Molotov, un cocktail sonore pour faire revivre l'ex-Balthazar

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Julien Vinzent_
16 Août 2012 2

La devanture rouge bien connue des habitués des nuits du cours Julien a repris des couleurs. A l'intérieur, il reste encore à quelques (gros) coups de pinceaux à mettre. Mais l'ex-Balthazar, salle de concert fermée depuis fin 2008, va bien renaître à la rentrée place Paul-Cézanne (6e), après trois mois de travaux. "Comme beaucoup de monde, on a découvert la musique alternative en venant à des concerts ici. C'est une salle mythique, s'enthousiasme Hazem, l'un des associés de la nouvelle structure. On garde le logo du Balthazar tagué dedans, mais ça s'appellera le Molotov, car c'est une nouvelle histoire qui va s'écrire".

Les premières dates en résument bien l'esprit, qui n'est pas si éloigné de son prédécesseur. Le premier rendez-vous, le 29 août, donnera le ton : deux groupes marseillais (Wake the dead et Odyssey, respectivement punk hardcore et hardcore) suivis des Américains de First Blood. "L'idée est de faire bouger Marseille au niveau undergroundde faire bouger Marseille au niveau underground, d'avoir une salle de concert qui permet aux petits groupes marseillais qui ont envie d'avancer d'avoir les moyens techniques et les connaissances pour passer un cap", commente Hazem.

Répétitions, résidences d'artistes, accompagnement de groupes : le lieu ne sera pas réservé aux concerts. Pour Wake the dead, la date servira de "concert de chauffe avant une tournée en Asie", glisse le guitariste Nicolas, qui se félicite de cette "envie de faire participer la scène locale" et de la capacité plus importante de la salle, "presque au niveau du Poste à Galène" (300 places). Sur ce point le Molotov attend le verdict de la commission de sécurité.

Premières amours punk et élargissement

Comme son autre associé Fabien Chabord, Hazem a oeuvré au sein de l'O'Bundies, un local associatif situé près de la Préfecture, qui se présente comme "issu de la scène punk Oi! marseillais". "C'était beaucoup plus petit et même si on organisait des concerts, ce n'est pas l'objet de l'association, qui est de promouvoir des activités multiculturelles via l'action sociale (soutien scolaire, accompagnement juridique, organisation de voyages pour des festivals…)", précise-t-il. L'ancien lieu sera "transmis" pour devenir La salle gueule, qui en restera aux premières amours punk.

Du côté du Molotov, la volonté est "d'élargir beaucoup plus" la programmation, annonce Fabien Chabord, comme en témoigne la seconde soirée, où le punk et le punk rock voisineront avec le ska et le jazz manouche. "On ne se présente pas comme des entrepreneurs qui louent une salle, on se place dans une démarche collective. On veut recréer cette dynamique culturelle qui fait que Marseille a eu des grands groupes", avance Hazem. L'équipe a déjà rencontré Papet J, du Massilia Sound System, groupe qui était comme chez lui au Balthazar. Tous les mois, le Molotov co-organisera avec l'association Backdoor le "Baleti de Papet" (le premier est prévu le 14 septembre).

Enrayer la fermeture des salles

Des passerelles qui illustrent bien l'esprit DIY (do it yourself), qui selon Nicolas de Wake the dead "régit les salles et les groupes : se débrouiller tout seul, ce qui ne veut pas dire être isolé". Le guitariste poursuit : "On a de la chance à Marseille d'avoir quelques salles associatives. Le problème est que, comme dans d'autres villes, ces lieux ont des difficultés à survivre". Au menu de Molotov figure d'ailleurs le 18 septembre, une soirée de soutien à El Ache de Cuba, "une autre salle mythique", estime Hazem, qui se désole qu'à l'aube de Marseille-Provence 2013 "toutes les petites salles [soient] en train de fermer".

Voisin de quelques mètres, le lieu est privé de concert depuis juin pour cause d'insonorisation insuffisante après une bataille judiciaire avec la copropriété de l'immeuble. Le même mois, l'Enthröpy a également tiré le rideau aux Réformés pour des raisons similaires. Au Molotov, Hazem assure "tout faire pour être aux normes et on le sera. On va être au maximum respectueux du quartier, des voisins. Ceci dit, il faut savoir si l'on veut que la Plaine/Cours Julien soit un dortoir ou une quartier qui vit, bouge. Cela ne dépend pas de nous au final, mais je suis sûr que la majorité des habitants veulent un quartier vivant."

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