L’État et la région signent pour 6 ans et 120 millions de rab

Décryptage
le 13 Juil 2016
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Derrière la rallonge financière (116 millions), la nouvelle version du contrat de plan État-région cache des opérations supplémentaires mais aussi des projets abandonnés. Tour d'horizon en deux graphiques et une carte.

Signer un contrat avec un président sur le départ n’est jamais très fair play pour son successeur. Surtout lorsqu’il s’agit d’un plan d’investissement sur six ans, représentant la somme d’1,6 milliard d’euros. Dès avant les élections régionales, l’État avait donc annoncé qu’il serait prêt à renégocier les contrats de plan État-région (CPER) partout en France. Contrairement à ses voisines, Provence-Alpes-Côte d’Azur a connu l’alternance politique mais pas la fusion des territoires. Le nouveau président Christian Estrosi (LR) a toutefois pu bénéficier d’une enveloppe supplémentaire de 58 millions d’euros de l’État, complétée par une participation équivalente de sa collectivité.

Limitée à deux pans du CPER (mobilité, enseignement supérieur et recherche), écartant l’économie et les aspects environnementaux, cette renégociation s’est traduite par une hausse générale mais pas uniforme.

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Comme souvent, l’addition globale des montants masque aussi de fortes baisses, notamment dans les investissements ferroviaires. Revue de détail.

La petite ligne du vélo

Un gros effort sur la route, des coupes sur le rail : l’analyse express du volet mobilité est facile, même si elle mérite des nuances (lire notre article). En parallèle de ces poids lourds du CPER (près de 700 millions d’euros au total), une petite ligne bénéficie d’une rallonge : celle de l’aménagement de véloroutes et voies vertes. “Pour faire face à la forte demande locale”, comme le précise la délibération, le conseil régional augmente sa participation d’1,5 millions d’euros, l’État suivant à hauteur d’un million supplémentaire.

Les tableaux financiers du volet mobilité :

 

Manœuvres sur le port

La région freine des quatre fers sur le terminal à conteneurs de Mourepiane. La promesse de financement est réduite de moitié, de 10 millions à 4,9 millions d’euros. Cette évolution est dans la logique du projet plus modeste désormais étudié par le port. Après un avis défavorable de la commission d’enquête publique en décembre dernier, le gouvernement avait reporté l’essentiel des travaux de construction de ce terminal de transfert de la mer au chemin de fer.

Ces millions sont recyclés ailleurs. Le nouveau CPER ajoute à son programme l’aménagement d’une “desserte routière” pour la porte 4 du port de Marseille. Située au niveau du cap Janet, cette entrée sert à la fois à l’accès du terminal de croisières et au trafic poids-lourds. La région s’engage à hauteur de 2,3 millions d’euros pour ces travaux, sans participation complémentaire de l’État. Le projet de desserte était initialement inclus dans l’opération intitulée “transfert du pôle Maghreb et réorganisation du pôle Corse”. Il a été isolé une fois les études de chantier terminées.

Du même coup, la participation prévue pour cette deuxième enveloppe est réduite de 950 000 euros. Beaucoup plus lourd, ce déplacement vers le cap Janet de l’embarquement des voyageurs à destination du Maghreb était évoqué en 2012 dans la charte ville-port. Il nécessite notamment la construction d’une nouvelle gare maritime.

Parmi les nouveaux points, la création d’un môle de croisière dans le port de Toulon pour lequel la région est prête à investir 5 millions euros. La nouvelle majorité espère ainsi encourager le “rayonnement stratégique” d’un port “qui aspire à une reconnaissance métropolitaine (sic)”. Et à bénéficier d’une partie de la manne des croisières, aujourd’hui concentrée à Marseille.

La sélection à l’université

L’enseignement supérieur et la vie étudiante bénéficient d’environ 9,5 millions d’euros supplémentaires de la part de la région et 16 millions de l’État, une augmentation de 17 % par rapport à la première mouture du CPER. Deux projets en profitent particulièrement dont l’Institut méditerranéen des villes et des territoires, qui prendra place près de la porte d’Aix : plus 8 millions d’euros dont 6 apportés par l’État. Le déménagement de l’École supérieure d’art et de design (ESAD) dans le futur quartier universitaire Chalucet de Toulon empoche à lui seul 10 millions d’euros, versés à parts égales par les deux signataires.

En ajoutant l’Institut de physique de Nice pour lequel la région a consenti seule un coup de pouce (+ 2,5 millions d’euros), on distingue la préférence pour l’immobilier neuf de Christian Estrosi et ses alliés. Ces trois projets additionnés, il ne reste que 67 000 euros pour le déménagement d’un laboratoire de recherche à Avignon dans l’enveloppe régionale supplémentaire.

Deux autres projets voient leur financement augmenter par le seul appui de l’État : 4 millions pour le déménagement de l’Ecole supérieure de photographie d’Arles et un million pour le site Pasteur d’Aix-en-Provence (fac de lettres).

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Aucune des grandes villes universitaires de la région n’est oubliée. Mais en y regardant de plus près, l’État et le conseil régional ne financent pas équitablement l’ouest et l’est du territoire. Le Var et les Alpes-Maritimes sont essentiellement soutenus par la région, tandis que l’État finance les Bouches-du-Rhône. Simple répartition des rôles ou retour du tropisme niçois du président Estrosi ?

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Les tableaux financiers :

Sylvain Labaune, Léo Caravagna et Julien Vinzent

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