Pas de société de transports pour la métropole : Zulesi (LREM) « ne comprend pas ce choix »

Interview
Clara Martot
28 Nov 2018 5

Ce lundi, la ministre des transports Elisabeth Borne présentait son projet de loi orientation des mobilités devant le conseil des ministres. Annoncé comme un grand plan ambitieux pour les transports du futur, le projet prévoit peu de choses pour la métropole Aix-Marseille Provence. Député LREM dans le département, Jean-Marc Zulesi répond sur le sujet à Marsactu.

Qui y a-t-il pour le département, la métropole et Marseille dans le projet de loi mobilité, présenté ce lundi par la ministre des transports, Elisabeth Borne ? Le texte, qui porte comme première ambition de combler le « manque de solutions de mobilité », inclut plusieurs projets de chantiers localisés sur le territoire de la métropole d’Aix-Marseille.

Parmi eux : la liaison routière entre Salon-de-Provence et Fos-sur-Mer et la future gare souterraine de Saint-Charles. En revanche, rien de concret dans les annonces ministérielles concernant le financement du plan mobilité de la métropole, alors même que sa nouvelle présidente, Martine Vassal a rencontré la ministre, il y a tout juste une semaine.

En attendant que le texte soit débattu par les députés et sénateurs, Marsactu a interrogé Jean-Marc Zulesi, député de la 8ème circonscription des Bouches-du-Rhône et responsable de texte sur le volet innovation pour la majorité. Deux ans après l’élaboration de l’agenda de la mobilité métropolitaine, l’élu salonais regrette que le projet de loi n’ait pas retenu l’une des volontés phares du territoire : la création d’une société publique de gestion des transports dotée d’un financement de l’État.

L’article 3 du texte prévoit la création d’un établissement public local en charge des transports associant l’État, la région et plusieurs collectivités locales… dans la métropole lyonnaise. Pourquoi aucun engagement similaire n’est-il pris concernant la métropole Aix-Marseille Provence ?

En élaborant le projet de loi, le gouvernement a dû faire des arbitrages budgétaires et n’a pas jugé nécessaire d’allouer à la métropole d’Aix-Marseille le même dispositif qu’à la métropole lyonnaise. Des discussions sur le sujet sont en cours avec la ministre des Transports et cette problématique fera partie des débats.

Pensez-vous pouvoir infléchir la position du gouvernement ?

Honnêtement, c’est un choix que je ne comprends pas. Il faut retenir que ce n’est pas une fatalité. Avec les autres députés, nous tâcherons de défendre devant l’Assemblée et le Sénat que la création d’une agence publique est essentielle pour notre territoire.

Le calendrier des deux principaux projets routiers du département, à savoir le contournement d’Arles et la liaison entre Salon-de-Provence et Fos-sur-Mer est-il fixé ?

Ces deux projets font en tous cas partie des objectifs définis comme prioritaires par le projet de loi d’orientation des mobilités. Une concertation publique va être lancée concernant le contournement sud de la ville d’Arles d’ici à 2022. Quant à la liaison Salon-Fos, au cours de l’année 2019, des garants de la concertation seront nommés avec comme objectif d’encadrer les débats publics. Au terme de ces débats, qui peuvent durer jusqu’à neuf mois, les garants pourront se prononcer sur une date claire de livraison.

Le projet de loi abandonne la construction d’une autoroute au profit d’un simple doublement de la voie existante. Pensez-vous que cela suffisse à absorber le flux routier entre l’A7 à Salon, et le port à Fos ?

C’est en tous cas l’objectif. Il est vrai que ce parcours doit absorber le flux des poids-lourds et dans le même temps rester une route du quotidien pour un nombre croissant d’habitants de la région. Ce que je constate, c’est que doubler la route existante ne pourra qu’améliorer la situation actuelle. Abandonner l’idée d’autoroute, c’est abandonner un projet à deux fois trois voies. Ce réajustement est dû à des contraintes environnementales et budgétaires. Il est en accord avec la philosophie du projet de loi : le gouvernement préfère renforcer les infrastructures existantes que prévoir de grandes réalisations exigeant un financement plus conséquent. En l’occurrence, 370 millions d’euros seront alloués à ce chantier, dont 60% pris en charge par l’État. En tant que député de Salon, j’y vois un réajustement audacieux et un chantier qui aboutira plus rapidement.

Le plus grand chantier attendu est celui d’une gare souterraine à Saint-Charles et de la ligne nouvelle vers Nice, pour lequel le projet de loi ne fixe pas de calendrier de mise en service?

Le projet est découpée en quatre phases échelonnées dans le temps pour un coût total de 14 milliards d’euros. La part prise en charge par l’État sera arrêtée durant les débats parlementaires. Les études des deux premières phases de travaux, qui comprennent notamment l’aménagement du plateau de la gare Saint-Charles, de la gare souterraine de Marseille et de la 4e voie partielle dans la vallée de l’Huveaune, seront engagées d’ici à 2022. Pour les travaux proprement dits, deux scénarios sont probables : le premier vise une livraison entre 2023 et 2027, et le deuxième, entre 2028 et 2032. Il semblerait que nous nous engagions à suivre le deuxième scénario, mais donner une date de mise en service aujourd’hui n’est pas ce qui nous importe. Le gouvernement veut avant tout laisser le temps aux études de se faire.

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