Les oppositions veulent faire des chers vœux du 13/14 un symbole de la mauvaise gestion RN

Reportage
le 18 Oct 2019
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À l'occasion du vote du budget de la mairie des 13e et 14e arrondissements, plusieurs opposants ont dénoncé les errements de la gestion par le Rassemblement national. Marsactu et Libération ont révélé jeudi matin que les vœux de Stéphane Ravier à la population avait a minima coûté 100 000 euros en 2016.

L'opposant Antoine Maggio (au fond) s'exprime devant le conseil des 13e et 14e arrondissements présidé par la maire Sandrine d'Angio.

L'opposant Antoine Maggio (au fond) s'exprime devant le conseil des 13e et 14e arrondissements présidé par la maire Sandrine d'Angio.

« En 2020, je n’aurai pas le droit de parler mais j’aurai le droit de chanter ». Candidat aux municipales, le sénateur Stéphane Ravier (RN) semble prendre avec légèreté l’enquête de Marsactu et Libération portant sur ses cérémonies de vœux aux montants exorbitants. Il vient pourtant d’essuyer les charges de l’opposition dans un conseil des 13e et 14e arrondissements qui avait pour objet le budget 2020 de la seule mairie de secteur gérée par le Rassemblement national.

Occasion de regarder l’année qui vient, le débat s’est pourtant, suite à nos révélations, concentré sur le passé de maire de Stéphane Ravier (2014-2017). « J’ai été abasourdi par ce que j’ai lu ce matin. J’avais un rendez-vous professionnel, je n’avais pas prévu de venir et j’ai annulé pour venir poser des questions à madame le maire [Sandrine d’Angio, ndlr] et au sénateur Ravier, expose Stéphane Mari, élu membre de la République en marche. Ce sont 100 000 euros pour une soirée à la seule gloire de M. Ravier. Pour moi, cela s’apparente à un détournement de fonds publics. Aussi je demanderai à M. Ravier s’il envisage de rembourser tout ou partie de la somme. J’ai décidé de consulter un avocat ».

Stéphane Ravier ne répondra pas précisément. Il se bornera à la défense déjà développée auprès de Marsactu et Libération. En un mot comme en cent, il « assume » une soirée « offerte aux habitants des 13e et 14e arrondissements ». Il préfère riposter : « Quand vous montez au cocotier, il faut avoir les fesses propres. Quand vous osez parler de détournement de fonds publics, vous êtes un expert dans sa connaissance en ayant approché celle qui a été condamnée pour cela ». La référence vise directement l’ex députée socialiste Sylvie Andrieux, dont Stéphane Mari a été un fidèle soutien.

« On est face à des questions qui demandent à être clarifiées »

Mais Stéphane Mari ne s’est pas arrêté là. Pour lui, ces vœux sont le symbole d’une mauvaise gestion, rappelant ainsi « l’embauche du fils » du sénateur que Marsactu avait révélée. À gauche, Samy Johsua (France insoumise) image sur la même ligne : « quand un archéologue trouve un poil de mammouth, il se dit qu’il y a plus en dessous, souffle-t-il en dénonçant la difficulté de lire un budget quand on ne l’a pas conçu. […] Votre bilan est mauvais et si en plus il y a des soupçons sur le fait que, sur le peu qui a été fait, une grosse partie a été consacrée à de la communication, on est face à des questions qui demandent à être clarifiées. Là, c’est quelque chose qui distord le débat démocratique. »

Il déborde sur une autre affaire qui a éclaboussé la mairie de secteur : des frais d’essence sans aucune réalité avec l’activité municipale, sur lesquels Marsactu avait enquêté. « Qu’en est-il de l’affaire du carburant ? », interroge-t-il. Sandrine d’Angio lui répondra que c’est entre les mains de « l’inspection générale des services de la mairie centrale » dont elle est « sans nouvelles ».

Alors que les représentants de la droite locale se sont fait excuser, l’homme le plus attendu siège à la table des non-inscrits. Salué à plusieurs reprises par les autres opposants, l’ancien 2e adjoint de Stéphane Ravier, Antoine Maggio, est celui qui a poussé le combat jusqu’à obtenir le droit de consulter « 28 cartons » de factures. C’est lui qui a transmis ces documents à Libération et Marsactu. « Les citoyens ont là un échantillon de ce que vous feriez si vous étiez aux commandes. J’espère de tout cœur que vous ne prendrez jamais la mairie de Marseille », tonne-t-il rêvant même que « la brigade financière » vienne mettre son nez dans la paperasse de la bastide Saint-Joseph.

Stéphane Ravier n’y croit pas. « Il n’y a rien d’illégal », jure-t-il. Pour lui, tout cela n’est que chicayas électoraux : « la campagne électorale a débuté. Si l’on en doutait encore hier, désormais, nous en sommes informés ». En conclusion, Sandrine d’Angio aura une autre formule, remerciant dans un lapsus les fonctionnaires de la mairie de secteur pour « la préparation de ce concert ». Une manière de rappeler ce à quoi le Dôme est en premier lieu destiné ?

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Commentaires

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  1. juH juH

    Intéressant, Stéphane Mari qui n’est que conseiller municipal et métropolitain, n’assiste pas au vote du budget à cause d’un rendez-vous professionnel…. Qu’il peut quand même annuler pour se faire un peu de pub. Il va falloir changer les pratiques dans la prochaine municipalité. Ils sont élus et perçoivent des indemnités pour au moins siéger dans les instances. Je ne connais pas le métier de ce monsieur mais probablement que les indemnités ne lui suffisent pas. Pourtant, elles suffiraient à beaucoup d’habitants du 13/14 qui s’ils étaient élus se consacreraient totalement à leur mandat.

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    • smari smari

      Bonjour, je suis, à titre professionnel, ingénieur informaticien et je m’honore de ne pas être un alimentaire de la vie publique comme beaucoup d’autres dans cette ville.

      Je n’ai pas loupé depuis le début de la mandature un seul conseil d’arrondissements, un seul conseil municipal ou un seul conseil métropolitain (les comptes-rendus des conseils sont publics et font foi) mais hier j’ai estimé que mon obligation professionnelle était plus importante que passer 15mn dans un conseil programmé à 10 h avec 2 rapports à l’ordre du jour

      Si vous lisez la presse ou ma page FB, vous aurez noté que je demande les factures des vœux de la mairie du 13/14 depuis janvier 2015. Les révélations de Marsactu m’ont convaincu au final, hier matin, d’aller demander des comptes à Ravier (je vous fais remarquer au passage qu’aucun élu LR n’était présent).

      Bonne journée

      Stéphane MARI

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  2. juH juH

    C’est vraiment dommage que le seul conseil que vous auriez raté soit précisément celui-ci…
    Je m’interroge juste sur l’efficacité d’un élu qui cumule conseiller municipal, conseiller métropolitain et administrateur de la RTM en plus de son travail. Tout ça dans des journées de 24h. Il y en a qui sont vraiment doués. Mais bon, il faut quand même 6 mois aux marcheurs pour décider s’ils sont pour ou contre le PPP des écoles. Le travail des élus ne se limite pas seulement à siéger dans les conseils.
    Quant aux élus LR oui, bon, et alors ? Depuis quand les élus LR et RN sont des références ? Ils sont peut-être en train de préparer leurs valises pour mars 2020.

    Bonne journée à vous.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Je vous trouve dur avec Stéphane Mari. Je n’ai pas d’affinités politiques particulières avec lui, mais pour le coup je trouve qu’on est un peu trop, actuellement en France, dans la contradiction qui consiste à la fois à rejeter le carriérisme politique (dont on a plusieurs beaux exemples ici) et à critiquer soit le manque d’expérience, soit le manque de disponibilité des élus qui ne sont pas des politiciens professionnels. Il n’y a pas de modèle parfait…

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    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Puisque du coup il y est allé c’est plutôt à mettre à son crédit, non ?
      C’est quand même compliqué de reprocher aux élus de ne pas connaitre la « vraie vie » quand ils ne font que de la politique et de leur reprocher de conserver une « vraie » vie professionnelle quand ils ne font pas de leurs mandats cumulés une carrière…
      Ce n’est pas le cas ici, mais rappelons que la majorité des 600 000 élus locaux n’est pas indemnisée et que pour les quelques 80 000 qui le sont, seuls quelques centaines peuvent envisager d’en vivre et encore à condition de cumuler 2 mandats : https://www.collectivites-locales.gouv.fr/regime-indemnitaire-des-elus

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  3. julijo julijo

    Intéressante remarque de JuH……
    Ce qui est plus qu’intéressant, c’est le détournement du sujet….

    Ce triste ravier utilise les fonds publics, plutôt rares au regard des besoins des habitants de son secteur pour sa communication personnelle.
    Il faut quand même dire aussi que c’est un sacré fiasco. Ravier ou son avatar à la mairie est-il, plus aimé, plus apprécié, plus motivé, plus efficace ? est ce que ces deniers publics gaspillés lui ont été utiles ? ont-ils été utiles aux quartiers concernés ?
    Antoine maggio et stephane mari ont effectivement à leur crédit le fait d’en parler, et d’en parler publiquement….preuves en main.
    Maintenant il faudrait bien évidemment aller voir peut être et fouiller dans les secteurs voisins ce qui se fait, à moindre coût peut être….mais quand même.
    mais à quoi servent donc ces grands raouts de début d’année ou les élus pérorent et se glorifient d’une activité citoyenne qui se discute parfois largement !

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    • juH juH

      Ne vous inquietez pas, mon intention n’était pas de détourner le sujet.
      Le RN est le pire qui puisse arriver à une ville. Ils ne laissent que désolation. Mais bon, ça tout le monde le sait sauf ceux qui votent pour eux.

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  4. Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

    Donnons acte à Stephane Mari qu’il s’est vaguement inquiété du problème avant que Marsactu ne le révèle aux Marseillais.es. Et après ? Stephane Ravier à utilisé 100 000 balles pour faire campagne aux frais de la princesse ? La belle affaire ! En admettant que tout cela ne puisse être colorié de légalité, il faut surtout de demander sur qui ce petit chenapan de Ravier a bien pu prendre exemple ? Sur des bandits de grand chemin, peut-être ? Et tant qu’on en est à se poser des questions, demandez vous par qui le scandale arrive ? Comme par hasard, par deux electrons libres (un ex RN et un ex PS) en rupture de parti et en voie de migration… JDCJDR

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