Les candidats marseillais se divisent sur la date de la saison 2 des municipales

Actualité
le 19 Mai 2020
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Alors que le conseil scientifique ne s'oppose pas à un second tour en juin, les candidats se positionnent. Arrivées en tête, Michèle Rubirola et Martine Vassal plaident pour juin, quand Stéphane Ravier, mais aussi Bruno Gilles ou le candidat de la majorité présidentielle Yvon Berland veulent tout recommencer plus tard.

Présentation de la liste de Michèle Rubirola
Michèle Rubirola et ses colistiers sont arrivés en tête le 15 mars.

Michèle Rubirola et ses colistiers sont arrivés en tête le 15 mars.

Juin ? Septembre ? Plus tard encore ? Les municipales sont en suspens après un premier tour marqué par une forte abstention. Alors que l’avis du conseil scientifique n’ea pas opposé de veto à un second tour en juin, l’hypothèse reprend du corps. Les candidats à la mairie de Marseille sont dans l’expectative. Doivent-ils construire leur stratégie sur leur résultat du premier tour ou se préparer à une nouvelle bataille en tenant compte du « meilleur sondage jamais réalisé », dixit un candidat, que serait un premier tour annulé ?

Chacun peut dans ces circonstances voir midi à sa porte. Personne n’avancera cet argument pour plaider pour son option favorite. Mais force est de constater que les vainqueurs du premier tour militent pour un deuxième tour rapide quand les moins bien placés se verraient bien tout recommencer.

Forte de son statut de présidente de collectivité, Martine Vassal, candidate Les Républicains, possède le porte-voix le plus puissant. Avec des maires de droite et de gauche, elle a réclamé un second tour en juin en forme de « déconfinement démocratique ». « Aujourd’hui il faut qu’on réussisse ce déconfinement et si les conditions sanitaires sont respectées, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas aller voter », a expliqué la candidate à France 3.

Rubirola « aimerait ne pas avoir à tout refaire »

Arrivée deuxième avec 22,3 % des voix, Martine Vassal espère toujours emporter la majorité des sièges, malgré l’annonce de l’autre candidat de droite, Bruno Gilles, qu’il ne la rejoindrait pas. C’est aussi le cas de Michèle Rubirola. La tête de liste du Printemps marseillais, rassemblement de gauche – désormais soutenu par le candidat écologiste Sébastien Barles – a dépassé toutes ses espérances en arrivant en tête (23,4 %). « On est arrivé premier, on aimerait ne pas avoir tout à refaire, admet la candidate. Je suis persuadée que la période, marquée par une action plus que réduite des collectivités, a renforcé notre discours sur la dégradation des services publics et les difficultés sociales criantes dans cette ville. »

Michèle Rubirola plaide pour une élection au début de l’été  mais très encadrée : « Quand on voit qu’écoles, plages et jardins rouvrent, le gouvernement ne peut pas ne pas faire les élections maintenant. Les assesseurs peuvent être séparés d’un mètre, on peut ne plus avoir 4 isoloirs côte à côte comme actuellement, on peut étendre les horaires des bureaux de vote, adapter en somme. Si on fait cela et qu’il y a des masques, des gants et du gel hydroalcoolique, ce sera l’essentiel », estime-t-elle. Son nouvel allié, Sébastien Barles (8,9 % au premier tour) plaide pour la même date avec des conditions inédites : « le respect des mesures sanitaires est également essentiel, c’est pourquoi nous préconisons un vote par correspondance, avant l’été afin de permettre à la collectivité de gérer au plus vite la crise, estime-t-il. Il faut déconfiner au plus vite la vie politique de cette ville, on ne peut plus continuer avec l’équipe en place. » Martine Vassal a également évoqué la possibilité du vote électronique.

Ravier : « le confinement démocratique s’est opéré le 15 mars »

Les autres candidats semblent en revanche bien plus réticents. Troisième de l’élection avec un peu moins de 20 % sur l’ensemble de la ville, Stéphane Ravier a constaté la démobilisation qui a particulièrement touché les électeurs habituels du Rassemblement national. « J’imagine le contexte, le climat de la fin juin et je me dis que l’abstention record me guette à nouveau. Quand ils parlent de « déconfinement démocratique », le confinement démocratique s’est déjà opéré le 15 mars. Ce ne sera vraiment pas la priorité que d’aller voter à ce qui ressemblera à une partielle », estime-t-il.

Pour le seul sénateur Rassemblement national du pays, ce second tour serait aussi difficile à organiser sur le plan matériel. « Une campagne c’est de la proximité des rencontres, du concret, c’est « parle moi de ma rue, de mon policier municipal ». Là, tendre un tract ressemblera presque à une provocation : cela ne me semble pas être une campagne sincère. Et puis allez trouver les assesseurs délégués et présidents de bureau de vote. On sera encore psychologiquement dans l’épidémie quand bien même elle aurait reculé. Ce sera très difficile », assure-t-il.

Il est ainsi d’accord avec Bruno Gilles qui plaide depuis plusieurs semaines pour un report en mars 2021, en même temps que les régionales et les départementales. Mais il est aussi rejoint sur ce point par la tête de liste soutenue par La République en marche Yvon Berland. Grand battu du premier tour, l’ancien président de l’université est le seul de sa liste à avoir dépassé les 10 % dans son secteur au premier tour. Quant à Samia Ghali, largement battue sur l’ensemble de la ville mais en bonne position sur son secteur des 15/16, ni elle ni son entourage ne nous a répondu dans le temps imparti à la publication de cet article.

