Martine Vassal ne lâche pas le projet de rocade entre Saint-Marthe et Allauch

Info Marsactu
Rémi Baldy
5 Avr 2019 5

La présidente de la métropole et du département Martine Vassal compte modifier et poursuivre le projet Linea, rocade entre Saint-Marthe et Allauch, malgré l'annulation de la déclaration d'intérêt public par le tribunal administratif. Les opposants demandent une ligne dédiée exclusivement aux transports en commun.

Un projet de rocade qui peine à sortir depuis plusieurs décennies… Non, il ne s’agit pas de la L2 mais cette fois de La Linea pour liaison au nord-est de l’agglomération. Une route de 7 kilomètres entre Saint-Marthe (14e) et la commune d’Allauch que Martine Vassal ne compte pas abandonner. « Nous allons faire quelque chose de raisonnable », prévient la présidente de la métropole et du département précisant que le projet serait « modifié ».

Cette décision intervient trois semaines après l’annulation par le tribunal administratif de Marseille de la déclaration d’utilité publique (DUP) de la Linea. Un coup dur pour le département qui faisait de cette nouvelle route un projet « prioritaire » et un moyen de « lier les quartiers périphériques », de « soulager le réseau existant » ou encore de « proposer des déplacements multimodaux ».

La Linea doit faire 7 kilomètres entre Saint-Marthe (14e) et la commune d’Allauch.

Quid de la voiture

Le tracé traverse plusieurs quartiers du nord de Marseille, comme Saint-Mitre ou Château-Gombert (13e), nécessitant des expropriations, d’où le recours à une DUP. « Si nous arrêtons tout à chaque fois qu’il y a une telle décision nous n’avancerons jamais », tranche Martine Vassal, prête à revoir sa copie.

« Nous nous doutions qu’ils ne s’arrêteraient pas là », souffle Michel Quilici, président du collectif « Pour la Sauvegarde du Poumon Vert de Saint Mitre ». Cette association, accompagnée de riverains et de la fédération 13 de France nature environnement, est à l’origine de la contestation devant le tribunal débutée en février 2016. « Il va falloir attendre de connaître la teneur d’un nouveau projet, mais si c’est pour avoir de la voiture ça ne sert à rien », tonne Michel Quilici qui milite pour une ligne exclusivement dédiée à des « transports en commun non-polluants ».

Vers un transfert du projet à la métropole

Censé favoriser l’usage des transports en commun, le projet tel qu’il était prévu comportait dans chaque sens de circulation une voie pour les bus, une pour les voitures, une piste cyclable et un trottoir. Pas de quoi inciter à prendre les transports en commun plutôt que la voiture note le tribunal : « La probabilité du report modal paraît très limitée (…). Pour un même trajet, les utilisateurs de la Linea auront le choix entre le bus et la voiture individuelle, cette dernière présentant par nature moins de contraintes ».

Dans leurs conclusions, les magistrats remarquent que « le département n’a engagé aucune concertation avec les autorités organisatrices des transports (ndlr : la Métropole) afin d’insérer les lignes de bus de la Linea dans le maillage des transports en commun de l’agglomération marseillaise ».

Inefficace pour désengorger les routes

Michel Quilici assure avoir proposé à plusieurs reprises un projet de tramway reliant la Barasse (11e) aux Aygalades (15e) sans avoir de réponse. « Dans leurs discours, le département et la métropole disent « halte à la voiture » mais réalisent des projets pour les voitures », s’étonne le président associatif.

La Linea n’échappe pas à la règle puisque d’après le tribunal administratif elle « aura pour conséquence, dès 2020, d’engorger les voies (la) rejoignant depuis l’extrémité nord-est de l’agglomération marseillaise et ne pourra éviter la saturation des voies radiales menant de la Linea au centre-ville de Marseille, l’un des objectifs forts du projet ». Pire, « dès 2030, la Linea sera saturée, rendant nécessaire la construction d’une route supplémentaire ».

Le département a repris la main en 1977

« Le projet date des années 1960 et à l’époque Saint-Mitre et Château-Gombert n’étaient que des campagnes, nous ne sommes plus dans la même configuration, ajoute Michel Quilici. J’espère qu’ils ne vont pas forcer un projet en se disant qu’il ne faut pas gâcher tout l’argent public qui a déjà été dépensé« .

À l’image de celle de la L2, l’avancée de cette rocade est poussive. Dès 1977, le département prend la main sur ce dossier initié par l’État avec l’achat des terrains où doit passer cette artère de bitume. En 2014, le département relance ce projet que le préfet déclare en 2016 d’utilité publique. Jusqu’à l’annulation du tribunal et désormais l’annonce d’un nouveau projet. Avant un nouveau rebondissement ? La L2 a mis 85 ans pour aboutir, la Linea en est encore loin.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE SPECIALE – 2 MOIS pour 2€

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.


A la une

La discrète vente de la villa de René Egger, l’architecte du Marseille d’après-guerre
Hissées sur les hauteurs du Roucas-Blanc, les luxueuses villas du Parc Talabot s'étendent dans l'enceinte fermée de la résidence. Parmi elles, une villa sur...
Le port suspend son projet de réaménagement du quai de la Lave pour « concerter » à nouveau
Le port a décidé de remettre l'ouvrage sur le métier. Un an et demi après avoir lancé un appel à manifestation d'intérêts pour le...
Emmanuel Patris (Un centre-ville pour tous) : « La charte du relogement n’est pas respectée »
Un centre-ville pour tous fait partie des associations qui ont participé aux négociations de la charte du relogement pour les personnes évacuées, finalement signée...
À peine libérée de sa tutelle, la fédération des chasseurs 13 déraille à nouveau
À peine sortie d'une année sous la tutelle d'un administrateur provisoire, la fédération des chasseurs des Bouches-du-Rhône pourrait y retourner. Malaise social, gouvernance défaillante,...
[La gloire de nos pierres] La bastide de Pagnol devenue temple maçonnique
Souvenez-vous. Le petit Marcel Pagnol, la famille encombrée de paquets, qui traverse anxieusement les terrains de superbes demeures à l'aide d'une clé secrète, raccourci...
La mairie « privatise » une partie du chemin qui mène à la plage de Corbières
"C’est scandaleux qu’ils aient installé ça, en plus c’est pas un petit portique, quoi !", s'agace un passant. "Je viens ici tous les jours,...

Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire