Front familial

La petite embauche familiale du frontiste Stéphane Ravier

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Jean-Marie Leforestier
30 Oct 2015 2

Le fils de Stéphane Ravier occupe désormais un poste d'agent contractuel à la mairie des 13e et 14e arrondissements dont son père est le maire.

Stéphane Ravier, maire FN des 13e et 14e arrondissements – Photo JML

En campagne pour les élections régionales, Stéphane Ravier aime se dépeindre en homme du peuple qui résiste à l'influence forcément néfaste de collègues sénateurs ventripotents et déconnectés des réalités. Maire FN du secteur Nord-est de la Ville, "Steph' du 13/14" ne dédaigne pas non plus les saillies sur les pratiques clientélaires dans les quartiers Nord. Régulièrement, il fustige les pratiques de la députée ex-PS Sylvie Andrieux, condamnée en première instance comme en appel pour détournement de fonds publics.Et pourtant, l'élu du Front national vient de se signaler par une embauche toute particulière. Parmi les maigres pouvoirs d'une mairie d'arrondissements figure en effet l'emploi de contractuels. Un des derniers recrutés n'est autre que le fils du sénateur-maire comme il nous l'a lui-même confirmé, en marge d'une réunion publique. Celui-ci travaille désormais aux espaces verts.Visiblement agacé par notre question à ce sujet, le leader frontiste explique : "il nettoie les parcs et jardins en binôme avec un autre qui, lui, n'est pas de ma famille je vous signale. Si je l'avais voulu, je l'aurais embauché comme assistant parlementaire."

Une embauche sans aucun contrôle

De nombreux parlementaires ne se sont en effet pas gênés pour employer un proche. Si la somme ainsi versée à un membre de famille Ravier est moindre, la méthode interpelle tout autant. Les embauches dans les mairies de secteur ne font l'objet d'aucun contrôle par la mairie centrale. "La mairie centrale ne peut contrôler le recrutement par les mairies de secteur car elle ne dispose pas des moyens d'apprécier les besoins et les types de recrutement", avait ainsi rappelé la chambre régionale des comptes en 2013. Dans le même temps, elle pointait le nombre important de contractuels (plus d'un quart des 6000 précaires de la Ville) embauchés sans contrôle. Pierre Godard, syndicaliste (SDU-FSU) depuis plus de trente ans à la Ville qualifiait à l'époque de "manne pour le clientélisme" ces embauches.Le cas du fiston n'est donc pas isolé. Mais il tranche avec le discours d'un parti qui prétend laver plus blanc que blanc. Quand on le presse un peu sur cette embauche particulière, l'élu cherche à minimiser ce fait du prince : "C'est un choix collectif des élus du 13/14. Ce petit boulot va lui faire gagner 1000 euros à peine par mois jusqu'en décembre, tente à nouveau Stéphane Ravier. Là je le mets au boulot comme d'autres et je peux vous dire que je suis plutôt content du travail effectué, ce qui vaut pour lui comme pour son collègue."Dans des arrondissements où le taux de chômage était en 2012 selon l'Insee de 18,4 % (13e) et 29,2 % (14e), cette petite faveur constitue tout de même un drôle de message à l'attention des habitants du secteur. Dans sa majorité, certains ont aussi tiqué. Stéphane Ravier reprend alors un air bien connu : "Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Je n'aurais pas dû lui donner le boulot. J'aurais dû dire que parce c'est le fils du maire,  je ne devais pas lui donner un emploi ?" D'autres, dans son cas, s'interdisent pourtant d'embaucher un de leurs proches avec de l'argent public.

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