Enseignement prioritaire : la « doublette » se généralise dans les classes de CP et CE1

Décryptage
le 3 Sep 2018
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La rentrée coïncide avec l'extension du dispositif "CP à douze" dans l'enseignement prioritaire. À Marseille, du fait de l'étroitesse des locaux, les professeurs se retrouvent souvent en situation de co-enseignement, à deux face à 24 élèves en moyenne. Retour d'expérience avec trois instits qui ont passé un an en "doublette".

Enseignement prioritaire : la « doublette » se généralise dans les classes de CP et CE1
Enseignement prioritaire : la « doublette » se généralise dans les classes de CP et CE1

Enseignement prioritaire : la « doublette » se généralise dans les classes de CP et CE1

"Maîtresses !" ou "maître et maîtresse !". Certains élèves des CP et CE1 vont apprendre très tôt à maîtriser pluriel et singulier en ce lundi de rentrée. L'extension du dispositif "12 élèves par classe" pour les CP et CE1 des écoles des réseaux d'enseignement prioritaire[1] se conjugue à Marseille avec la généralisation du co-enseignement. Dans ce qui est aussi appelé "co-intervention" ou "doublette" par les profs, le dédoublement ne concerne plus la classe elle-même mais l'enseignant :  ils sont deux pour 24 élèves réunis dans une même salle. La faute au manque d'espace dans les écoles et à la démographie scolaire à croissance soutenue de la capitale académique. Résultat : peu d'écoles ont suffisamment de salles disponibles pour dédoubler les CE1 en 2018 après avoir dédoublé les CP en 2017 (lire notre article sur les difficultés de cette mise en place).

Si tout le monde est d'accord pour louer l'intérêt d'avoir moins d'élèves par classe, le co-enseignement est la conséquence d'une réforme qui a dû se coltiner au réel dans la précipitation. Les profs eux-mêmes ont dû inventer une façon de faire sans modèle, ni méthode. "Le dédoublement doit s'appuyer sur un changement de méthode pédagogique", martèle Bernard Beignier qui vante déjà des résultats encourageants.

Retour sur une première année de bricolage enthousiasmant avec Louis, enseignant dans une école du centre de Marseille, et Victoire et Jonathan*, binôme d'une école des quartiers Nord.

[1] Initié à la rentrée 2017 avec les classes de CP du réseau REP+ (considérées comme les plus prioritaires), le dispositif est étendue cette année aux CP du reste du réseau prioritaire (REP) d'une part et aux CE1 du réseau REP+ d'autre part.

Le choix

Louis : Cela a d'abord été un choix collectif. Avec la réforme du CP à 12, nous avions cinq classes à trouver. Et pour nous, il n'était pas question de perdre notre bibliothèque et notre salle polyvalente. Il fallait donc que sur les cinq instits de CP, quatre choisissent le co-enseignement. J'avais une collègue avec qui le courant passait bien. Sans être une pote, je savais qu'on pouvait être complémentaires professionnellement. Au final, on ne regrette pas puisqu'on rempile cette année.

Victoire :

Benoît Gilles
Journaliste

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