L’histoire oubliée de la prison clandestine d’Arenc

Interview
le 28 Sep 2024
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Entre 1963 et 1975, près de 30 000 Algériens ont été arrêtés et enfermés arbitrairement dans un entrepôt à Arenc, en attendant leur refoulement. Pourtant, les accords d'Évian leur conféraient, comme les Français, la liberté de circulation. Malgré plusieurs articles de presse et un scandale national, l'affaire tombe peu à peu dans l'oubli. Dans un documentaire, le journaliste Olivier Bertrand revient sur l'histoire de ce "hangar sur le port'".

Détail d'une image d'archive du hangar A, à Arenc.
Détail d'une image d'archive du hangar A, à Arenc.

Détail d'une image d'archive du hangar A, à Arenc.

Sur le port de la Joliette, plus de traces de ce hangar, détruit au début des années 2000. Ici, entre 1963 et 1975, des milliers d'étrangers, et surtout d'Algériens, ont été enfermés. Dans les photos d'époque, ces hommes montent les escaliers de l'entrepôt, menottés, escortés par des policiers. Puis, derrière ces murs, plus aucune trace d'eux.

Pourtant, tout est consigné par le commissaire des Renseignements généraux qui règne sur le port, Albert Payan. Officiellement, elle n'existe pas, mais de la préfecture au ministère de l'Intérieur, tout le monde est au courant qu'une prison clandestine se trouve à Arenc, au milieu des bassins du port, où vont et viennent des milliers de travailleurs.

Dans un documentaire réalisé par le journaliste Olivier Bertrand, on rencontre l'avocat qui révèle l'affaire, Sixte Ugolini, et un militant qui a connu l'enfermement, Mustapha Mohammadi. Entre images d'archives et témoignages, ce film met au jour la mécanique d'un racisme profond qui s'ancre, à Marseille, porte Sud du pays, juste après la guerre d'Algérie.

Si l'affaire fait un scandale quand elle éclate en 1975, elle est peu à peu enterrée. En cinquante-deux minutes, au fil d'une enquête minutieuse, les mémoires remontent. On déroule le fil : l'enfermement arbitraire, le refoulement, puis . . .

Isis Marvyle

Commentaires

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4 commentaires


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  1. Alexeï Mikhaïlovitch

    C’est ça la France.

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  2. julijo

    plus de 40 ans après ces faits ignobles, les propos de retailleau et du fn résonnent étonnement, c’est vrai.
    oui c’est la france.
    lutter contre toutes les formes de racisme est un combat permanent, sans fin.
    le « racisme post-colonial » a dorénavant de beaux jours devant lui probablement.

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  3. Zumbi

    Il me paraît inadmissible de raconter ça sans faire la moindre allusion au travail journalistique qui a fait connaître ce scandale à la France entière, par votre confrère marseillais Alex Panzani, alors à La Marseillaise « Une prison clandestine de la police française : Arenc », paru en septembre 1975 chez Maspero. Alors à Paris pour mes études, c’est comme ça que j’avais découvert comment « l’état de droit » n’était pas celui de l’universalité des droits de l’homme et du citoyen.

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  4. Ludivine

    Bonjour. Le lien ne mène pas au reportage. Est-ce possible de le partager à nouveau plus précisément ? Merci

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