espérer l’emporter en mars.

La carte des résultats par arrondissement

Les données complètes par bureau de vote. À vous de jouer.

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Commentaires

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  1. marseillais marseillais

    Mennucci devrait mieux tenir compte de l’excellente mobilisation rencontrée sur des secteurs décisifs comme le 4/5. A trop courir plusieurs lièvres à la fois, il ne pourra rendre compatible son élan envers Ghali trés associée à Guérini et au rejet de la Métropole, et maintenir le contact avec Carlotti, son alliée déterminante s’il veut gagner la ville.
    La politique est affaire de stratégie, bien entendu, mais aussi de morale. PM devrait en tenir compte.

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  2. Tresorier Tresorier

    Quelqu’un a t il un espoir pour la cite et sa metropole au vu de ce marigot ???

    Bien sur que non.

    Marseille va encore longtemps se singulariser par ses clientelisme, demagogie electorale, corruption, magouilles, fini parti, sur effectifs de fonctionnaires territoriaux, absenteisme, travail mal ou pas faits, etalement urbain, tout bagnole, mepris des pietons, cyclistes, personnes agees, handicapes,…..

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  3. Avé Avé

    Mennucci peut en effet perdre en recherche des voix de Ghali ce qu’il peut perdre en électeurs du centre voire du centre droit fatigués par Gaudin. C’est une municipale, jouer à fond le clivage droite gauche ne sera peut être pas la meilleure option, surtout au vu de la médiocrité du vieux Gaudin.

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  4. Avé Avé

    Comprendre ce qu’il peut gagner en voix du centre et centre droit bien sûr

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  5. Anonyme Anonyme

    Nous voyons ici les prémices du vote communautariste. Le plus dur est que cela arrive dans une primaire socialiste “parti dit d’intégration”. Un comble.
    Maintenant pour PM le plus difficile commence car:
    dans les 13/14 ou Eugène voulait se présenter le petit Masse revendiquera le poste.
    Dans le 15/16 peut-être Henri voudra prendre la place de Samia avec qui il est en guerre, et laisser le poste au CG au fiston.
    Quel fut le poids de FO au second tour ou des bruits court sur le ralliement de ce syndicat à PM?
    Combien de postes à la CUM et à la Ville promis, avec le pognon du contribuable?
    Donc oui des voix ont été trouvées, mais a quel prix?

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  6. Albert Londres Albert Londres

    Les aimables commentateurs raisonnent(?)comme si l’élection allait se jouer entre UMP, centre, et PS. Ils oublient le FN et bien sûr le Front de Gauche qui pourrait beaucoup compter dans cette élection.

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  7. Anonyme Anonyme

    Stratégie Stratégie .. evidemment il fautparler de stratégie .. Mais je voudrais aussi que l’on souligne la forte participation .
    Après evidemment soit Ghali etait tout simplement chafouine aprés sa défaite se reprend et joue collectif et la mairie peut se gagner..soit Ghali est veritablement le faux nez de Guerini , alors la mairie sera conservée par Gaudin … A moins que les MArseillais , loins de tout systeme ou ideologie se disent . .Allez Gaudin c’est trop vieux, trop immobile , ilfaut du changement et s’affranchissent ( en partie ) des clivages au 2eme tour et vire l’ancienne équipe…PArce qu’en fait.. comment peut on s’imaginer que la frange traditionnelle des indecis ( ni dedroite ni de gauche ) s’imagine affronter l’avenir compliqué avec un homme vieux fatigué et désabusé???

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  8. Martin Martin

    PM n’a pas fini de courrir après Samia.Il ne peut se passer de ses voix et elle risque de lui mettre la pression sur la tête de liste de 13/14. En effet PM veut l’offrir au (petit-fils) fils Masse (comme tous les postes qu’il a actuellement aucun n’a été gagné mais obtenu par copinage) mais il ne faut pas oublier que le Maire de Secteur actuel a été le seul et unique soutien de SG et elle ne l’oubliera pas. De plus le fils Masse hormis sur ses terres Gombertoises, et encore, n’a aucune chance de fédérer dans le 14ème et il ne bénéficiera d’aucun soutien. Sa candidature comme ses précédentes est donc vouée à l’échec et il offrira au final la victoire au FN. Donc gros dilemme pour PM faire plaisir à Masse et perdre le secteur ou pactiser avec SM pour laisser la tête de liste au maire actuel.

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  9. Anonyme Anonyme

    cequi me rend triste et amer c’est quela tactique de Samia Ghali quoi qu on en dise a créé un effet de vote communautaire , j’ai fréquenté des bureauxde l’Est de MArseille… On ne peut pas se cacher derriere le petit doigt : Dans certains bureau on a vu un defilé de femmes voilés , de jeunes à casquettes et dans d’autres de nouveaux electeurs plutot agés et blancs absents au premier tour venir voter… J’ai, hélas , entendu sur places dans les 2 sens des propos inquietants et regrettables comme des ” on ne va laisser la racaille nous representer parce que sinon on va se choper le FN” ou encore une question ingenue d’une gentille dame voilée qui m’a demandé : ” Il y a beaucoup de français qui ont voté?”…. Nous sommes sur une pente savonneuse qu’il faut absolument quitter VITE et BIEN

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  10. piqueboufigue piqueboufigue

    allo mr menucci les primaires ont terminées.

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  11. Anonyme Anonyme

    Attendons de voir la liste de PM et le décryptage qu’il faudra en faire (les fils de, les frères et soeurs de, les compagnes de…). Mennucci a déjà beaucoup promis à beaucoup de gens et ce sera très difficile pour lui de respecter sa parole donnée. Il pourra toujours demander au Premier Ministre voire au PR de passer des petits coups de fil.

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  12. José 2013 José 2013

    Dans les commentaires que l’on a pu lire ici même sur ce site ou sur d’autres (entre autres sur le blog Libé-Marseille), sont évoqués les mérites présumés de S. Ghali et les “coups tordus” qu’elles aurait subis. Peut-être faut-il tenter tenter d’avoir une appréciation la plus distanciée possible des choses ?

    Certes, un certain “racisme” ambiant (explicite ou présent dans le paysage local de manière diffuse sans être formulé en tant que tel) a d’une certaine manière pu jouer très à la marge en sa défaveur.
    Il n’en reste pas moins que son programme un peu léger et ses prises de position à l’emporte-pièce ne pouvaient jouer en sa faveur.

    Etre une femme, issue de l’immigration et active dans des quartiers difficiles ne saurait suffire à en faire une candidate crédible pour emporter la 2ème ville de France ?

    Quant au positionnement anti-système et anti-PS adopté à force de coups de gueule par S. Ghali, il peut paraître drôlatique, non entendable et encore moins validable. Il convient en effet de rappeler de manière tout à fait neutre qu’au-delà de ses qualités et mérites propres, elle est quand-même un PUR produit du système socialiste local, grâce auquel elle a fini par se propulser (cf les chars militaires dans les cités…) sur la scène médiatique et politique locales.

    En ce sens, il paraît intéressant de noter qu’elle n’a jamais été élue – y compris dans les quartiers populaires dont elle se revendique – lors d’un scrutin uninominal sur son nom et son travail local mais toujours lors de scrutins de liste : Conseil municipal, Conseil régional, Sénat. Elle n’a jamais été conseillère générale ou députée…

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  13. cani cani

    il va falloir revenir un peu sur terre pour s’occuper un peu d’une association portant ombrage

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