Inaugurée en 2015, l’école de la Busserine n’est pas raccordée au tout-à-l’égout

Info Marsactu
Jean-Marie Leforestier
1 Fév 2019 18

Une inspection du vide sanitaire a révélé mardi la source des mauvaises odeurs ressenties dans l'école. L'évacuation des toilettes s'y déverse vraisemblablement depuis l'inauguration il y a quatre ans.

photo Élodie Crézé

photo Élodie Crézé

Les mauvaises odeurs gênent de longue date les enseignants et les élèves de l’école de la Busserine mais le constat n’a été officiellement fait que ce mardi. Inaugurée en 2015, la nouvelle école de la Busserine n’a pas été totalement raccordée au tout-à-l’égout. Les ouvriers et le personnel qui ont inspecté le vide sanitaire ont pu le constater, photos à l’appui. “On a quatre ans de merde sous les pieds”, image un des visiteurs.

Dans le détail, il s’agit d’une partie de l’installation qui est touchée et les effluves sont particulièrement fortes dans la classe d’adaptation (qui accueille les élèves en difficulté) et dans la salle de sport. “Il y a un bouchon qui a sauté, par lequel ça s’est déversé et des tuyaux qui ne sont pas raccordés du tout. D’autres sont pleins”, explique Sébastien Fournier, syndicaliste SNUIPP-FSU et enseignant dans l’école. Ces tuyaux non raccordés étaient cachés par des bâches, précise une autre source.

Depuis mardi, la Ville de Marseille, propriétaire des lieux qui n’a pas été en mesure de répondre à nos questions jeudi soir, a déclenché un certain nombre de mesures et doit notamment faire procéder en urgence à un curage du vide sanitaire. Mais des travaux seront nécessaires et plusieurs hypothèses – notamment l’installation de toilettes modulaires dans la cour – sont à l’étude afin de réaliser les travaux. Les vacances qui démarrent dans une semaine pourraient aussi être mises à profit.

Pour sa part, vendredi soir, le président de la Soleam, Gérard Chenoz précise que les deux incidents ne sont pas liés. “Le désordre constaté dans l’école est lié à une obstruction du réseau dans la zone des sanitaires de la cour, explique l’adjoint au maire LR. Elle est très éloignée des deux évacuations non raccordées”. Le président reconnaît donc un défaut de raccordement de “deux évacuations sur une quarantaine”.

Il reconnaît également que celles-ci n’ont pas été repérées “en vide sanitaire lors de la réception” du chantier. Mais il souligne que ce défaut de raccordement n’a pas “généré de fuites dans cette zone”. Ce problème fera l’objet d’un chantier spécifique du 5 au 8 février. Quant à l’évacuation bouchée, elle a été curée dès ce vendredi.

Une école ouverte à la hâte

“C’est inadmissible qu’on puisse trouver ça dans une école qui a trois ans. Depuis le début, ils savent très bien qu’il y a des odeurs et que ça ne va pas. Mais quand on les alerte, ils ont toujours raison. C’est pas possible que les enfants et le personnel travaillent dans ces conditions”, peste Djamila Mostefa, déléguée des parents d’élèves.

“Cette école a été réalisée en un temps éclair car l’école précédente devait être libérée pour permettre le passage de la rocade L2”, rappelle un proche du dossier. Déjà lors de l’inauguration en 2015, les parents avaient bloqué la nouvelle école parce qu’ils ne souhaitaient pas voir leurs enfants s’installer dans la poussière et les cartons non déballés [Lire notre article].

Avec cet incident, la responsabilité des entreprises ayant mené le chantier semble engagée. Il en va de même pour la Soleam, chargée du suivi du chantier et surtout de sa réception. Contactée, l’adjointe au maire à l’éducation Danielle Casanova n’a pas répondu à notre sollicitation ce jeudi soir. Sur ce genre de chantier, la garantie décennale peut être sollicitée. À l’école de la Busserine, elle l’a déjà été, indique-t-on de bonne source, pour des défauts sur la cour de récréation “qui s’affaisse”.

Pour sa part, Gérard Chenoz indique n’avoir jamais eu le moindre signalement de dysfonctionnement depuis l’ouverture de cette école en 2015.

Actualisation le 1er février 2019 à 20h : ajout de la position de Gérard Chenoz, président de la Soleam.

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