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L’investisseur congolais dément tout soutien à Marion Maréchal-Le Pen

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le 10 Déc 2015
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Ce mercredi, Marion Maréchal-Le Pen brandissait la lettre d'un investisseur congolais à "3 milliards de business potentiels". Marsactu révélait alors que le signataire de la lettre était un employé du père de la candidate. Le président de Congo Capital Entreprises nie aujourd'hui toute implication de sa société dans "cette initiative individuelle".

Marion Maréchal Le Pen

Le soutien congolais de Marion Maréchal-Le Pen ne devient plus qu’une “initiative individuelle” passée par les relations paternelles de la candidate. Marsactu vous révélait ce mercredi que la lettre de l’entreprise congolaise que brandissait cette dernière était signée d’un employé de son père, vice-président de Congo Capital Entreprises. Une information confirmée par Samuel Maréchal lui-même joint par téléphone. Aujourd’hui, par voie de communiqué, Claude Wilfrid Etoka, le président de cette même société dément formellement l’engagement du groupe et se désolidarise de cette initiative.

Un énorme faux-pas pour une candidate qui tentait, dans la dernière ligne droite, de prouver la crédibilité de son programme économique et l’engagement d’acteurs économiques à ses côtés. Désormais, cette carte congolaise sortie de sa manche sur le plateau de France 3 comme en meeting passe pour une piètre manipulation à trois jours du scrutin.

“Initiative individuelle”

Les “3 milliards de business potentiels” étaient donc du vent. Le directeur Afrique de Samuel & Associés n’avait absolument pas le mandat de Congo Capital Entreprises pour engager la société dans ce soutien à la candidate. Dans un communiqué que publient L’Obs et Jeune Afrique, le président de la société, Claude Wilfrid Etoka, affirme qu’il n’était pas au courant. Selon ses dires, il s’agit d’une “initiative individuelle d’un collaborateur du groupe et [qui] n’engage pas Congo Capital Entreprises“. Cette dernière “n’a pas vocation à s’immiscer dans la vie politique française”. Il achève sa lettre en expliquant que “présenter la société comme un investisseur qui pourrait intervenir sur le territoire français est faux et dénué de tout fondement”. Voici le communiqué en intégralité :

Par le plus grand des hasards, l’homme d’affaires spécialisé dans l’extraction pétrolière Claude Wilfrid Etoka est actuellement à Paris dans le cadre de la COP21. En se désolidarisant ainsi, il prouve que cette lettre a tout d’une manipulation élaborée pour appuyer la crédibilité économique de la candidate FN. Interrogé par l’AFP pendant le meeting marseillais, le conseiller en communication de la candidate Arnaud Stephan, a éludé les questions en rappelant que “le père de Marion travaille en Afrique depuis longtemps”. “C’est vrai qu’il a des contacts là-bas avec des autorités, c’est vrai qu’il est très implanté dans ces pays-là”, a-t-il ajouté.

lettre-marion-marechal-asieMais notre information n’a pas empêché la candidate de publier une nouvelle lettre de soutien du même type, émanant d’une chambre de commerce d’Asie du Sud-Est qui n’a pas d’existence sur internet. Cette fois-ci, c’est le docteur Azman Ching, lui aussi vice-président, qui signe la lettre et propose également un partenariat au lendemain de son élection. Il semblerait, d’après un article pêché sur internet, que Samuel Maréchal était à Kuala Lumpur en mai dernier. Si sa société n’y a pas de bureau, le père de la candidate y aurait-il des amis ?

En tout cas, ce dernier s’est montré rapide quand il fait le ménage. L’organigramme de Maréchal & Associés dont nous avons publié une capture d’écran a été retiré du site internet de la société sans autre forme de procès. La rubrique “Notre équipe” présente désormais une page blanche assortie de la formule anglaise : “This is somewhat embarrassing, isn’it ?”. C’est quelque peu embarrassant.

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Actualisation

Le lendemain, Libération prouvait qu’un second soutien, apporté par une lettre publiée par la candidate, d’un certaine “Malaysia-South Asia Chamber of Commerce”, était tout aussi factice et était passé par Samuel Maréchal.
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Commentaires

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  1. pichouz pichouz

    Ça fait plaisir de revoir vos articles, ça fait plaisir de vous voir de retour, en quelques articles, vous expliquez bien les manip’, et les enjeux…. J’espère que vous durerez longtemps…

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  2. M M

    Je trouve très rigolo qu’un groupe ayant 3 milliards à investir attende l’adoubement d’un parti politique Français pour commencer à gagner beaucoup d’argent quelque part sur le territoire national de ce dernier.

    A moins…que…son activité ne nécessite la modification de lois et réglementations que ledit parti élu ferait en contre-parti d’un éventuel soutien financier à sa/ses campagne(s) électorale(s).

    Ou bien aurait-on là les prémices des futurs “affaires” liées aux marchés publiques sous une éventuelle mandature fn?

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