Jacques Pfister, les "salariés nantis" et les "poubelles de la honte"

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le 15 Oct 2010
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Au rayon des phrases du jour, on voit passer un paquet de candidates ces derniers jours. Mais la plus symbolique est certainement celle de Jacques Pfister, président de la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence (CCIMP) ce matin sur RMC (12e minute) : « Marseille en a ras-le-bol. C’est insupportable d’être démuni devant le comportement archaïque de nos syndicats (…) On est dans une ville qui est en train de se prendre en main depuis des années pour essayer de se redresser (…) et de manière régulière nous avons affaire aux salariés nantis du Grand port maritime, aux poubelles de la honte, à une Marseille qui devient une cité interdite. »

Relais politique

Symbolique car dans la lignée de l’offensive du patronat et du monde économique marseillais, qui est visiblement à bout sur cette question. Ou qui sent qu’il y a chez les Marseillais un certain relais – bien aidé par certaines publicités sur les salariés nantis, pourtant démenties par les faits – et surtout chez les politiques, à droite mais aussi désormais à gauche.

Il faudrait, pour les poubelles du moins, peut-être alors se tourner vers Eugène Caselli, de qui les syndicats minoritaires de Marseille Provence Métropole (MPM) attendent la fin de la mainmise de Force Ouvrière sur la communauté urbaine qu’il préside. Mais est-on prêt à Marseille à mettre fin à ce système forgé sous Gaston Defferre et qui arrangeait d’un côté comme de l’autre ? La rencontre annoncée depuis, mais sans qu’une date soit arrêtée, sera une bonne indication. Jacques Pfister penche lui pour une autre solution : passer par le privé pour l’ensemble de MPM. Mais Bronzo comme ISS nous ont montré il n’y a pas si longtemps que cela ne mettait pas à l’abri de conflits en cas de problèmes sur les marchés publics par exemple…

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Commentaires

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  1. PROXITEL PROXITEL

    C’est compliqué de démêler des conflits qui pour les uns relèvent de questions globales, que l’on peut considérer comme légitimes et pour lesquelles existent des solutions plus justes et plus efficaces (tel est le cas selon moi du conflit des retraites) et des conflits plus localisés souvent très corporatistes tel est le cas des conflits avec les personnels du port de Marseille et celui des employés du nettoiement de MPM.Tous les conflits “corporatistes” (appellation connotée négativement) ne sont pas illégitimes et tous les personnels ne sont pas des “nantis”. C’est jeter de l’huile sur le feu inutilement et vouloir bêtement jouer les “gros bras” que de s’exprimer ainsi. Soyons calmes donc. La légitimité est formellement issue des élections. Je dis formellement car pour cesser d’être essentiellement formelle, cette légitimité devrait résulter d’engagements clairs et précis pris par les candidats aux elections. Dans ce cas, ils seraient vraiment légitimes (les élus) et la “grève” serait un recours bien moins utilisé.A Marseille , c’est connu et dramatique, un syndicat , FO pour être clair, tient la dragée haute aux élus de gauche comme de droite qui, avant les élections quêtent leurs voix puis ensuite sont “tenus” de renvoyer l’ascenseur. La fonction publique locale et les structures para publiques sont, à Marseille , tenues par ce syndicat. La démocratie ne peut pas fonctionner avec de telles pratiques. La balle est donc dans le camp des élus et futurs candidats, c’est la balle du courage et de la défense de l’intérêt général qui n’est pas la somme des intérets corporatistes. Ce n’est pas un propos anti -FO ou anti syndical. Les syndicats doivent se renforcer et la démocratie sociale c’est à dire le dialogue social vivre autrement. Chacun à sa place, les élus politiques qui ont une responsabilité globale et une légitimité qui doit devenir incontestable et les syndicats qui ont la responsabilité de représenter les salariés et de les défendre au quotidien.Cette représentativité syndicale n’est pas seulement “en défense”, elle doit (devrait) aussi être en “construction” de l’avenir de l’entreprise et de l’administration. SOUS les CONDITIONS; de PLUS DE JUSTICE, de plus de TRANSPARENCE, de PLUS de RESPECT, la société est mûre pour cette démocratie sociale.En fait il n’y a pas d’autre choix , il faut plus de justice car nous avons un besoin impératif de démocratie réelle.
    Merci Marsactu pour votre Agora.

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  2. céhère céhère

    Voir Pfister traiter les autres de nantis c’est toujours rigolo…

    Il parle d’un point de vue expert en plus. Je remarque que cette fois il se prend pour Marseille, rien que ça…
    Le melon en plus.

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  3. Gérard Legendre Gérard Legendre

    Pour ma part si j’ai bien compris les mesures que veut prendre le gouvernement, je suis incapable de citer une seule mesure avancée par les syndicats ou la gauche qui fasse avancer le débat.
    Si la justice sociale et la démocratie réelle est dans la rue entre les mains de la CGT, ce n’est pas la France qui me convient.
    Si le modèle sociale est celui de la main mise des syndicats sur l’économie comme cela se pratique à Marseille avec prise d’otage de la ville par des fonctionnaires nantis sur le plan sociale, ce n’est pas la France qui me convient.

    Si le choix consiste à comparer des projets politiques concrets et voter pour l’un ou l’autre afin que ce projet soit mis en œuvre et respecté par les minoritaires alors oui c’est la France que je veux.

    On attend toujours les projets politiques de la gauche. Seul Sarkozy a un projet politique lisible et crédible.

    Pas de projet à gauche = Sarkozy légitime dans son action.

