L’éditorial de FOG qui fâche Bruno Gilles… et les journalistes de la Provence

Actualité
le 16 Juil 2019
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Le directeur éditorial de La Provence s'est fendu d'un billet au sujet des municipales marseillaises taillant la part belle à la présidente du département Martine Vassal. De quoi hérisser son rival au sein de LR, Bruno Gilles, mais aussi les journalistes du titre qui y voient un "discours de campagne".

Franz-Olivier Giesbert en 2012. Pierre Metivier / Flickr

Franz-Olivier Giesbert en 2012. Pierre Metivier / Flickr

Au sein des colonnes de La Provence, la plume de Franz-Olivier Giesbert, alias FOG, directeur éditorial du titre depuis 2017, va et vient avec plus ou moins de régularité, et plus ou moins de bonheur. La semaine dernière, l’ancien directeur du Point a gratifié par deux fois les lecteurs de sa prose. La première pour saluer la relaxe de l’actionnaire principal du journal, Bernard Tapie. La seconde samedi afin de se livrer à une analyse des enjeux des municipales à venir, en dressant le portrait des candidats susceptibles de peser sur le scrutin, à partir de cette question : « Que sera la vie politique marseillaise, demain, sans Jean-Claude Gaudin ? ». L’éditorialiste s’y montre particulièrement disert, puisque, démarré en une, le texte se poursuit sur une pleine page à l’intérieur du journal.

Connu pour ses prises de positions assumées, FOG présente d’emblée la candidate qui selon lui « a du cran, du caractère » et « maîtrise les dossiers compliqués » : la présidente de la métropole et du département Martine Vassal. L’éditorialiste oublie au passage que cette dernière n’a pour le moment pas annoncé sa candidature. Un oubli qui ne l’encourage pas à ménager ses compliments : « Martine Vassal a tout pour elle, la compétence, l’aura, l’expérience. Il ne lui manque que le succès (à venir, en 2020). Incarnation du changement dans la continuité, elle fait la course en tête, avec plusieurs longueurs d’avance sur les autres », estime-t-il, avant d’ajouter une touche de négatif : « dans une campagne électorale, ce n’est pas forcément la position la plus confortable ».

FOG attribue aussi quelques qualités à d’autres candidats déclarés ou putatifs. Le RN Stéphane Ravier est donc, selon ses sources, « toujours disponible, prêt à vous recevoir à l’improviste » et fait « un travail de fourmi ». Le socialiste Benoît Payan a quant à lui « du chien et du talent », bien qu’il soit « très seul ». Enfin, Samia Ghali se voit qualifiée des mêmes atours, associés à « un certain charisme ».

Bruno Gilles, qualifié d’« idiot utile du Rassemblement national »

Mais il y a une personnalité politique locale que l’édito-fleuve a fait bondir sur sa chaise : le sénateur LR Bruno Gilles. Aujourd’hui seul candidat officiellement déclaré à la succession de Jean-Claude Gaudin au sein de son parti, ce dernier a riposté par un un long communiqué le jour même. Dans son éditorial, FOG lui reconnaît certes un « caractère trempé », mais ne manque pas de pointer les limites de sa candidature. « Ce sénateur n’est pas toujours pris au sérieux. (…) D’autres, plus sévères, le surnomment « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf « . Faut-il en rire ? », s’interroge plus bas l’éditorialiste, avant de répondre par la négative : en divisant la droite, Bruno Gilles pourrait, selon lui, devenir « l’idiot utile du Rassemblement national ». 

« Agiter le chiffon rouge de l’extrême-droite comme le fait cet édito est une infamie, une insulte à l’intelligence politique de nos concitoyens », fulmine Bruno Gilles dans sa réponse, arguant que « les plus récents sondages ont d’ailleurs montré, parmi les différentes hypothèses sondées, que c’est bien lorsque ma candidature se maintient que le RN réalise son score le plus bas ». 

Mais plus encore que les critiques à son encontre, ce sont les compliments adressés à Martine Vassal qui font s’insurger le sénateur : « Est-il possible pour un journaliste qui se présente comme un fin connaisseur de la vie politique de se comporter comme le président d’un comité de soutien, qui plus est sans attendre une déclaration de candidature ? ». 

Bruno Gilles a adressé samedi à La Provence une demande de droit de réponse, face à ce qu’il considère comme une « atteinte à la déontologie et à l’honnêteté journalistiques à travers un choix politique clairement affirmé, des propos insultants à l’égard d’un candidat à une élection et une confiscation de tout débat démocratique ». En l’absence de réponse, le maire honoraire des 4e et 5e arrondissement a réitéré sa demande par lettre recommandée ce lundi. Mardi matin, La Provence a finalement publié un extrait de la missive, accompagnée d’une réponse de Franz-Olivier Giesbert, qui déclare que « ce journal ne se laisse pas dicter ses articles ».