Yvon Berland est toujours en lice pour le second tour dans son secteur mais préfèrerait attendre l’automne et un nouveau scrutin. « On vient de vivre un épisode sanitaire majeur. Si l’on revote fin juin, je ne suis pas certain que tous nos concitoyens soient prêts à réfléchir à ces élections et je crains qu’il y ait une abstention importante. La majorité d’entre eux a complètement décroché des enjeux de ce scrutin, qui est d’importance« , juge-t-il. Il a fait remonter son point de vue à Paris, conscient que désormais des « négociations très politiques prennent le dessus si le conseil scientifique ne met pas son veto ».

Actualisation à 9 h : Insertion de la réponse du conseil scientifique

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Commentaires

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  1. roy roy

    le jet d eponge de S Barles change la donne. Vassal doit etre inquiete non ?

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    • Nico Rambaud Nico Rambaud

      Bien sûr elle peut l’être, d’autant plus que la misère s’est accentuée ou tout au moins a été rendue plus visible pendant le confinement. La gauche locale devrait donc avoir aujourd’hui encore le vent en poupe.

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    • patrick patrick

      la liste barles va se scinder vers rubirola & vassal et/ou berland, le but de chacun sera de grapiller un poste, la plupart se moquent de l’intérêt général

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  2. raph2110 raph2110

    Si je comprends bien le projet pour la Ville des candidats serait le même qu’avant le COVID, rien de changer, surprenant ! Il faudrait peut-être prendre un petit temps de réflexion, de rédaction et d’explication. Sans ça cette élection n’aurait pour objectif que la course habituelle à la prise de pouvoir. Je crains que des élections précipitées éloignent les marseillais des urnes, surtout quand on pense au 1er tour.

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  3. patrick patrick

    Martine Vassal a également évoqué la possibilité du vote électronique…

    !!! la mairie et le cg n’arrêtent pas de mettre en avant des bugs liés à une prétendue attaque info ou à un logiciel trop en pointe et maintenant madame hystéro veut nous faire voter en ligne ! quel sérieux.

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    • Marble madness Marble madness

      La cyberattaque a vraiment eu lieu à la ville de Marseille. Une attaque d’un ampleur inédite et qui a été destructrice.

      Le vote électronique ? C’est une blague ! Techniquement, les collectivités locales ne sont pas prêtes et comment être certain que des manipulations de données ne seront pas réalisées. Il faut garder notre bon vieux bulletin papier !

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    • leravidemilo leravidemilo

      Il semble bien en effet que le vote électronique (ou par correspondance) soit une blague, une fort mauvaise blague au demeurant! Au delà des seuls aspects technos, et dans un contexte général où la « confiance » dans les pouvoirs politiques s’effondre, et depuis déjà quelques temps hors pandémie…. c’est la garantie d’un bond supplémentaire, et conséquent, de l’abstention.
      Que Vassal soutienne la chose semble fort compréhensible : En règle générale, les clients s’abstiennent bien moins en moyenne que les autres électeurs, ayant quelques motifs supplémentaires à voter…
      Que Barles puisse proposer la chose semble bien plus difficile à comprendre. Mais c’est pas grave; avec Barles, on a l’habitude d’avoir du mal à comprendre!

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  4. Un électeur du 9 ème Un électeur du 9 ème

    Bien que le vote électronique soit déjà en place dans certaines villes il faut bien être conscient du fait qu’il n’évite ni les erreurs ni les possibilités de fraude. Voir :

    https://www.franceculture.fr/politique/le-vote-electronique-en-mal-de-confiance-dans-le-monde

    Par ailleurs pour que des informaticiens indépendant puissent vérifier la sincérité des programmes il faut avoir accès aux codes sources ce qui est généralement refusé par les organisateurs sous des prétextes fallacieux :

    https://www.evoting-blog.ch/fr/pages/2019/la-poste-divulgue-le-code-source-de-son-systeme-de-vote-electronique

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Deux mois après une cyberattaque dont la ville et la métropole peinent visiblement à se relever, on parle de vote électronique ? Outre l’aspect « boîte noire » difficilement contrôlable d’un tel dispositif, il faudrait peut-être aussi considérer le contexte local…

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  5. Make OM Great Again Make OM Great Again

    Puisque le circus politicus reprend, qui a des nouvelles du PCF de Jérémy Bacchi ? J’ai toujours pas compris son manège suite au 1er tour.

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    • AlainG AlainG

      Bonne question…

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  6. jasmin jasmin

    Il nous faut un système de vote possible depuis le domicile, par internet, par la poste, pour éviter d’aller dans les bureaux de vote. Et il faut annuler et recommencer le premier tour.
    Vassal est pressé parce que 1)elle s’en fout, elle a déjà eu le coronavirus et a survécu. 2) elle va gagner les élections quelque soit les candidats parce qu’ils passent leur temps à se bouffer entre eux, et qu’ils feront exactement comme elle quand ils seront au pouvoir en moins bien, corrompus, et sans aucun intérêt pour la ville de Marseille croulant dans la saleté, l’inaccessibilité aux handicapés, et la pauvreté.

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  7. Brallaisse Brallaisse

    Cher Leforestier, les élections se profilent au 28 juin prochain, pourriez-vous nous faire un état des lieux ?

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