Le parquet national financier perquisitionne à la mairie d’Istres

Enquête
Jean-Marie Leforestier
29 Mar 2017 7

"Une trentaine" de gendarmes de la section de recherches de Paris perquisitionnent depuis ce matin l'hôtel de ville d'Istres en présence du maire François Bernardini. Il s'agit là du premier acte d'ampleur de l'enquête menée par le parquet national financier sur les marchés publics de la mairie.

Les gendarmes, « une trentaine » selon une source proche du maire, sont arrivés de bon matin à la mairie d’Istres et ont tout de suite demandé à voir l’édile, François Bernardini (ex PS). C’était le début d’une perquisition qui allait les mener dans plusieurs services municipaux, dont l’urbanisme, les marchés publics et le bureau du maire. Il s’agit là du premier acte visible d’une enquête menée par le parquet national financier concernant notamment les marchés publics de la mairie d’Istres. Le maire est sorti des lieux vers 15 heures alors que la perquisition se terminait. Il a ensuite publié sur Facebook un communiqué pour assurer de sa coopération avec les enquêteurs et déclarer n’avoir « rien à cacher ».

J’ai reçu ce matin des représentants du Parquet National Financier qui souhaitaient procéder à des opérations de…

Publiée par François Bernardini sur mercredi 29 mars 2017

Confiées à la division financière de la section de recherches de la gendarmerie de Paris, qui collabore avec son homologue marseillaise, les investigations visent notamment une suite de marchés attribués à un entrepreneur, Philippe Cambon, patron de la société SAM vérandas et d’autres entreprises spécialisées dans le bâtiment et les travaux publics. L’homme a pour particularité d’être le mari de l’adjointe au tourisme de la ville. Selon nos informations, confirmées de source proche du dossier, une perquisition a visé aussi l’entrepreneur. Interrogé par le Ravi, celui-ci a démenti cet élément de l’enquête.

Philippe Cambon a remporté successivement un grand nombre de marchés de la mairie d’Istres, dans divers domaines, ce qui a attiré l’attention de la chambre régionale des comptes qui effectuait un contrôle de gestion de la Ville. Outre le chantier du nouvel hôtel de ville, il s’est notamment vu confier, comme l’avait relevé le Ravi, le chantier dit de la Régalido, un foyer pour personnes âgées. Durant les travaux, particulièrement longs aux yeux de certains, les seniors étaient hébergés aux Salons de Trigance, fondés par le même Cambon et les filles de François Bernardini. Selon les éléments que nous avons pu recueillir, face aux interrogations de la chambre, Bernardini a rejeté tout soupçon de favoritisme et expliqué qu’il s’agissait seulement d’un important entrepreneur local qui était bien placé pour répondre aux marchés de la mairie.

Un maire déjà condamné en 2001

Dans ce dossier, aucune garde-à-vue n’est pour l’heure en cours, nous confirme-t-on de source proche du dossier, ce qui ne veut pas dire qu’une telle mesure ne sera pas décidée à l’issue de la perquisition. François Bernardini doit présider cet après-midi une réunion du conseil de territoire Ouest Provence, une des assemblées de la métropole. Cette dernière se réunit en séance plénière, ce jeudi, à Marseille.

Cette affaire pourrait plomber le parcours politique de François Bernardini, revenu sur le devant de la scène ces derniers mois grâce à une alliance avec Jean-Claude Gaudin à la métropole. Ce n’est pas la première fois que l’élu a maille à partir avec la justice. Il a déjà été condamné en 2001 à dix-huit mois de prison avec sursis, 400 000 francs d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics au sein d’une association. Cela lui avait valu de perdre la présidence du département des Bouches-du-Rhône au profit de Jean-Noël Guérini et (provisoirement) la mairie d’Istres.

Article actualisé au fil de la journée du 29 mars

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