Jean-Claude Gondard, futur second de la métropole

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le 22 Oct 2015
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Jean-Claude Gaudin devrait être élu président de la métropole Aix-Marseille Provence le 9 novembre. À la Ville, l'actuel directeur général des services, Jean-Claude Gondard est bien placé pour le seconder.

Jean-Claude Gondard seconde le maire à chaque conseil municipal.

Jean-Claude Gondard seconde le maire à chaque conseil municipal. © Esther Griffe

Qui va piloter la métropole au côté de Jean-Claude Gaudin, si ce dernier est élu président ? Chacun connaît les compétences du maire à entretenir et gérer les relations politiques dans et autour des hémicycles. Il a moins d’appétit pour la gestion quotidienne des institutions et le mécano complexe du lancement d’un paquebot rassemblant 92 communes et 7 500 agents.

De sources concordantes, c’est l’actuel directeur général des services (DGS) de la Ville, Jean-Claude Gondard qui assisterait le maire dans la naissance de la nouvelle institution. Il occupera le même poste de DGS et deviendra ainsi le véritable patron des agents. Cette nomination est loin d’être officielle puisqu’elle ne peut précéder l’élection du président le 9 novembre prochain. Mais, comme le confie un proche, « quand on choisit Gaudin, on choisit ses hommes et sa méthode ».

Dans un premier temps, l’État avait envisagé de nommer un préfet pour tenir ce rôle clef auprès du futur président. Une perspective vite écartée. La nomination d’un fonctionnaire d’État aurait entraîné la même ire hors de Marseille. Elle n’était pas mieux vue en interne à la Ville où l’arrivée d’un technocrate « estranger » était tout aussi mal appréciée.

« Entourage néfaste »

La propulsion de Jean-Claude Gondard au premier étage de la fusée fait grincer très fort les mâchoires aixoises et ce d’autant plus que le cabinet du maire dirigé par Claude Bertrand devrait aussi gérer la métropole. Maryse Joissains fustigeait directement cet « entourage » dans sa lettre ouverte aux présidents d’EPCI, rendue publique le 16 octobre dernier et qui réagissait à l’annonce de la candidature du maire. Sous sa plume corrosive, on peut lire que Jean-Claude Gaudin « accorde hélas sa confiance à une équipe qui a placé la ville au bord de la faillite ». Et plus loin : « Quelle que soit la bonne volonté de Jean-Claude Gaudin que je ne mets pas en doute, c’est son entourage qui sera à la manœuvre. » Dans la lunette de visée, l’adjectif outrancier cible plus directement l’inamovible Claude Bertrand, directeur de cabinet du maire. Bref, là aussi ça grince et ce n’est pas le fait que des adjoints de Gondard viennent de tous les coins de la métropole – comme la DRH  pourrait venir d’Aix-en-Provence – qui apaisera les tensions.

Rien n’échappe à celui qui tient en ses mains toutes les ficelles politiques. En revanche, dans la gestion concrète de la Ville, c’est Jean-Claude Gondard qui pilote. Proche collaborateur du maire depuis le temps où celui-ci présidait la région, il a donc le profil pour aider à bâtir la nouvelle collectivité aux contours encore flous. Il était déjà à la manœuvre lors de la création de la communauté urbaine de Marseille en 2001. Il avait notamment négocié les transferts de personnels – et d’avantages acquis – avec le syndicat majoritaire avant céder les rênes des services à son adjointe, Anne-Marie Charvet.

Qui pour remplacer Gondard?

Gondard tient donc la corde. Mais le chantier est tel qu’il ne pourra pas assumer en parallèle la gestion de la Ville et la naissance de la métropole. En coulisses, la bataille fait rage pour trouver un remplaçant à ce rouage précieux de l’appareil municipal. Trois profils se dégagent : le premier est Domnin Rauscher. Délégué général à l’urbanisme, l’aménagement et l’habitat à la Ville, il occupe la même fonction à la communauté urbaine. Il semblait en bonne position pour remplacer Jean-Claude Gondard à son poste, d’autant plus qu’il est réputé proche de l’actuel DGS.

Mais, face à lui, une autre figure émerge. Il s’agit de Jean-Pierre Chanal, tout nouveau directeur général de l’attractivité et de la promotion de Marseille. Ancien directeur de la communication à la Société des eaux de Marseille et ancien journaliste du Provençal, il est réputé proche du maire depuis des lustres. Il a rejoint la Ville à temps plein dans la foulée des élections de 2014. Il y pilote l’ensemble de la communication, l’arme maîtresse du maire qui sert de martingale à chaque victoire de la droite locale. Cette ascension rapide ne fait pas que des heureux, y compris dans l’entourage immédiat du maire. Le match est donc lancé avec, comme ultime hypothèse, un recrutement externe. Dans une collectivité bien rodée, c’est plus facile.

Rectificatif : Le 3 novembre, ajout du conditionnel sur l’arrivée d’une DRH en provenance d’Aix-en-Provence, il ne s’agit pas de la Ville d’Aix en tant qu’institution. L’intéressée, Sonia PAvic, dément l’information. En revanche, deux sources nous indiquent que la future DRH pourrait venir de la région d’Aix.

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