Grosse embrouille au pays des collines

Enquête
le 11 Fév 2017
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En décembre dernier, le maire de Peypin s'est fait débarquer par son ancien premier adjoint. En coulisses, une association de protection de l'environnement a œuvré à sa défaite. Avec, en cœur de litige, l'urbanisation d'un bout de colline, objet de grandes convoitises.

Le terrain du Terme Nord, promis à l'urbanisation et objet de toutes les tensions.
Le terrain du Terme Nord, promis à l'urbanisation et objet de toutes les tensions.

Le terrain du Terme Nord, promis à l'urbanisation et objet de toutes les tensions.

Le calme n'est qu'apparent. Les nuages s'accrochent aux collines et crachent une bruine tenace sur la chaîne de vallons où niche Peypin. Nous sommes sur les contreforts de l'Étoile et la petite ville aux allures de village est fière de revendiquer l'héritage de Pagnol, celui du petit Marcel et de Lili des collines. Ici, depuis longtemps, les bartavelles ont fait place à d'autres noms d'oiseaux. La ville est dortoir, le village assoupi mais la vie politique peypinoise connaît des soubresauts fréquents, des luttes fratricides, des procès, des insultes et des élections municipales plus fréquentes qu'ailleurs.

 

Depuis les années 2000, Peypin a connu cinq élections municipales contre trois prévues. La dernière a eu lieu en décembre après la démission en bloc de plusieurs conseillers. Le maire sortant, Albert Sale, s'est fait sortir par son ancien premier adjoint, Jean-Marie Léonardis (2014-2016). Entre les deux tours, il a reçu le soutien de l'autre candidat, lui-même ancien premier adjoint (2008-2014), Marcel Cavagnaro. Sorti du jeu, ce dernier ne veut plus commenter la trépidante vie politique peypinoise mais reconnaît sans peine que le mot d'ordre des deux candidats était "tout sauf Sale" avec promesse de désistement réciproque.

Le droit du sol en pomme de discorde

On peut s'en tenir à cette pagnolade du pays de l'Étoile. Mais cette affaire peypinoise est un révélateur plus puissant de ces espaces de la métropole où le droit du sol est un enjeu global. Sous l'impulsion du président Gaudin, le plan local d'urbanisme (PLU) y est resté une affaire de maires et la question des logements sociaux, une pomme de discorde avec l'État depuis que les lois SRU et ALUR ont imposé un quota de 20 puis 25 % aux communes de plus de 5000 habitants.

Derrière le règlement de comptes politique, il est donc question de droit du sol, de contrat de mixité sociale et d'association de riverains suffisamment outillée pour faire tomber le plan local d'urbanisme puis le maire. Depuis ce jour de décembre, Albert Sale remâche une froide colère.

Il voit dans sa défaite l'œuvre de l'association de protection des collines peypinoises, créée en 2013, par les époux Martini. À l'époque, le maire avait relancé le projet de plan local d'urbanisme qui traînait depuis 2006. Le couple s'insurge alors contre l'urbanisation des collines qui entourent leur logis et que prévoit le document. Fort d'une soixantaine d'adhérents et du soutien de l'association écologiste France nature environnement, Raymond Martini se lance dans une bataille juridique contre "l'urbanisation de 9 hectares de collines jusque-là espaces boisés classés".

Brutus, premiers adjoints

Albert Sale n'en est pas à sa première élection partielle. Déjà en 2008, il s'était présenté en dissident contre l'ancien maire, Christian Bourrelly dont il était le premier adjoint avant d'être remplacé par Jean-Marie Léonardis. Après une campagne tendue, le maire sortant avait obtenu l'annulation de l . . .