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  4. PROTIS PROTIS

    MARSEILLE ville “povre” mais forte en gueule ,est le creuset de tous les clanismes ,tant politiques qu’ethniques ,mille feuille stratifié jusqu ‘au trognon ,d ‘ou un immobilisme perpétuel que seuls des “estrangers du dehors” arrivent encore un peu à animer ! Quants aux élites locales ,fils ,ou petit fils de…ou arrières petits fils de …Parlons en ! Aller trainer vos guètres dans les corridors de la mairie,du conseil général ,du conseil régional ,de la chambre de commerce ,des syndicats tant patronaux qu ‘ouvriers ,vous n ‘y trouverez pas un organigramme mais un arbre généalogique ,ou du panier à la rue paradis ,en passant par le prado ,TOUT LE MONDE TROUVE SON COMPTE, et tout celà sous le regard attendri du “ravi” bedonnant qui ceint de son écharpe municipale fait croire qu ‘il dirige quelque chose !

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  5. Etranger Etranger

    Je viens assez régulièrement à Marseille et je n’arrive vraiment pas à me faire à l’incivisme des marseillais.
    1. On brûle les feux rouges comme d’autres brûlent les cierges à la Bonne Mère sous le regard passif de la police.
    2. Il ne faut pas obligatoirement une grève des agents de propreté pour que Marseille soit la ville la plus sale de France. Les dépôts de poubelles sauvage sont légions, et les rats grouillent un peu partout, y compris sur les terrasses des restaurants de la place Estienne d’Orves.
    Une honte. Le pire, c’est de constater que cela ne choque même pas le restaurateur.
    Pareil sur les bistrots de plage de Pointe Rouge.
    3. Les marseillais confondent également rue de circulation et voie de tramway, là aussi sous le regard passif de la police. Les voies de bus servent de place de stationnement, tout comme les voies de tramway. J’ai des photos que j’aimerais bien envoyé au préfet pour lui demander des explications. Dans n’importe quelle autre ville de France, on se ferai mettre en fourrière dans le quart d’heure, et les pv tomberaient sur les pare-brise comme les feuilles mortes. Partout, sauf à Marseille, ville de non-droit ou de passe-droit. Je suis outré, car il ne peux y avoir dans une république deux poids, deux mesures.
    Et effectivement, pendant ce temps, Gaudin rabâche à qui veut bien l’entendre que
    “Marseeiiilllleu est la plus bèlleu ville de Franceu”.
    C’est pathétique.

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  6. distrait distrait

    Une sugggestion : que le gouvernement declare la mise sous tutelle (pour ne pas dire sous curatelle) pendant les 25 prochaines annees afin de casser ce systeme de castes generationnelles irresponsables de tous bords. Methode coloniale : Que Paris nomme des fonctionnaires en poste qui tournent tous les 3 ans, ils ne seront certainement pas plus malins que les locaux, le sujet n’est pas de rechercher l’efficacite. Il y a simplement a mettre un point final a toutes ces tractations.

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  7. toine toine

    Il faut profiter de ce conflit pour régler un bonne fois pour toutes des aberrations qui font qu’une ville d’un million d’habitants est régulièrement bloquée par une minorité et subit les caprices de 2 syndicats (FO pour les agents municipaux et CGT pour le GPMM).

    Trop c’est trop! Les marseillais (pas les patrons mais bien les salariés) EN ONT RAS LE BOL d’etre pris en OTAGE!
    Mais heureusement pour nous le vélodrome est sain et sauf. Ouf, tout va bien sous le soleil!

    COMMENT PEUT-ON SE DÉCLARER FIER DE SA VILLE ET METTRE AUTANT DE PLAISIR A LA DETRUIRE?

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  8. wilberg wilberg

    Les services publics à Marseille sont auto administrés dans l’ensemble par les syndicats via les commissions paritaires , lorsque l’on sait que 5 à 6% de salariés sont syndiqués cela donne une petite idée de leur représentativité réelle .

    Beaucoup de fonctionnaires de la fonction publique d’état censés diriger des contractuels de droit public sont tétanisés rien qu’à l’idée de devoir changer l’organisation d’un service pour améliorer son efficacité .

    Par ailleurs la démarche passe forcément par une phase de concertation avec les commissions paritaires , leur crainte provoquer de la résistance au changement , des arrêts maladies ,augmenté le degré de pénibilité , se voir reproché le suicide de l’un de leurs collaborateurs …..

    Le fonctionnaire a peur de tout ,ne rien faire ,tout faire faire ,ne rien laissé faire , voilà la philosophie que l’on enseigne à l’institut régional d’administration pour pouvoir être mais surtout , ce qui est important , durer dans le temps qu’elle que soit les crises ,les gouvernements .

    La rupture du lien social est assimilé par la hiérarchie à une faillite de la démarche managériale ,cette faute entraîne forcément la mutation du fonctionnaire incriminé .

    Tout le monde sait qu’il est préférable de résider dans un bel appartement de fonction logé gratuitement par nécessité absolue de service à Aix en Provence ,à Cassis qu’à Bergues dans le nord de la France .

    En envoyant la cinquantaine de militaires de la Légion étrangère ramasser quelques sacs de détritus sur la canebiére , le Préfet et le Maire répondent à la grogne des commerçants de l’hypercentre dans une opération de communication aussi ridicule qu’inutile .

    Pour assurer efficacement la mission de service publique qui est la leur , ce n’est pas cinquante militaires d’active qu’il convenait de déployer sur la cannebiére , mais vu l’urgence de la situation , de réquisitionner entre 4000 et 5000 réservistes en étroite collaboration avec le gouverneur militaire de la place de Marseille .

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  9. Casanovette Casanovette

    Vive Pfister et avec lui, tout les larbins de France ! Quelques uns ici, me semblent-ils …

    http://www.youtube.com/watch?v=UOadagqruHg

    … et arrêtez une bonne fois pour toute de parler au nom des Marseillais !!!

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