Malaise chez les journalistes de La Provence

Mais il n’y a pas que du côté des Chutes-Lavie que l’édito a suscité la colère. Une nouvelle fois, des journalistes du titre ont exprimé leur malaise face à la prise de position du directeur éditorial. Par communiqué, la section du syndicat national des journalistes (SNJ) de La Provence a fait savoir son agacement, comparant l’éditorial à « un discours de campagne »« S’il souhaite militer pour tel ou tel candidat aux élections municipales, libre à lui. Simplement, qu’il le fasse dans l’un de ses livres, ou, à tout le moins, dans une rubrique du journal clairement identifiée, afin de ne pas engager notre titre et ses journalistes dans ses prises de positions personnelles ». 

En septembre 2017 quelques mois après son arrivée, un vote de défiance organisé par le SNJ avait déjà sanctionné les choix de FOG (Lire notre article), notamment après un éditorial à charge contre la justice accusée d’accabler les élus marseillais, dont Martine Vassal. Sans conséquences sur son maintien au poste de directeur éditorial.

« Il n’a pas conscience de la façon dont cela engage le journal parce qu’il n’est pas vraiment directeur éditorial. Il ne le dit jamais quand il se présente. Pour lui, cela n’existe pas », déplore-t-on en interne. Lundi, le SNJ n’avait pas non plus reçu de réponse de la direction du journal à son communiqué. Sollicité, Franz-Olivier Giesbert n’a pas souhaité répondre à Marsactu, craignant un article « à charge ».

 

Actualisation le 16/07/2019 : ajout de la parution du droit de réponse de Bruno Gilles dans La Provence.

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Commentaires

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  1. Brallaisse Brallaisse

    FOG qui fâââââââche les journalistes de la Provence , car cela remettrait en cause la déontologie journalistique de ce quotidien. Assez cocasse de la part de ceux qui alimentent au jour le jour la seconde revue municipale de la mairie à la gloire quotidienne de Jean Clôôôôôôôôdeu, et bien sûr ceci en toute indépendance et impartialité.
    Après qu’ils souhaitent régler le compte de FOG au sein de la rédaction , pourquoi pas , mais pas avec cet argument.
    D’où l’intérêt d’un MARSACTU, une fois de plus.

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  2. Annette Placide Annette Placide

    FOG serait-il acheté lui aussi ?
    A-t-il besoin d’une subvention, d’un emploi pour un de ses proches, que lui a-t-on promis ? On ne le saura peut être jamais si son candidat n’est pas élu !

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      FOG n’a pas besoin d’être acheté. Il roule pour ses amis. Déjà en 2014, il avait ouvertement fait campagne pour son ami Gaudin dans Le Point, qu’il dirigeait alors : ce magazine s’était, durant la campagne électorale, transformé en tract à la gloire de Jean-Claude. Mais un tract payant… Je ne me souviens pas avoir entendu, à l’époque, Bruno Gilles s’en offusquer.

      Aujourd’hui, il fait campagne pour un clone de Gaudin, dans La Provence cette fois. Au moins est-il cohérent et fidèle en amitié. Et sans scrupule : il assène ses opinions personnelles dans le journal dont il a les clés au moment où il écrit, sans rien demander à personne.

      Accessoirement, voir un type qui ne connaît Marseille que très superficiellement faire la leçon sur ce qui serait bon pour la ville est franchement comique.

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      À la fois vassal et tapis

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  3. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    surréaliste ! Après réflexion (intense) tellement marseillais…….

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  4. Tarama Tarama

    Mais enfin FOG a toujours fait ça au Point et personne n’a jamais rien dit. Mais qu’est-ce que c’est que ces journalistes ??

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  5. Regard Regard

    Cet homme est d’une suffisance insupportable.

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  6. Raymond Dayet Raymond Dayet

    C’est vrai que la Provence devient le « petit journal de Martine »: Martine fait la cuisine, Martine va à la plage, Martine fait la fête avec ses amis, Martine fait du vélo, Martine est en forme, Martine a bien mangé, Martine a bien dormi. Nous voilà tous rassurés mais aps étonnant que plus personne ne lise La Provence. Continuez Marsactu à donner de la vraie information.

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  7. lilicub lilicub

    les journalistes de la Provence sont fâchés… il est vrai qu’ils n’avaient appris à cirer les pompes que de Jean Noel Guérini… et ce des années durant. Courber l’échine oui… Mais que si ça leur rapporte.

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