Les très chères séances d'UV de la pelouse du Vélodrome

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le 16 Oct 2013
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Polémique au conseil municipal ou pas, le chantier du Vélodrome se poursuit, jour et nuit. Aréma, le groupement en charge de la couverture et bientôt de son exploitation, avance à pas forcé pour tenir ses engagements et livrer le stade à temps, en juin 2014. D'ici là, l'Olympique de Marseille aimerait bien que la couverture tant espérée coiffe dès cet hiver le virage sud. Les supporters auraient ainsi la tête au chaud et les adversaires de l'OM une pression sonore à la hauteur de la réputation de l'enceinte sportive. Ils ont donc sollicité la Ville, propriétaire et Aréma, le constructeur, pour voir si une couverture anticipée était possible.

"Depuis le début du chantier, ce type de discussion à trois a constamment lieu. Cela a été le cas par exemple quand il a fallu installer les supporters du virage Nord dans la tribune Ganay, explique Cédric Dufoix, le secrétaire général du club. En vivant ce chantier au jour le jour, je peux vous dire qu'Aréma modifie sans cesse sa planification de chantier pour optimiser l'usage des grues, la gestion des accès… Nous les avons donc sollicités pour voir si on pouvait un peu accélérer les choses pour la couverture du virage sud". En clair, le club souhaiterait que les structures de la charpente soient recouvertes de la voile qui est déjà installée sur le virage Nord et au-dessus de la tribune Ganay. Problème, cette couverture anticipée aura des conséquences sur l'ensoleillement de la pelouse et donc son état général. 

Or, jusqu'à l'été prochain, date à laquelle la société Aréma assurera l'exploitation du stade pour le compte de la Ville, c'est cette dernière qui assure l'entretien du gazon. Si le virage sud est couvert dès cette hiver, il faudra avoir recours à de la luminothérapie – c'est le terme officiel – c'est-à-dire de l'éclairage artificiel pour assurer la photosynthèse et compenser la perte d'ensoleillement. En gros, des LED mobiles ou fixes doivent éclairer la pelouse et lui permettre de rester drue et verte. C'est déjà le cas dans de nombreux stades de France et d'Europe, notamment à Lille, Lyon, Rennes, etc… Problème, ce scénario lumineux n'était prévu que pour la fin de l'année et donc retomber dans les frais d'exploitation du futur gestionnaire Arema. 

"C'est moi qui gère l'état de la pelouse, et on ne dit pas assez souvent que c'est une des plus belles de France, avance Maurice Di Nocera, conseiller municipal (UDI) délégué aux grands équipements. Si on doit recourir à de la luminothérapie, c'est donc vers moi que l'on doit se tourner. A l'heure actuelle, je n'ai pas été saisi officiellement pour participer à une réunion à ce sujet". Voilà pour la position officielle de la Ville, l'adjoint n'en dira guère plus. Mais, à mots couverts, celui qui a également en charge les grands évènements rappelle que "pendant un siècle", les supporters de l'OM ont assisté à des matches sans toit au-dessus de leurs têtes. Ils peuvent donc supporter pluie et vents quelques mois supplémentaires.

Eviter l'effet voile

Si Maurice Di Nocera ne confirme pas de discussion officielle, elles ont bien lieu entre les trois bonnes fées qui veillent sur le berceau olympien. En effet, contactée par nos soins, la porte-parole d'Arema confirme. "Un des problèmes techniques posés par la couverture du virage était lié à l'avancement de la tribune Jean-Bouin. Car pour supporter le poids de la toiture couverte, il est nécessaire qu'elle soit supportée des deux côtés pour éviter l'effet voile dû au vent. Aujourd'hui, à une semaine près, la tribune Jean-Bouin est suffisamment haute pour permettre sa couverture"Mais ce n'est pas ce seul point technique qui est au coeur des discussions mais bien "l'impact de la couverture sur la pelouse" et donc l'installation anticipée de dispositifs de luminothérapie. En revanche, la porte-parole du constructeur dément le fait que la question du financement soit sur la table. Pourtant d'autres sources évoquent une facture plutôt salée pour financer la couverture anticipée. Une facture que le club ne veut pas payer, même en partie.