Benoît Gilles
Journaliste

Commentaires

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11 commentaires


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  1. barbapapa

    Les collines de Peypin ne sont pas peuplées de lapins et de petits oiseaux, mais de grosses grenouilles !
    Attention, une faute dans le chapeau :
    une association de protection de l’environnement à œuvrer à sa défaite => a oeuvré à

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    • Jean-Marie Leforestier

      Je ne me prononcerai pas sur la faune peypinoise. En revanche, je dois bien reconnaître que vous touchez un point orthographique sensible 🙂 Je corrige.
      Bonne journée et merci du signalement

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  2. Blaah

    Je me demande si FNE a réellement mesuré le bourbier dans lequel on a essayé de la compromettre (d’ailleurs, sommes nous bien d’accord qu’il s’agit d’un soutien officiel et formel de la fédération et pas seulement de l’administrateur cité ?).
    Par certains aspects, cela me fait penser aux camarades de Res Publica quand ils sont venus à la Plaine découvrir la démocratie participative à la marseillaise.

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  3. guillaume coste

    FNE à fait son boulot en défendant les espaces naturels de notre coin .
    L’appétit du (des) promoteur local, par ailleurs président du syndicat des eaux 😉 semble insatiable.
    Tiens, n’était il d’ailleurs pas jugé (relaxé) pour des histoires « d’amélioration d’espace naturel  » !?…
    Les PLU et modifications de PLU tournent la tête des élus locaux, il doit y avoir des dessous de table inimaginables…

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  4. CAN Environnement

    Attention à ne pas vouloir cantonner les associations environnementales dans un simple rôle de vigilance et de vouloir leur refuser d’être force de propositions et d’actions.

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  5. Regard Neutre

    Il est surprenant que des membres actifs d’une association de protection de la nature fasse acte de candidature aux enchères pour acquérir un terrain — d’une contenance > à 2 hectares et classé en Espaces Boisés Classés,zone inconstructible par définition — au motif de protéger la valeur vénale de sa propriété. En général les associations de défense de l’environnement suivent de près l’évolution du plan local d’urbanisme et notamment la réduction des espaces boisées classés dont leur pérennisation est toujours demandée par l’Etat lors des révisions.En règle générale ce type de mutation de propriété s’opère toujours en faveur de la commune qui obtient des l

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  6. Regard Neutre

    Il est surprenant que des membres actifs d’une association de protection de la nature fasse acte de candidature aux enchères pour acquérir un terrain — d’une contenance > à 2 hectares et classé en Espaces Boisés Classés,zone au demeurant inconstructible — au motif de protéger la valeur vénale de sa propriété. Dans chaque commune, en terme de vigilance citoyenne, ces associations de défense de l’environnement suivent de près l’évolution du plan local d’urbanisme et notamment la protection contre la réduction abusive des espaces boisées classés dont leur pérennisation est toujours demandée par l’Etat lors des modifications ou révisions d’un PLU.En règle générale ce type de mutation de propriété s’opère toujours en faveur de la commune qui obtient, dans la quasi-totalité des cas ,une subvention appropriée du département…

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    • guillaume coste

      Bonjour,
      Dans le secteur cité dans l’article et les communes environnantes, c’est loin d’être le cas ! Les EBC et la forêt en général disparaissent vitesse grand V.

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    • Benoît Gilles

      Bonjour, juste une précision de chronologie, la famille Martini a tenté d’écquérir ce terrain en 2010, bien avant la création de l’association des collines. Par ailleurs, ils ne se sont jamais cachés de cette tentative d’achat auprès des adhérents de l’association. L’accord passé avec le promoteur a été utilisé lors de l’audience devant la juridiction administrative par les propriétaires qui s’était associés à la défense de la commune de Peypin.
      Notre but n’est pas de jeter l’opprobre sur quiconque mai de montrer la complexité des questions de droit du sol dans ce coin de la métropole.

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  7. Regard Neutre

    @Benoît Gilles, Je vous remercie pour cette précision. Néanmoins, je fais partie de ceux qui pensent que pour un défendre, avec partialité et neutralité , une cause qui touche à la chose publique, il faut veiller à séparer l’ intérêt général de l’intérêt particulier. En outre, je ne conteste pas l’honnêteté de la famille que vous nommez car je ne connais du contexte que l’analyse de la teneur de votre article. Bien cordialement à vous.

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