"Il y a de la place pour autre chose que du football sur cette métropole"

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le 19 Sep 2014
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À défaut de Ligue des champions de football, aura-t-on droit bientôt à l'Euroligue de basket ? Alors que l'OM est cette année privée de coupe d'Europe, un autre club provençal s'y rêve déjà. L'ambition du Fos Ouest Provence basket part de loin puisque ses joueurs dribblent encore sur les parquets de Pro B, la deuxième division nationale. Sa halle Parsemain à Fos n'accueille que quelques centaines de personnes lors des rencontres à domicile. Et pourtant, le club va à la fin de la saison passer du statut associatif à une forme d'entrerprise.

Venu présenter le projet, le directeur du club et président de l'entreprise Provence basket, Anthony Thiodet pilote cette transition vers le sport business. L'homme connaît bien le basket professionnel et est passé notamment par l'Asvel de Villeurbanne. "Il y a de la place pour autre chose que du football sur cette métropole", se persuade-t-il. Il estime que le passage en ligue fermée de l'Euroligue "à l'horizon 2018-2020" avec un système de franchises à l'américaine devrait servir les grandes métropoles.

Le président de l'Euroligue, Jordi Bertomeu veut quatre clubs français. On ne le mérite pas forcément sur le plan sportif mais il veut aider les clubs à rentrer dans une démarche industrielle. Il a ciblé quatre villes dont Marseille si on venait à faire émerger un équipement qui permettrait d'accueillir dix matches de top niveau européen sur le territoire.

Thiodet essaie donc aujourd'hui de convaincre les partenaires institutionnels et privés de le suivre dans cette aventure en misant sur l'aspect territorial et social du projet. L'équipe s'entraînerait à Fos et jouerait dans une "arena", à Aix ou à Marseille et une filière de tournois à trois contre trois s'implantera dans les quartiers populaires. "On est le premier club à mener une vraie démarche métropolitaine, argumente Thiodet. Pas juste dans le sens où j'affiche le nom de la métropole dans le nom du club parce que la métropole me donne de l'argent. Mais parce qu'on construit avec l'ensemble des acteurs du basket une filière. Le but est de faire émerger les jeunes talents mais aussi de contribuer à la professionnalisation des associations dont le modèle est entrain d'exploser."

Bref, le speech a de quoi ménager les susceptibilités locales et peut offrir une image positive à la nouvelle institution : le club a même trouvé un fauteuil au sein du conseil des partenaires qui préfigure la future collectivité. Reste qu'à Marseille, il semble pourtant toujours difficile d'émerger à l'ombre de l'Olympique de Marseille. Les écueils sont connus et ils portent même un nom, l'OM Vitrolles. Entre 1991 et 1996, le club de handball des frères Tapie a réussi l'exploit de se monter, d'attirer des stars, de remporter une coupe d'Europe… et de mourir.

"On a vu des projets ambitieux qui se sont essoufflés aussi vite qu'ils se sont montés, abonde Anthony Thiodet. Prenons le temps de construire et alors, je ne doute pas que le potentiel que constitue le marché de cette métropole, de ce territoire, nous permettra d'accéder à la Pro A." Le budget espéré, de l'ordre de "6 millions d'euros",  est sans commune mesure avec l'OM.

Si on a un produit de qualité qui ne s'adresse pas seulement à des fans de basket mais à des gens qui ont envie de passer une bonne soirée en famille, je ne pourrais pas me convaincre que sur un marché de deux millions de personnes, on n'ait pas la capacité de générer 5, 6 ou 10 000 personnes qui viennent nous voir régulièrement.

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