"Notre think tank doit rapprocher les Marseillais"

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le 20 Fév 2013
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Autour des quartiers populaires, une galaxie de termes qui entoure en nuages menaçant ces lieux de vie. On parle de quartier sensible comme lorsqu'on a mal aux gencives, on dit en "difficulté" ou "difficile" comme on parle d'un élève récalcitrant. Dans cette panoplie de termes, le militant associatif (et responsable Modem) Saïd Ahamada a choisi ce dernier mais "parce qu'il fallait en choisir un". Ces quartiers difficiles et ceux qui y vivent sont la base de la structure qu'il vient de créer : "Avenir Marseille Egalité", "pour l'âme de Marseille" premier think tank consacré aux quartiers dits difficiles.

"Dans l'inconscient collectif, les quartiers difficiles se résument souvent aux quartiers nord de Marseille, explique Saïd Ahamada. Ce sont les quartiers où on a le taux de chômage le plus important, les quartiers ghettoïsés où vit souvent une même catégorie de population. Mais, tout Marseille est concernée. Ce think tank a pour vocation à rapprocher tous les Marseillais et réfléchir à des problématiques qui les touchent tous". La spécificité que revendique AME est d'être constituée de Marseillais qui vivent directement ces difficultés au quotidien et sont donc à même de réfléchir aux solutions pour y remédier. 

Apartheid social

Avenir Marseille Egalité travaillera à partir de thèmes bien déterminés sur lesquels plancheront ses membres constitués en commission comme l'éducation, l'insécurité, l'impact des trafics et la légalisation des drogues douces. "Le premier de ces rapports qui sera rendu public avant juin est consacré à l'apartheid social que vivent les Marseillais. Une fois ce constat fait, il faut se pencher sur les causes de cet apartheid social et voir quelles sont les préconisations que l'on peut faire pour voir cette situation reculer. La mixité sociale est l'avenir de cette ville. Marseille est connue pour son cosmopolitisme. Désormais, il faut que les gens le vivent et pour ça, il faut qu'ils se mélangent".

Saïd Ahamada ne condamne pas les différents dispositifs qui se sont succédé voire empilés sur ces territoires, mais bien l'absence d'appropriation de ces politiques par les habitants eux-mêmes. L'ambition du think tank ne se limite pas à la seule métropole marseillaise, il souhaite "essaimer à l'échelon national" en se constituant en aiguillon de la politique de la ville partout en France. Cette boîte à idées toute neuve se pense comme une force de propositions à destination de l'ensemble des décideurs "politiques et économiques" à l'approche des prochaines élections municipales mais sans jamais appeler à voter tel ou tel candidat.

Rectification le 21 février : Saïd Ahamada n'est pas élu Modem mais porte-parole du Modem des Bouches-du-Rhône 

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Commentaires

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  1. Aaa Aaa

    “Think tank”… Et en français ça donne quoi ?

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  2. Benoît Gilles Benoît Gilles

    Dans notre entretien filmé dédié aux quartiers (le talk), Saïd Ahamada utilise l’expression anglaise que nous reprenons en titre. On pourrait dire “boîte à idées”, cercle de réflexion, effectivement…

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  3. Marseillois Marseillois

    “La mixité sociale est l’avenir de cette ville. Marseille est connue pour son cosmopolitisme. Désormais, il faut que les gens le vivent et pour ça, il faut qu’ils se mélangent”. Il y a du taf, quand on voit le succès des zones pavillonnaires (cf Marseille l’hebdo du 20/2), la prolifération des résidences “sécurisées” et autres ghettos où triomphe “l’entre soi”. J’habite dans le 8e et sans faire d’angélisme, je n’ai aucune envie de m’enfermer dans un ghetto quel qu’il soit. Le ghetto mène toujours à plus de violence.

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  4. Aux frontières du monde soviétique Aux frontières du monde soviétique

    Réservoir (tank) d’idées. Réservoir de jus de crâne étant un peu long 🙂

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  5. Anonyme Anonyme

    L’égalité impliquerait le respect de soi-même. A commencer par celui de sa langue. De think tank à news ou e-mail, les exemples fourmillent par myriades de notre soumission à un colon angloricain faisant litière de “l’égalité”

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  6. M34 M34

    Je suis Français et tente de le parler …. pourquoi en permanence des mots anglais
    la première idée de ce groupe serait de se trouver un nom dans notre langue

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  7. le kakou le kakou

    ça sent les municipales….mais pourquoi pas. ça nous change des discours convenus. Marseille a besoin de sang neuf

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