A la mairie, on se passerait bien d'un nouvel éclat médiatique autour du stade, de l'argent public et du "je t'aime, moi non plus" entre l'OM et Arema après la polémique autour du rapport de la Chambre régional des comptes. "Le calendrier des travaux n'a pas été pensé au hasard, entend-on dans les couloirs de l'Hôtel de ville. Si on a décidé de couvrir le virage sud en dernier, c'est bien pour des raisons d'ensoleillement. On ne va pas dépenser de l'argent public pour cela". Effectivement, il apparaît de bonne gestion d'attendre l'été prochain pour laisser à Arema le souhait de financer seule les LED et la facture d'électricité. 

Car ce type de dispositif est fort onéreux. Si l'on en croit La Voix du nord, pour le grand stade de Lille, les 500 LED de 400 watts, utilisés 20 heures par jour représentent "la consommation moyenne de 145 foyers". Sans compter les ventilateurs censés aérer les brins d'herbes. Pour le Vélodrome, le dispositif sera sans doute moins vaste : seule une partie de la pelouse restera à l'ombre, hiver comme été. Mais, contrairement à Rennes, à Paris ou à Lille, au Vélodrome, il n'est pas prévu d'installer des rampes mobiles mais bien des dispositifs "liés au toit" dit-on à Arema sans plus de précision technique. De toute façon, pour certains, la pelouse naturelle est déjà du passé. L'avenir est au synthétique semi-organique qui, paraît-il, donne l'impression de jouer sur du naturel.

Quant aux jardiniers du stade qui ont l'honneur de réparer les escalopes de la pelouse sacrée à chaque mi-temps, leur reclassement, notamment "au stade Delort", à proximité du Vél' est d'ores et déjà acté. Fini pour eux les matchs aouf. Mais il doit toujours rester quelque part dans un tiroir de l'hôtel de ville des invitations à distribuer aux jardiniers méritants.

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    Quelle honte de dépenser des sommes d’argent aussi élevées pour du gazon qui va être esquinté par des mecs courant derrière un ballon!

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  2. Anonyme Anonyme

    le plus simple serait de leur donner un ballon chacun !!!
    ils ne courraient plus ………

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  3. Dazibaos Dazibaos

    300 jours de soleil par an sur Marseille et il faut faire des séances d’UV pour la pelouse … comble du ridicule de cette Ma

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  4. Anonjessieyme Anonjessieyme

    il faut vendre ce stade comme le propose patrick menucci, même si j’aime le foot il faut laisser cet édifice au privé, le père gaudin a triplé les impots locaux depuis son arrivée ern1995

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  5. Alainj Alainj

    Encore le voile à marseille, cela suffit !!!!

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  6. Anonyme Anonyme

    Bouchons continus à MARSEILLE aux heures de pointe.
    1 heure MARSEILLE-PARIS en avion, 2 heures AUBAGNE- MARSEILLE.
    On nous invite à prendre les transports en commun.
    Mais où sont donc les parkings, près des lignes de bus ou de métros alors que l’ont construit des stades pharaoniques???

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  7. Anonyme Anonyme

    Du pain et des jeux… La politique en France ressemble de plus en plus à celle de l’empire romain en pleine décadence.
    A quand la chute finale?

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  8. Anonyme Anonyme

    Gaudin se glorifie de ce stade, ce sera sa perte, comme les empereurs romain. Il y en a qui couche dehors et qui meurt de faim et Gaudin fait un stade surdimensionné qui va nous coûter un Max pour une équipe de nul. En plus il faudra de la luminoterapie et de la ventilation, pourquoi pas des massages des brins d’herbe. Ils n’ont qu’à mettre du synthétique, c’est vraiment lamentable pour 60 000 personnes nous sommes 850 000 quand même. Il fallait le refiler à MPM

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