Entre guerre de pouvoir et suspicions, Emmaüs Pointe-Rouge fait valser ses présidents

Enquête
le 22 Mar 2021
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Démissions en cascade, audit interne et tensions persistantes créent un climat délétère au sein de la communauté Emmaüs Pointe-Rouge. Au risque de voir les principes fondateurs de l'Abbé Pierre mis à mal.

La communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge a indiqué samedi avoir obtenu un délai dans le paiement de ses déchets. (Photo LC)
La communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge a indiqué samedi avoir obtenu un délai dans le paiement de ses déchets. (Photo LC)

La communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge a indiqué samedi avoir obtenu un délai dans le paiement de ses déchets. (Photo LC)

"C'est un belle organisation qui traverse un très mauvais moment." Claude Escoffier, président d'Emmaüs Pointe-Rouge pendant cinq ans puis co-président deux ans jusqu'à l'été dernier résume un fait acquis pour beaucoup: personne n'aime égratigner une entreprise vertueuse où sont hébergées et employées des personnes en grande difficulté, mais cette communauté marseillaise connaît de sérieuses turbulences.

En moins d'un an, la gouvernance bénévole de la communauté a changé plusieurs fois et connu une valse sans précédent des membres de son bureau. Le 25 janvier dernier la co-présidente Marie-Christine Lauriol, la trésorière Catherine Verdet, le secrétaire Philippe Bouchet et le conseiller spécial François-Noël Bernardi démissionnent en bloc. Le co-président Olivier Giraud a jeté l'éponge quelques jours plus tôt. Depuis il ne veut plus s'exprimer. Dans la lettre ouverte qui motive cette décision le bureau se dit "dans l'incapacité de mener à bien la mission qui lui a été confiée le 21 juillet 2020, face au refus de l'équipe responsable de travailler en étroite collaboration et en confiance, dans le respect mutuel, le dialogue et l'échange qui a aujourd'hui atteint son paroxysme avec une rupture de communication totale".

Trépied bancal

Pour comprendre la situation, il faut s'imaginer un trépied. C'est là que réside l'esprit des communautés d'Emmaüs, dans ces trois pieds sur lesquels elles s'appuient : les amis (bénévoles), les responsables (salariés) et les compagnons (résidents bénéficiaires). Sans l'un de ces trois supports toute communauté boite. Celle de la Pointe-Rouge chancelle. En six mois les tensions n'ont cessé de croître entre les trois salariés du site et l'équipe du bureau, fragilisant l'ensemble.

Les membres du bureau démissionnaires - ou démissionnés, selon les versions - ont adressé une lettre ouverte à Emmaüs France et à l'Association des communautés Emmaüs pour expliquer leur démarche : "Il est apparu très rapidement que les décisions ne nous appartenaient en aucune façon, notre parole n’étant pas prise en compte, et que notre seule fonction . . .

Coralie Bonnefoy

Commentaires

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1 commentaire


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  1. jean-marie MEMIN

    Et pendant ce temps les élus qui se foutent du social ou des précaires se frottent les mains…
    Plus sérieusement, l’audit est une bonne idée mais à sa tête il conviendrait d’une  »tête » indubitable qui forcerait le respect à tout ceux qui veulent tirer quelques avantages de cette misère humaine.
    Par ailleurs pourquoi dans cette structure qui aide les plus précaires, ceux ci n’ont pas la parole alors que c’est pour eux que tout ce beau monde grouille et grenouille…
    C’est pas demain que les Associations vont venir en aide aux plus pauvres. Mais j’en connais qui fonctionnent plutôt bien et elles bénéficient de fond d’État donc sont soumises à des audits comptables et de personnel permanents. Bien entendu je n’inclus pas le Samu Sociale de la Ville qui a eut qq problèmes récemment.

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